Charest brandit le spectre du référendum
Le premier ministre craint l’abstention des électeurs anglophones
La perspective d’une importante abstention des électeurs anglophones lors des prochaines élections inquiète les libéraux. Tellement que Jean Charest est intervenu deux fois plutôt qu’une pour les inciter à voter, brandissant le spectre d’un référendum sur la souveraineté du Québec.
Dans une entrevue à la station privée anglophone CJAD hier matin, Jean Charest a lancé un avertissement à cet électorat qui, dans une très grande mesure, est acquis au Parti libéral du Québec. « Si vous restez à la maison, vous risquez d’avoir un référendum dont vous ne voulez pas », a prévenu le chef libéral lors d’une entrevue accordée à l’animateur matinal Andrew Carter.
Déjà, jeudi, Jean Charest avait évoqué le fait que les électeurs libéraux qui choisissent de s’abstenir font le jeu du Parti québécois et favorisent ainsi la tenue d’un référendum.
Au cours d’un point de presse en matinée, le chef libéral a relevé qu’il y avait deux façons de voter pour un électeur qui veut un référendum sur la souveraineté : voter pour un parti souverainiste comme le Parti québécois, Québec solidaire ou Option nationale, ou s’abstenir de voter. « Vous allez peut-être vous retrouver avec un référendum par défaut parce que vous n’avez pas exprimé votre droit de vote », a-t-il dit.
Jean Charest a insisté pour dire qu’il ne tient aucun vote pour acquis, y compris ceux des anglophones et des communautés culturelles. Mais il a reconnu que des anglophones expriment leur insatisfaction envers son parti parce qu’ils se sentent quantité négligeable. « À mon avis, ce n’est pas le cas. Nous avons, nous, une vision très inclusive de la société québécoise qui valorise chacune de nos communautés », a-t-il avancé.
Depuis 2003, la participation au vote dans les circonscriptions à majorité anglophone a lourdement chuté. À titre d’exemple, dans Robert-Baldwin, la participation est passée de 65 % à 42 % et dans Nelligan, de 70 % à 47 %, soit une baisse presque deux fois plus importante que dans l’ensemble du Québec.
Dans l’entourage du chef libéral, on a fait valoir qu’en raison des fortes majorités libérales dans ces circonscriptions, bien des électeurs croient que leur vote compte moins. À l’inverse, dans les circonscriptions où les luttes sont chaudes, la participation est plus importante.
Électrochoc
Si l’abstention des anglophones n’a pas de conséquences fâcheuses pour les libéraux dans les circonscriptions de l’Ouest-de-l’Île, il pourrait en être autrement ailleurs sur l’île de Montréal et à Laval, notamment.
La perte de la circonscription d’Argenteuil, un bastion libéral, aux mains du péquiste Roland Richer, lors de l’élection partielle du 11 juin dernier, a donné un électrochoc aux stratèges libéraux. Le parti n’a pas essuyé pareille déconfiture dans la circonscription de LaFontaine, qui est restée libérale, mais le taux de participation au scrutin avait été famélique, ne dépassant guère les 25 %.
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Des mesures favorables à l’emploi pour les travailleurs âgés
Jean Charest a mis un peu de chair sur son engagement économique de création d’emplois en promettant de mesures pour encourager les travailleurs âgés à demeurer sur le marché du travail.
Le chef libéral veut également organiser une « conférence nationale » afin d’adapter le marché de l’emploi aux réalités des travailleurs de 55 ans et plus, mais aussi à celles des femmes. Cette conférence se penchera notamment sur les horaires de travail.
Un gouvernement libéral abaisserait à 62 ans l’âge d’admissibilité au crédit d’impôt de 1500 $ par an pour les travailleurs qui décident de continuer à travailler. Le dernier budget Bachand avait introduit une telle mesure pour les travailleurs de 65 ans et plus. Ce sont 100 000 personnes de plus qui auraient accès à cette mesure, pour un coût de 120 millions en trois ans, selon les calculs des libéraux. Cette mesure s’ajoute à une réduction de la taxe sur la taxe sur la masse salariale d’un maximum de 1000 $ par employé de 65 ans et plus pour les entreprises, ceci était déjà prévu dans le dernier budget.
Jean Charest a mentionné que la proportion des personnes âgées de 55 ans à 64 ans qui sont sur le marché du travail est inférieure au Québec par rapport au reste du Canada. Ainsi, le taux d’emploi de ces personnes au Québec n’est que de 53 %, alors qu’il est de 59 % dans le reste du Canada, et de 60 % en Ontario.








