Duchesneau se présente en «citoyen ordinaire indigné»
Saint-Jérôme — Se présentant en «citoyen ordinaire indigné», Jacques Duchesneau a plongé dans la campagne électorale dimanche en promettant de "faire le ménage trop longtemps ignoré" au Québec.
Rayonnant, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a lancé en conférence de presse à Saint-Jérôme, dans les Basses-Laurentides, que M. Duchesneau était l'«Eliot Ness québécois», en référence à l'agent du Trésor américain qui a pourchassé le parrain de la mafia de Chicago, Al Capone, de 1925 à 1932.
Voulant donner le maximum d'impact à cette prise de choix, M. Legault a annoncé que l'ancien chef de la police montréalaise deviendrait vice-premier ministre dans un éventuel gouvernement caquiste. Sa tâche serait d'assurer le respect des principes d'intégrité dans les ministères des Transports, des Ressources naturelles, des Affaires municipales et de la Sécurité publique.
Jacques Duchesneau a expliqué que le Parti québécois l'avait aussi sollicité pour la présente campagne, mais qu'il a choisi la CAQ parce qu'il s'agit du seul parti, selon lui, «capable de réaliser sans tarder les changements urgents et les réformes audacieuses qui s'imposent».
Il a affirmé que la situation actuelle en ce qui a trait à la corruption et à la collusion est «grave», mais qu'elle «n'est surtout pas insurmontable».
L'ancien responsable de l'Unité anticollusion du ministère des Transports a confié qu'avant qu'il se décide à faire le grand saut, son équipe a effectué une «vérification diligente» des pratiques et des livres comptables de la CAQ.
Il a notamment exprimé son «malaise» à l'égard de l'agent officiel du parti, Marc Deschamps, qui a fait partie du comité de sélection du projet immobilier Faubourg Contrecoeur, à Montréal, un dossier dans lequel des accusations criminelles ont récemment été déposées. M. Deschamps soutient n'avoir rien à se reprocher dans cette affaire, mais il a démissionné de ses fonctions à la CAQ cette semaine pour éviter, a-t-il dit, de «devenir une source de distraction».
Le rapport qu'a produit M. Duchesneau alors qu'il était à la tête de l'Unité anticollusion a forcé le gouvernement de Jean Charest à déclencher une commission d'enquête publique sur l'industrie de la construction. Il fait partie des personnalités les plus respectées au Québec à l'heure actuelle.








