François Legault courtise les anglophones
La CAQ devrait être le choix de notre communauté, dit Robert Libman, l’ancien chef du Parti Égalité
Dans un parc de Coteau-du-Lac, où il faisait une annonce sur la conciliation travail-famille, le chef caquiste n’a pas caché son intérêt pour le vote des anglophones, traditionnellement acquis aux libéraux.
« Depuis trop longtemps, les anglophones sont tenus pour acquis par le Parti libéral. Pendant trop longtemps, on a eu cette chicane entre fédéralistes et souverainistes. » Pour être bien certain d’éliminer toute confusion sur sa position référendaire, l’ancien député péquiste a répété qu’il ne serait « jamais » question de souveraineté à la Coalition.
« Les anglophones ont participé à la création du Québec moderne, on doit les inclure dans nos projets. C’est important d’avoir leur appui et toute l’équipe va y travailler dans les prochains jours. »
Libman pour la CAQ
Il a par ailleurs réagi à l’appui de Robert Libman, l’ancien chef du Parti Égalité, qui militait à l’époque pour le droit des anglophones devant la loi 101 et qui a appelé les anglophones à voter pour la CAQ hier matin. « On ne peut pas empêcher un coeur d’aimer », a répondu en riant François Legault.
Mais cet appui d’un membre aussi controversé de la communauté anglophone ne signifie pas que de bonnes nouvelles pour la Coalition, qui courtise le vote des anglophones du Québec. C’est pourquoi le chef a bien précisé qu’il ne cautionnait aucunement les propos de Robert Libman.
« Je ne vous dirais pas que je suis d’accord avec tout ce qu’il [Robert Libman] a dit dans sa vie, a soutenu François Legault. Mais ce que je sens, par contre, c’est qu’il y a des anglophones qui voient qu’on ne peut pas continuer de voter pour un parti comme le Parti libéral, qui est un parti corrompu. Donc, je suis content de voir que certains représentants du milieu anglophone se réveillent et sont ouverts à la Coalition. »
M. Legault croit que son message commence à porter ses fruits puisqu’il reçoit plusieurs messages sur Twitter et que ses candidats dans les circonscriptions anglophones remarquent un intérêt de cette communauté.
« Ce dont on a besoin au Québec, c’est rassembler tous les Québécois. Que les francophones, les anglophones, les allophones, que ceux qui ont été fédéralistes et souverainistes, se mettent ensemble pour faire le ménage au Québec et relancer le Québec. »
Rappelons que 24 des 125 circonscriptions du Québec ont une population anglophone importante. La caravane de la CAQ se lançait d’ailleurs, pour le reste de la journée, dans une campagne dans l’ouest de l’île de Montréal qui amenait notamment le chef chez sa mère, à Sainte-Anne-de-Bellevue. Cette dernière a reçu son fils et sa femme de même que les journalistes dans sa petite maison où trônaient des photos de mariage de François Legault et de succulents petits gâteaux.
Charest veut garder les anglophones
Interrogé par des journalistes anglophones à Montréal, Jean Charest a répliqué à l’appel, lancé par Robert Libman, de voter pour la CAQ, une mauvaise idée, selon le chef libéral.
Voter pour la CAQ, c’est voter pour un « leader souverainiste », a-t-il dit, même si François Legault a avoué ne plus croire à la souveraineté en début de campagne.
Le chef libéral a tenu à rappeler que François Rebello, lors de sa conversion caquiste, avait soutenu que la CAQ représentait une autre voie pour atteindre la souveraineté, et ce, aux côtés de François Legault qui ne l’a pas contredit. Jean Charest a souligné que le Parti libéral avait toujours fortement appuyé les institutions anglophones alors que la CAQ projette d’abolir les commissions scolaires, une instance chère aux anglophones.
Avec Robert Dutrisac








