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Y a-t-il un ou deux pilotes à la CAQ?

François Legault doit corriger Jacques Duchesneau, qui prétendait détenir le pouvoir de nommer quatre ministres

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	Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, avait convoqué la presse devant les bureaux montréalais de la Caisse de dépôt et placement afin d’expliquer les intentions de son parti en matière d’exploration et d’exploitation du pétrole. Le chef de la CAQ a toutefois dû également répondre aux questions de la presse sur les prétentions de son candidat vedette, Jacques Duchesneau.</div>
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, avait convoqué la presse devant les bureaux montréalais de la Caisse de dépôt et placement afin d’expliquer les intentions de son parti en matière d’exploration et d’exploitation du pétrole. Le chef de la CAQ a toutefois dû également répondre aux questions de la presse sur les prétentions de son candidat vedette, Jacques Duchesneau.

L’onde de choc provoquée par l’arrivée de Jacques Duchesneau sur la scène politique a continué à se faire sentir, hier, tant chez les adversaires que dans son propre parti.


Cela ne faisait que 24 heures que le candidat vedette de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’était lancé officiellement, que, déjà, le chef François Legault devait le rappeler à l’ordre. M. Legault a passé la journée à corriger le premier faux pas de Jacques Duchesneau, qui s’est attribué des responsabilités qu’il n’aurait pas, s’il devenait vice-premier ministre. M. Duchesneau a affirmé sur les ondes du 98,5, hier matin, qu’il allait « nommer les ministres » aux quatre postes clés de la lutte anticorruption, soit les Affaires municipales, les Transports, les Ressources naturelles et la Sécurité publique.


Une heure plus tard, le chef caquiste cherchait à rétablir la situation en tranchant qu’il était seul maître à bord. « Ce que j’ai dit à M. Duchesneau, c’est que je le consulterais pour les quatre ministères clés qui vont faire le travail au point de vue de la corruption. Par contre, c’est la prérogative d’un premier ministre de choisir les ministres, mais il sera consulté. Il y aura seulement un patron », a affirmé M. Legault.


À midi, Jacques Duchesneau, de retour sur les ondes du 98,5 pour s’expliquer, a rappelé son inexpérience de politicien. Il a aussi dit qu’il fallait s’attendre à le voir faire « d’autres bourdes ».


Le chef libéral Jean Charest n’a pas raté l’occasion qui lui était offerte de lancer une flèche à son adversaire. « Dorénavant, François Legault à la CAQ va s’occuper du compte Twitter et il va faire des cocktails de financement, et Jacques Duchesneau va s’occuper du reste », a-t-il ironisé.


La joute s’est poursuivie alors que François Legault visitait une fromagerie de Victoriaville en après-midi. « En ce qui a trait à la corruption, je vais consulter Jacques Duchesneau et M. Charest va continuer de consulter M. Fava. Mais j’aime mieux consulter M. Duchesneau que consulter Franco Fava comme M. Charest », a-t-il lancé avec un petit sourire en coin.


Sur son compte Twitter, il a répondu à tous ceux qui se demandent s’il a perdu le contrôle de son équipe avec des personnalités aussi fortes que celles de Jacques Duchesneau et du Dr Gaétan Barrette : « Je suis habitué de gérer de gros égos. J’ai déjà géré des pilotes ;-) »


Devant les journalistes, il a précisé qu’il ne craignait pas de s’entourer de fortes personnalités, ce qu’il a toujours fait lorsqu’il était en affaires.


De son côté, Pauline Marois a soutenu, alors qu’elle faisait campagne en Gaspésie, que les déclarations de M. Duchesneau et les précisions de M. Legault relevaient d’un « amateurisme pur ». Plus tôt, elle avait affirmé que cette affaire avait révélé une méconnaissance des règles de fonctionnement d’un gouvernement.


La chef péquiste a refusé de s’étendre davantage sur les déconvenues de M. Duchesneau, se contentant d’ironiser sur la déception de certains députés, dont Gérard Deltell, ex-chef de l’ADQ.


Même le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a profité de l’arrivée de Jacques Duchesneau dans l’arène politique pour mettre son grain de sel dans la campagne. Il est revenu sur les propos tenus en juin dernier par l’ancien patron de l’Unité anticollusion. Rappelons que lors d’une entrevue accordée au quotidien The Gazette, M. Duchesneau avait déclaré que le maire pouvait aller en enfer et qu’il n’achèterait jamais un vélo usagé de lui.


« Je pense que c’est totalement déplacé, a dit le maire hier. À partir du moment où on accepte de solliciter un mandat des citoyens, il faut le faire dans le respect des individus. […] Je lui souhaite bonne chance. Nous sommes du même combat. Je suis prêt à travailler avec lui, mais il va falloir qu’il ait un certain respect pour les personnes qui, parfois, n’ont pas la même opinion que lui. »


***
 

Avec la collaboration de Kathleen Lévesque, Antoine Robitaille et Jeanne Corriveau

 
 
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