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Marois veut refermer la «plaie» de la Gaspésia

7 août 2012 10h59 | Antoine Robitaille | Québec
Percé — Si elle accédait au pouvoir, Pauline Marois tenterait de refermer la «plaie toujours un peu ouverte» de la relance avortée de la papetière Gaspésia, à Chandler, dans les années 90. La chef péquiste compte le faire grâce à un Plan de développement de la Gaspésie. Celui-ci serait piloté par un Groupe d'action gouvernemental pour la Gaspésie qu'elle présiderait elle-même en tant que première ministre.

Opération hautement subventionnée par les gouvernements Bouchard et Landry, la relance de la Gaspésia s'est soldée par des dépassements de coûts de plus de 200 millions $. Elle a fait l'objet d'une commission d'enquête lorsque les libéraux sont arrivés au pouvoir en 2003.
 
«Je crois qu'il faut maintenant tourner la page», a insisté Mme Marois, soutenant ne pas avoir de regret pour ce qui s'est passé. «C'est profondément triste ce qui s'est passé, mais j'en rends aussi en partie responsable le gouvernement actuel», a-t-elle déclaré.
 
Le Plan de développement de la Gaspésie reste pour l'instant indéfini, ce que la chef péquiste a expliqué ainsi: «Il se remplira de tous les projets qu'ont en tête tous les décideurs de la Gaspésie.» Mme Marois a évoqué un projet d'usine de «granule pour fin de combustion» de quelques dizaines de millions, qui pourrait être installée à Chandler.
 
Elle a du reste promis de brancher tous les Gaspésiens à l'Internet haute vitesse, alors que 2000 d'entre eux n'y ont toujours pas accès. En fait, en quatre ans, toutes les régions seraient branchées à ce service, a promis la chef péquiste.
 
Pas de mur à mur

Aux yeux de Pauline Marois, en matière de développement régional, il faut éviter le «mur-à-mur» et travailler à des projets qui émanent de la région. Son Plan implique la création d'une Banque de développement du Québec, promesse annoncée la semaine dernière. Cette BDQ aurait des antennes dans les 17 régions du Québec et serait créée à partir d'un regroupement de fonds et de programmes existants, dont ceux du fédéral.

«On diminue ainsi la bureaucratie», a-t-elle soutenu. Cela signifierait la fin des FIERs, ces Fonds d'investissement en économie régionale, créés par le gouvernement Charest. Les FIERs ont fait l'objet de plusieurs dénonciations de la part du PQ, lequel soutient qu'ils ont davantage aidé les amis libéraux des grands centres que les économies régionales.
 
Au reste, lors d'un rassemblement militant hier soir, la chef péquiste a soutenu que le travail de son Groupe serait «plus facile» si la Gaspésie faisait élire des péquistes.
 
Elle a admis ce matin avoir une «pente importante» à remonter en Gaspésie, où les comtés de Bonaventure et de Gaspé sont actuellement détenus par des libéraux.
 
Ravir la Gaspésie n'est pas illusoire, puisque, soutient-elle, les Gaspésiens se sont sentis délaissés par les libéraux. Ils ont, selon elle, été «choqués» qu'Yves Bolduc, ministre de la santé et député de la région de Québec, soit nommé ministre responsable de la région.
 
Présentant son candidat pour Gaspé, Gaëtan Lelièvre, directeur général de la MRC et du Centre local de développement de la Côte-de-Gaspé, Mme Marois a admis avoir mis «du temps à le convaincre». M. Lelièvre a soutenu que s'il était élu, il aurait un bon «coffre à outils» pour travailler pour sa région. À ses yeux, «en toute objectivité», le PQ est la formation politique qui, au pouvoir, «a le plus aidé la Gaspésie».
 
Quant à l'exploitation pétrolière en Gaspésie, Mme Marois a rappelé que son parti avait pris position contre la fracturation hydraulique. Mais pour les cas où des «méthodes traditionnelles» sont utilisées, elle a eu ces mots: «Je ne crois pas que l'on doive se priver de ça.»

Elle a ajouté qu'il y aura «des débats, des études par le BAPE lorsque nécessaire. [...] Nous n'agirons pas sans qu'il y ait débat, où la population sera invitée à donner son point de vue». Enfin, elle a réitéré qu'un éventuel gouvernement Marois enquêterait sur la manière dont les contrats ont été conclus entre Hydro-Québec et les entreprises d'exploitation comme Pétrolia. «Ils ont vendu leur droit on ne sait pas comment.»
 
 
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