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Le PQ veut investir des fonds publics dans les entreprises minières et pétrolières

3 août 2012 16h04 | Alexandre Shields | Québec
Le Parti québécois entend reprendre l'idée des libéraux d'une «société de développement» publique dédiée aux ressources naturelles.<br />
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir Le Parti québécois entend reprendre l'idée des libéraux d'une «société de développement» publique dédiée aux ressources naturelles.
Sorel-Tracy – Donnant suite à un engagement inscrit dans le programme du Parti québécois, Pauline Marois a annoncé ce matin qu'un gouvernement péquiste créerait la Banque de développement économique du Québec. Avec ce nouvel outil, on espère stimuler la création d'entreprises, surtout en région. Cette nouvelle structure investirait notamment dans le secteur des ressources naturelles.

Le Parti québécois (PQ) entend ainsi reprendre l'idée des libéraux d'une «société de développement» publique dédiée aux ressources naturelles. On entend donc profiter du boom de développement déjà en cours et contrôlé entièrement par le secteur privé.

Dans le dernier budget, le gouvernement Charest avait cependant déjà annoncé la création de Ressources Québec, une filiale d'Investissement Québec consacrée aux secteurs des mines et des hydrocarbures.

Un gouvernement péquiste remplacerait cette nouvelle entité par la Société québécoise de développement des ressources naturelles. «Cela nous permettra de prendre les moyens pour maintenir, voire augmenter la participation québécoise dans les entreprises liées à l'exploitation de nos ressources et de regrouper l'expertise dans le domaine», a fait valoir Mme Marois au cours d'un point de presse à Sorel-Tracy.

Le PQ s'est également dit prêt à investir davantage de fonds publics dans le secteur de l'énergie fossile, par exemple dans des entreprises pétrolières. Mais auparavant, Mme Marois dit vouloir développer une «expertise» dans ce secteur, qui présente des risques financiers certains. «On a des gens qui ont une connaissance financière des dossiers, mais qui n'ont pas une connaissance technique et scientifique. C'est criant sur le terrain.»

Mme Marois est également en faveur du financement public des infrastructures réclamées par les minières qui souhaitent s'installer dans le Nord québécois. Mais en contrepartie, elles devraient s'engager à offrir une participation dans l'entreprise au gouvernement du Québec. Cette idée a été formulée l'automne dernier par l'ancien premier ministre Jacques Parizeau.

À l'heure actuelle, on sait peu de choses des milliards de dollars de fonds publics qui pourraient être injectés par le gouvernement Charest dans le cadre de son Plan Nord. On finance notamment la quasi-totalité des coûts du prolongement de la route 167, qui doit servir au développement d'un projet minier diamantifère. Mais Québec étudie aussi la possibilité de construire au moins trois ports qui serviraient à l'exportation de minerai à l'état brut.

Par ailleurs, la Banque de développement économique du Québec réunirait les programmes et organismes déjà voués au développement économique. Il est notamment question de regrouper des bureaux du ministère du Développement économique, de l'Innovation et de l'Exportation avec ceux d'Investissement Québec.

Mme Marois espère ainsi «alléger» le fardeau administratif des entreprises, mais aussi «soutenir» celles qui ne peuvent obtenir de prêts auprès des institutions financières. Le gouvernement offrirait pour sa part du «capital patient» et serait prêt à «prendre des risques» financiers pour stimuler le démarrage d'entreprises. La chef péquiste a dit que des prêts sans intérêts seraient disponibles. Elle estime que cette nouvelle structure serait particulièrement utile dans les régions.

Mais pas question d'ajouter des fonds outre ceux déjà disponibles du côté d'Investissement Québec. Pauline Marois a toutefois dit qu'elle souhaitait rapatrier des fonds fédéraux dédiés au développement, une enveloppe de 400 millions $.

La chef péquiste a profité de son passage à Sorel-Tracy pour annoncer le nom de la candidate péquiste dans la circonscription de Richelieu. Il s'agit d'Élaine Zakaïb, présidente et directrice générale des Fonds régionaux de solidarité FTQ. Elle pourrait ainsi succéder à Sylvain Simard, qui avait devancé les libéraux en 2008.

Par ailleurs, un journaliste de la CBC a demandé à Mme Marois si elle serait prête à participer à un débat des chefs en anglais. «Non», a-t-elle répondu, avant de préciser qu'elle ne se sent suffisamment «confortable» dans la langue de Shakespeare.    
 
 
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