Des initiatives pour mobiliser les jeunes électeurs
Dans le but de susciter le vote des jeunes électeurs, l’Institut du Nouveau Monde (INM) a lancé hier une campagne Web composée de vidéos que les jeunes pourront partager sur les médias sociaux. L’INM, mandaté par le Directeur général des élections (DGE), organisera également une vingtaine de débats animés par des candidats locaux dans les cégeps et les universités de différentes régions du Québec.
Portées par le thème On est deux millions, faut qu’on vote !, les 10 vidéos, qui seront mises en ligne sur le site Internet de l’INM, mettent en scène des personnalités publiques appréciées des jeunes, telles que Joannie Rochette, André Sauvé, Réal Béland et Didier Lucien, qui incitent, sur un ton ludique, les 18-35 ans à exercer leur droit de vote.
Mais à cinq semaines du scrutin, le directeur de l’INM, Michel Vienne, ne se leurre pas : ces mesures n’auront qu’un impact limité sur la propension généralisée des jeunes à bouder les scrutins. « Pour revirer la tendance, nous sommes conscients qu’il faudra des moyens plus costauds et plus de temps. Mais notre but, c’est d’aller rejoindre le plus de monde possible et, surtout, d’allumer l’intérêt de ceux qui votent pour la première fois », a-t-il précisé.
Un droit de moins en moins exercé
Selon une récente étude menée par l’Université Laval, seulement 36 % des jeunes âgés entre 18 et 24 ans et 42 % des 24-35 ans ont coché un bulletin de vote aux dernières élections provinciales de 2008. Dans une recherche commandée par le DGE, l’INM a identifié le désintérêt général des jeunes par rapport aux politiques partisanes comme cause première de leur abstentionnisme aux élections.
« Les jeunes s’excluent eux-mêmes du processus électoral, se désole Geneviève Baril, auteure de l’étude de l’INM. Le manque d’éducation et de compétences civiques est la principale raison évoquée par les 209 jeunes que nous avons consultés pour expliquer leur désintérêt politique. »
Pour pallier ce manque de connaissances du système et des institutions démocratiques des jeunes, l’INM a proposé aux DGE diverses solutions, dont l’instauration de cours d’éducation civique au niveau secondaire et collégial ainsi que la multiplication des initiatives pour rejoindre les jeunes sur les médiaux sociaux.
Le directeur de l’Institut juge qu’il est urgent d’agir compte tenu du fait que l’abstention chez les 18-35 ans croît d’élection en élection et que les jeunes qui ne votent pas pour une première fois lorsqu’ils en ont la possibilité risquent fort de récidiver lors d’élections futures.
« Cette tendance a pour grave conséquence de préparer un avenir démocratique déficient, dans lequel une proportion si élevée de la population s’abstient de voter que la légitimité même du gouvernement sera mise en cause », a prévenu Michel Venne.
Des réformes nécessaires
L’INM a également mis en avant l’importance d’une réforme des institutions démocratiques, notamment du mode de scrutin, qui ne permet pas, selon l’organisme, de faire état de la diversité des opinions des électeurs.
Poussant plus loin sa réflexion, le directeur de l’INM a invité le DGE à lancer un vaste débat public sur l’implantation d’un vote obligatoire qui pourrait, à son avis, s’avérer une méthode efficace pour accroître la participation des jeunes aux élections.
« Nous ne disons pas qu’il faut rendre le vote obligatoire. Mais la principale motivation des électeurs à voter est celle du devoir de citoyen. Un vote obligatoire rendrait explicite cette notion de devoir. Nous savons qu’il y aurait de la réticence de la part de la population, mais nous croyons que l’abstention électorale, notamment chez les jeunes, a atteint un taux assez dramatique pour envisager sérieusement cette proposition et inviter la population à dire ce qu’elle en penserait », juge Michel Venne.








