Legault promet 1000 $ à la classe moyenne
La CAQ financera ses mesures en rationalisant les dépenses de l’État et en luttant contre la corruption
François Legault a promis hier d’éliminer la taxe santé pour les familles gagnant moins de 100 000 $ par année et de réduire ensuite progressivement les impôts de la classe moyenne de telle sorte que son fardeau fiscal sera réduit de 1000 $ au cours d’un premier mandat.
« Prenons un couple qui gagne moins de 100 000 $, illustre Martin Koskinen, conseiller principal de François Legault. La première année, ils vont payer 200 $ de moins de taxe santé. L’année suivante, ça va être 200 $ de nouveau de baisse de taxe santé. Et les trois années subséquentes [ils bénéficieront] d’une baisse d’impôts de 200 $ par année. On arrive sur cinq ans à 1000 $. »
En point de presse dans un supermarché de Saint-Jean-sur-Richelieu hier matin, François Legault a affirmé qu’il allait réussir cet exploit financier en « mettant de l’ordre dans nos affaires au Québec ».
« La première chose que l’on va faire, c’est de lutter contre la corruption et le copinage. […] Il y a aussi une deuxième étape : il faut lutter contre le gaspillage, lutter contre la trop grande bureaucratie qu’on a au Québec. »
Des promesses sans cadre financier
Il dit vouloir « faire le ménage » dans les commissions scolaires, dans les agences de santé et chez Hydro-Québec. Il affirme que la suppression de 7000 postes dans la fonction publique - suppressions qui se feront en respectant les conventions collectives, précise-t-il - permettront de récupérer beaucoup d’argent. Combien ? Cela reste à voir.
François Legault, comptable agréé, assure que « les chiffres vont balancer ». Mais il refuse toujours d’expliquer dans le détail où il va prendre l’argent pour réaliser toutes ses promesses électorales, soutenant que les chiffres seront présentés dans une annonce subséquente. L’annonce d’aujourd’hui est estimée à 1,8 milliard, dont 730 millions pour l’abolition de la taxe santé.
La mesure reste par ailleurs à fignoler, concède Martin Koskinen, puisqu’elle semble être outrageusement profitable aux célibataires.
Garanties et crédibilité
François Legault estime qu’il est le seul parti à pouvoir annoncer de telles baisses d’impôt de façon crédible.
« Un parti qui ferait comme M. Charest, qui annoncerait des baisses d’impôts, mais sans dire qu’il va faire le ménage dans les dépenses, ce n’est pas crédible. D’autant plus que les 2/3 des dépenses, ce sont les salaires. Donc Mme Marois et M. Charest, quand ils nous disent […] qu’il n’y aura aucun poste de coupé, ils ne sont pas crédibles. Donc ils ne seront pas crédibles non plus de proposer des baisses d’impôt. »
Le Parti libéral n’avait pas encore réagi que déjà, François Legault prévoyait les coups de son adversaire. « Probablement que M. Charest va dire : “ M. Legault, en 2007, était contre les baisses d’impôt ”. Il a juste oublié un petit bout de phrase : “ contre les baisses d’impôts aux plus riches ”. À l’époque, comme critique en matière de finance, j’avais fait une proposition bien précise à Mme Jérôme-Forget d’annuler les baisses d’impôt aux plus riches. C’est important qu’on concentre nos efforts sur la classe moyenne. On va soulager la classe moyenne, mais pas les plus riches. »
La suppression de quelque 7000 postes chez les employés de l’État, annoncée par François Legault, a été décriée par le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui estime que la réduction des effectifs entraînera une « amplification de la corruption dans la sphère politique ».
Au PQ, le candidat de Rousseau, Nicolas Marceau, a dénoncé ces promesses électorales. « François Legault est devenu populiste, a-t-il affirmé dans un communiqué de presse. Il veut carrément acheter des votes avec de l’argent de Monopoly. »








