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Québec solidaire veut mettre fin à la dépendance au pétrole

7 août 2012 | Alexandre Shields | Québec
Amir Khadir s’est arrêté hier au Chic Resto Pop, avenue d’Orléans à Montréal, pour rencontrer des clients de ce restaurant populaire d’Hochelaga-Maisonneuve.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Amir Khadir s’est arrêté hier au Chic Resto Pop, avenue d’Orléans à Montréal, pour rencontrer des clients de ce restaurant populaire d’Hochelaga-Maisonneuve.

Québec solidaire estime qu’il faut dès maintenant prendre les moyens pour sortir de la « dépendance » au pétrole. Le plan économique « vert » présenté hier indique ainsi que le parti souhaite miser sur l’électrification des transports, mais aussi récupérer une part beaucoup plus substantielle des retombées économiques générées par l’exploitation des ressources naturelles. La nationalisation de certaines entreprises du secteur est d’ailleurs envisagée.


« Sortir le Québec du pétrole, c’est mettre fin à l’hémorragie qui fait sortir 18 milliards de notre économie par année, a plaidé le député sortant de Mercier, Amir Khadir, en conférence de presse. Nous faisons le choix des transports collectifs et tournons le dos aux énergies fossiles comme le pétrole de l’île d’Anticosti et les gaz de schiste. »


Québec solidaire (QS) s’engage ainsi à investir un milliard de dollars supplémentaires par année, pendant cinq ans, pour le développement et l’électrification des transports collectifs. Parmi les priorités, le parti juge nécessaire de développer un lien haute vitesse électrifié entre Montréal et Québec ainsi que pour relier les villes et les régions. Le « Plan vert » prévoit également le prolongement du métro de Montréal et la mise en place de services de tramway électrifiés. Globalement, on estime qu’un virage « vert » de l’économie générerait plus de 100 000 emplois.


Mais comment sortir la province de sa dépendance au pétrole, alors que l’ensemble du transport routier est alimenté aux carburants fossiles ? La co-porte-parole de QS reconnaît que l’atteinte de cet objectif prendra du temps. « C’est évident qu’il y a un moment de transition. C’est comme n’importe quelle autre politique, il n’y a rien qui se fait du jour au lendemain. Les politiciens qui promettent de tout régler en 48 heures, tout le monde sait bien qu’ils mentent », a-t-elle fait valoir.


« Mais il faut qu’un gouvernement responsable prenne les moyens pour entreprendre le virage, a ajouté la candidate dans la circonscription de Gouin. Oui, pour un certain temps, nous continuerons d’importer du pétrole, mais en même temps, nous travaillerons au développement d’infrastructures de transport électriques. Tout cela peut se faire rapidement. »



Redevance minière


Au chapitre des revenus de l’État, la formation fondée en 2006 estime que l’engouement suscité par les abondantes ressources non renouvelables du Québec devrait permettre de dégager des sommes beaucoup plus importantes. Dans le secteur minier, QS propose ainsi d’imposer une redevance de 10 % sur la valeur brute des ressources extraites. L’an dernier, les minières actives au Québec ont exploité des ressources d’une valeur de quelque 8 milliards de dollars. Cela veut dire que l’État aurait touché 800 millions. Les solidaires souhaitent aussi miser sur une application rigoureuse des redevances sur l’eau. Au total, on calcule qu’un total de 2,3 milliards pourrait revenir au Trésor public.


Selon les données divulguées par le gouvernement Charest, Québec aurait reçu un peu plus de 360 millions de la part du secteur en 2011. Mais il est impossible de vérifier ces chiffres puisque Québec refuse de dire quelles minières paient des redevances, ou encore les montants versés.


QS envisage par ailleurs la « nationalisation de productions stratégiques », comme l’or ou le diamant. Dans d’autres cas, l’État pourrait prendre des participations majoritaires dans les projets miniers. « Nous ne disons pas qu’en 48 heures, nous nationaliserons tout, a nuancé Mme David. Nous regardons la situation telle qu’elle est, nous décidons qui peut exploiter quoi. Par exemple, est-ce qu’on veut qu’une mine nous appartienne au complet ? Est-ce que nous voulons des partenariats ? Tout est sur la table. »


Amir Khadir s’est arrêté hier au Chic Resto Pop, avenue d’Orléans à Montréal, pour rencontrer des clients de ce restaurant populaire d’Hochelaga-Maisonneuve. <div>
	« Les politiciens qui promettent de tout régler en 48 heures, tout le monde sait bien qu’ils mentent» – Françoise David, coporte-parole de Québec solidaire</div>
 
 
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