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Baptême du feu pour Pierre Duchesne

L’ancien journaliste s’attaque aux libéraux

4 août 2012 00h03 | Alexandre Shields | Québec

Beloeil – L’ancien journaliste politique Pierre Duchesne a livré hier soir son premier discours en tant que candidat péquiste dans la circonscription de Borduas, sur la Rive-Sud de Montréal. Il s’est lancé dans une tirade contre le gouvernement Charest, le qualifiant de « régime rongé par la corruption et le mépris ».

 

« On utilise jusque les places en garderie pour financer la machine politique. C’est assez odieux », a-t-il laissé tomber. Une allusion aux graves irrégularités révélées par le vérificateur général dans l’octroi de permis de garderie. Plusieurs de ceux-ci avaient été accordés à des donateurs du Parti libéral du Québec. « Quand Jean Charest a dit à Tony Tomassi [ancien ministre de la Famille], « il faut que tu t’occupes de la Famille », il a cru que c’était les amis du parti », a-t-il ajouté devant une assemblée de militants souverainistes.


Qualifiant les troupes de M.Charest de « gouvernement faible », il a répété à plusieurs reprises que le premier ministre tentait par tous les moyens de « diviser » les Québécois en opposant les jeunes qui ont milité contre la hausse des droits de scolarité au reste de la population, appelée « majorité silencieuse ». « Une stratégie funeste », a affirmé celui qui était jusqu’à tout récemment correspondant parlementaire à Québec pour Radio-Canada. « Mais méfiez-vous, a poursuivi M.Duchesne, la colère des Québécois ne se limite pas à un petit carré rouge. »


« Il est temps de mettre fin au régime de Jean Charest. Il est temps de mettre fin à la menace que représente le régime fédéral, surtout sous Stephen Harper. » Pierre Duchesne a d’ailleurs salué sa nouvelle chef Pauline Marois, qu’il a qualifiée de « résistante » apte à faire face au gouvernement en place à Ottawa.


Selon lui, « le Québec ne peut se satisfaire des frontières d’une province ». Il a soutenu que le Québec se doit de devenir un pays s’il souhaite s’attaquer aux problématiques environnementales, mais aussi aux « criminels en cravate » et à l’évasion fiscale. « L’heure est venue d’assumer notre grandeur. »


M. Duchesne s’est dit fier de se présenter dans Borduas, une circonscription qui a déjà été représentée par Jean-Pierre Charbonneau, qui avait lui aussi décidé de quitter sa profession de journaliste au Devoir.


Pierre Duchesne a quitté son emploi à la société d’État à la mi-juin. Le directeur général du Parti libéral a par la suite porté plainte contre M.Duchesne après que des médias eurent affirmé qu’il aurait négocié son passage au Parti québécois alors qu’il était toujours en poste à Radio-Canada. L’ombudsman de Radio-Canada a rejeté la plainte des libéraux. Le Conseil de presse doit se prononcer sur cette affaire d’ici septembre.

 
 
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