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La CAQ n’a pas le monopole de la lutte contre la corruption

Québec solidaire rappelle ses engagements en matière de financement des partis politiques

6 août 2012 | Geneviève Tremblay | Québec
Rencontrée au parc Molson après sa tournée à vélo dans Gouin, hier, Françoise David a réagi aux propos de Jacques Duchesneau en rappelant les engagements de Québec solidaire en matière de lutte contre la corruption.
Photo : François Pesant - Le Devoir Rencontrée au parc Molson après sa tournée à vélo dans Gouin, hier, Françoise David a réagi aux propos de Jacques Duchesneau en rappelant les engagements de Québec solidaire en matière de lutte contre la corruption.
Il faut des candidats engagés, dit David

Si le Parti québécois et la Coalition avenir Québec enchaînent les annonces de candidatures vedettes — Léo Bureau-Blouin et Jean-François Lisée (PQ), Jacques Duchesneau (CAQ) —, Québec solidaire mise pour sa part sur l’engagement de ses candidats. « C’est bien plus important que [le candidat] soit enraciné dans sa communauté, très bien connu, qu’il ait fait du travail et que les gens puissent le reconnaître », a déclaré Françoise David hier, sans toutefois vouloir « discréditer » le choix de ses adversaires. La candidature de l’ancien policier Will Prosper dans Bourrassa-Sauvé, annoncée samedi par Amir Khadir, tout comme celle de la militante féministe Manon Massé dans Sainte-Marie — Saint-Jacques, témoignent selon elle du choix d’« enracinement » de son parti.
Les propos tenus hier par Jacques Duchesneau voulant que la Coalition avenir Québec (CAQ) soit « le seul parti qui donnera pleinement suite aux recommandations de la commission Charbonneau » ont fait bondir Françoise David, qui s’est empressée de rappeler les engagements de Québec solidaire en matière de lutte contre la corruption.

S’adressant directement à M. Duchesneau, dont la candidature au sein de la CAQ a été officialisée hier, la coporte-parole a rappelé qu’un document élaboré par son parti, dévoilé la veille du déclenchement des élections, appelait justement les partis du Québec à prendre des mesures concrètes pour, notamment, diminuer le plafond des dépenses électorales et réformer le financement des partis politiques.


« On voulait vraiment que, tous partis confondus, la classe politique s’engage à mettre fin à la corruption. Aucun parti n’a voulu signer notre déclaration, et la CAQ non plus », a dénoncé Mme David.


Elle a donc invité Jacques Duchesneau, de même que le chef de la CAQ, François Legault, à faire leurs les mesures proposées par Québec solidaire — propositions qui avaient reçu un accueil glacial, la semaine dernière, de la part du Parti libéral, qui avait répliqué aux allégations de corruption en accusant Québec solidaire de financement occulte.


Cette charge ne semble pas avoir ébranlé Françoise David, laquelle a maintenu hier que « Québec solidaire n’a jamais été attaqué par qui que ce soit pour son manque d’intégrité ».


Elle a d’ailleurs souligné que son parti a mené des « recherches sur [ses] propres bases, avec des équipes réduites », pour déposer deux rapports sur la collusion dans les partis politiques : un premier ayant révélé l’usage de prête-nom pour le financement de partis par la firme de génie-conseil AXOR, et un autre intitulé Le financement sectoriel : Portrait et propositions de Québec solidaire pour en finir avec la corruption, déposé en mai dernier et qui détaille les dessous de la corruption depuis 30 ans.


« Ce rapport a été remis aux enquêteurs de la commission Charbonneau, où on va aller comme témoins, et il est très clair qu’on prend déjà l’engagement formel de souscrire à ses recommandations », a déclaré Françoise David, rappelant ainsi que Jacques Duchesneau n’a pas le monopole de la lutte contre la corruption.

 

« Pas d’huile sur le feu »


Au lendemain de sa virulente sortie contre Amir Khadir, Gilles Duceppe a maintenu samedi qu’il assumait l’ensemble de ses propos. Qualifiée de « malheureuses attaques personnelles » par Amir Khadir lui-même, cette charge à fond de train a reçu le même accueil de Mme David.


« Nous avons répondu sur le ton le plus calme et le plus posé que nous pouvions adopter. […] Nous ne mettrons pas d’huile sur le feu », a-t-elle statué. La porte-parole a plutôt mis de l’avant le projet de « souveraineté sociale » de son parti, qu’a aussi écorché Gilles Duceppe, vendredi, lui qui craint une division du vote souverainiste.

 
 
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