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    Une trêve avant un sommet

    Le Parti québécois se présente comme le seul parti apte à régler le conflit étudiant

    3 août 2012 |Alexandre Shields | Québec
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	La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a débuté sa campagne électorale en sillonnant les rues et les marchés publics de Montréal pour y rencontrer des citoyens.</div>
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a débuté sa campagne électorale en sillonnant les rues et les marchés publics de Montréal pour y rencontrer des citoyens.
    Le conflit étudiant est cœur de ce début de campagne et le Parti québécois espère bien se présenter comme LE parti apte à résoudre une crise qui perdure depuis des mois. Pauline Marois a d’ailleurs pris l’engagement hier d’organiser un sommet sur le financement et la gestion des universités pour tenter de dénouer l’impasse. Mais d’ici au scrutin du 4 septembre, la chef péquiste et son candidat Léo Bureau-Blouin invitent les étudiants à respecter une « trêve » et à marquer une pause dans leur mouvement de contestation.
     
    S’il est élu, le Parti québécois promet donc de jeter à la poubelle la loi 78 imposée par les libéraux pour tenter de freiner le mouvement de contestation sociale du printemps dernier. Même chose pour la hausse de 82 % des droits de scolarité décrétée par le gouvernement Charest. Le tout dans les 100 premiers jours d’un éventuel mandat.
     
    Mais un gouvernement dirigé par Mme Marois tiendrait aussi un sommet afin de trouver une solution à cette épineuse question. Les étudiants, le gouvernement et la société civile — syndicats et patronat — seraient tous assis à la table. Selon la chef péquiste, cette rencontre de tous les intervenants du milieu permettrait d’offrir une « véritable écoute » à toutes les parties prenantes. La Fédération étudiante universitaire s’est d’ailleurs dite prête à y participer. Le PQ entend y défendre l’idée d’une simple indexation des droits de scolarité en fonction de la hausse du coût de la vie. Mais Pauline Marois a soutenu hier qu’aucune option ne serait écartée, y compris la question de « la gratuité ».
     
    Questionné à plusieurs reprises sur la question des droits de scolarité dans son local électoral de la circonscription de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin s’est défendu d’avoir renié la position en faveur du gel qu’il défendait lorsqu’il était président de la Fédération étudiante collégiale du Québec. « J’ai des convictions, que j’ai portées en tant que représentant étudiant et je continue de les porter en tant que candidat et, je l’espère, en tant que député. Mais d’abord et avant tout, je suis un homme de consensus. Et je pense que ce sommet va non seulement permettre de dégager un consensus sur la question des droits de scolarité, mais également de sortir du simple débat gel-dégel. »

    Selon lui, il faut aussi s’attaquer aux enjeux comme le logement, l’aide financière et le remboursement des dettes d’études. Il n’a toutefois pas précisé s’il jugeait que l’indexation constituerait un obstacle à l’accessibilité.
     
    La leader péquiste estime en outre que le « sous-financement des universités » mis de l’avant par le Parti libéral pour justifier la hausse des droits de 1625 $ ne tient tout simplement pas la route. Elle a ainsi rappelé que le Québec investit plus pour chaque étudiant que la moyenne canadienne. 
     
    Mme Marois juge plutôt qu’il faudrait plutôt regarder du côté de la gestion des universités, notamment pour éviter une répétition du fiasco de l’îlot Voyageur et mettre fin aux indemnités de départ généreuses accordées à certains hauts dirigeants. Elle estime aussi que les campus délocalisés qui se multiplient un peu partout au Québec sont trop coûteux et produisent une concurrence inutile entre les universités. Elle a chiffré le manque à gagner en raison de ces campus à 56 millions de dollars.
     
    Sortie des recteurs

    Les propos de la chef souverainiste risquent de faire bondir la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec. Le regroupement vient d’envoyer une lettre à tous les partis provinciaux pour leur signifier que leurs établissements souffrent d’un sous-financement chronique. Selon eux, le manque à gagner se chiffre annuellement en centaines de millions de dollars.
     
    Si les péquistes disent vouloir résoudre le conflit initié par la hausse des droits de scolarité, Mme Marois et M. Bureau-Blouin ont du même souffle dit hier qu’ils souhaitent que les étudiants observent une « trêve électorale ». « Il faut prendre toutes les précautions pour ne pas favoriser les libéraux », a dit la jeune recrue péquiste. Cela veut dire que les associations étudiantes qui doivent se prononcer bientôt sur la poursuite de la grève mettraient un frein à leur mouvement.
     
    « Nous avons toujours un malaise lorsque des gens de l’extérieur s’invitent dans nos délibérations. La décision de reprendre la grève ou non n’appartient qu’aux étudiants et aux étudiantes », a répliqué un porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois. Québec solidaire a aussi dénoncé cette prise de position de l’ancien leader étudiant.
     
    Mme Marois a consacré une bonne partie de sa journée à des bains de foule. Elle a notamment fait un long trajet en métro, accompagnée de plusieurs candidats et députés de la région montréalaise. Un pied de nez évident à Jean Charest, qui doit taire le lieu et l’heure de ses activités jusqu’à la toute dernière minute, de peur de rencontrer des étudiants.
     
    Le Parti québécois s’est par ailleurs engagé à lutter contre le décrochage scolaire. Les mesures annoncées hier comprennent l’embauche de 600 « professionnels » et la possibilité d’implanter dans les milieux défavorisés la maternelle à temps plein dès l’âge de quatre ans. Mme Marois a fait ces annonces au moment de présenter la candidate péquiste dans Crémazie, Diane De Courcy, présidente de la Commission scolaire de Montréal.

    ***

    Lisée confirmé dans Rosemont

    Jean-François Lisée a confirmé sur le réseau social Twitter mercredi soir que sa décision était prise concernant sa candidature dans Rosemont. Il a écrit qu’il devait « encore traverser l’Atlantique et souhaiter l’accord final des militants » de la circonscription, tout en invitant les gens à être patients. M. Lisée écrivait jusqu’à tout récemment pour L’actualité. Ses billets n’étaient toutefois plus accessibles sur le site du magazine. Rappelons que le 6 juillet dernier, l’ancien conseiller des premiers ministres Jacques Parizeau et Lucien Bouchard avait dit au Devoir qu’il avait décidé de se porter candidat pour le PQ dans Rosemont. Il tentera de succéder à la députée sortante de Rosemont, Louise Beaudoin.
     
    Avec La Presse canadienne












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