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    Duchesneau confirme son entrée à la CAQ: «Je me lève pour le Québec»

    5 août 2012 00h07 |Kathleen Lévesque | Québec
    Jacques Duchesneau se dit donc prêt pour pour une autre bataille sur le thème de la corruption. Mais il a prévenu François Legault que ce ne serait que pour un mandat. «Je ne veux pas faire de politique. Mais pour régler le problème, je n’ai pas le choix», croit-il.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Duchesneau se dit donc prêt pour pour une autre bataille sur le thème de la corruption. Mais il a prévenu François Legault que ce ne serait que pour un mandat. «Je ne veux pas faire de politique. Mais pour régler le problème, je n’ai pas le choix», croit-il.
    Après avoir analysé et dénoncé la corruption, voilà que Jacques Duchesneau fait son entrée officielle ce matin en politique pour la traquer dans les plus hautes sphères du gouvernement. Son but en se joignant à la Coalition avenir Québec (CAQ) est de déloger Jean Charest qui, sinon, va continuer à «servir ses petits amis».

    En entrevue au Devoir, Jacques Duchesneau est catégorique: les centaines de témoignages recueillis lors de son travail d’investigation à l’Unité anticollusion du ministère des Transports, puis les récents face-à-face qu’il a eu avec des organisateurs politiques et des collecteurs de fonds concernant le financement occulte des vieux partis, l’ont condamné à l’action. Se tenir au-dessus de la mêlée ne lui suffisait plus.

    Ce n’est toutefois que jeudi, prétend-il, que la voie politique est devenue inévitable. C’est à ce moment que Jean Charest a affirmé qu’il n’accepterait pas qu’on lui fasse la leçon en matière de lutte à la corruption.

    «Quand j’ai entendu Jean Charest se donner 8 sur 10 sur les questions de probité et d’intégrité, je suis tombé en bas de ma chaise. [...] Sa réélection ne changera rien au problème. Il va se conforter dans ce qu’il a fait depuis toujours, c’est-à-dire servir ses petits amis», a affirmé M. Duchesneau.

    En ce qui concerne les lois et les règlements adoptés par le gouvernement Charest au cours des dernières années, Jacques Duchesneau les associe surtout à du marketing politique. Paraphrasant un juge italien impliqué dans une série d’enquêtes connues sous le nom d’«opération «Mains propres» (mani pulite), M. Duchesneau soutient que «plus un État est corrompu, plus il fait des lois parce que ça donne l’impression qu’il fait quelque chose».

    Autre cible: le Plan Nord

    Jacques Duchesneau pointe en direction du Plan nord. Il affirme que le «Québec Inc.» en général se bouscule aux portes du projet, mais cible tout particulièrement le réseau libéral, en prenant soin de ne nommer personne. Il assure toutefois que les procureurs de la commission Charbonneau ont «tout en main».

    Le Plan nord nécessite pour le moment des investissements de 80 milliards de dollars étalés sur 25 ans. À elle seule, la société d’État Hydro-Québec prévoit développer des projets pour 47 milliards. S’ajoutent 33 milliards, notamment en infrastructures (routes, ports, aéroports, voies ferrées). «Faites le calcul seulement pour les services professionnels et vous comprendrez les intérêts en jeu: 10% de 80 milliards», lance-t-il.

    Pas de deuxième rapport

    Du même souffle, Jacques Duchesneau assure qu’il ne brandira pas son deuxième rapport. Ce dernier lui a permis d’affirmer que les pots-de-vin et les combines étaient choses courantes et que les partis provinciaux et municipaux engrangraient de l’argent sale (jusqu’à 70 % de leur caisse électorale). «Je n’utiliserai par ces informations privilégiées contre mes adversaires; ça concerne les péquistes et les libéraux. Je ne veux surtout pas nuire aux travaux de la commission Charbonneau», affirme-t-il tout en sachant qu’il sera la cible de tirs groupés. Il prédit même «un merdier».

    «Il suffit de voir tout ce qui a été fait pour me faire taire», affirme M. Duchesneau. Il rappelle, comme il l’avait fait devant la commission Charbonneau lors de son témoignage de juin, le processus qui a mené à sa nomination à la tête de l’Unité anticollusion et les «bâtons dans les roues» qu’il a eu pour remplir son mandat. Par la suite, il s’est retrouvé sous le contrôle de l’Unité permanente anticorruption (UPAC).

    Selon lui, rien ne relève du «hasard». «Il y a quelqu’un qui s’est dit: on va le tasser, il va s’essouffler. On pensait que [Robert] Lafrenière [directeur de l’UPAC] réussirait à me faire taire. C’est ça qui m’amène là», raconte Jacques Duchesneau.

    Celui qui bénéficie dans la population d’une certaine aura, assure que son choix de plonger en politique ne remet pas en question le bien-fondé de la commission Charbonneau. Il n’a toutefois jamais caché son désaccord avec une approche policière. Selon lui, la commission Charbonneau demeure nécessaire mais «on ne peut pas attendre son rapport pour agir».

    Saint-Jérôme

    Il briguera donc les suffrages dans la circonscription de Saint-Jérôme, ayant sa résidence dans les Laurentides. «Je trouve les gens bien corrects», dit-il. «On ne pourra pas me qualifier d’opportuniste: les derniers sondages placent la CAQ en troisième place. Je vais au moins faire valoir mes idées»

    Jacques Duchesneau se dit donc prêt pour pour une autre bataille sur le thème de la corruption. Mais il a prévenu François Legault que ce ne serait que pour un mandat. «Je ne veux pas faire de politique. Mais pour régler le problème, je n’ai pas le choix. [...] Il n’y a aucune volonté, ni de la part de Charest, ni de la part de Marois, de changer les choses», croit-il. « Alors la course à relais se poursuit», laisse tomber Jacques Duchesneau avant d’ajouter: «Je me lève pour le Québec».












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