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Le journaliste André Noël enquêtera pour la commission Charbonneau

2 août 2012 | Kathleen Lévesque | Québec
Le journaliste André Noël vient de se joindre à l’équipe d’enquête de la commission Charbonneau, délaissant la plume pour des moyens plus officiels afin de servir l’intérêt public.

Avec plus de 30 ans d’expérience en journalisme principalement à La Presse, André Noël, qui avait fait de l’investigation une spécialité, devient enquêteur. Il relève désormais du directeur des opérations et enquêtes de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, Robert Pigeon. M. Noël occupe déjà ses nouvelles fonctions pour lesquelles il a été assermenté mardi.


« J’ai aimé ce que j’ai fait à La Presse. Cela a pris du temps avant que la mécanique d’enquête y soit aussi bien huilée. Mais comme le dit Jacques Duchesneau, c’est une course à relais. Les journalistes ont couru longtemps avec le témoin et c’est un peu essoufflant. J’espère que je serai utile », affirme celui qui se qualifie d’un « tout petit rouage » dans une équipe d’enquêteurs aguerris.


Dorénavant, c’est avec un pouvoir de contrainte et de saisie qu’il pourra tenter de débusquer les problèmes de corruption et de collusion. M. Noël souligne à quel point les médias qui s’aventurent dans l’enquête sont « victimes de beaucoup pression avec les mises en demeure et les poursuites ».


« Sur un plan personnel, je suis bien content de rentrer dans l’ombre alors que comme journalistes, nous sommes des personnages publics. Ça n’a jamais été un aspect du métier qui m’attirait », raconte-t-il.


André Noël a signé de nombreux articles pour La Presse qui sont à l’origine de certaines enquêtes policières ayant mené à des arrestations et des accusations. C’est notamment le cas pour le scandale politico-immobilier Contrecoeur qui a ébranlé l’administration du maire Gérald Tremblay. Il s’est beaucoup intéressé aux liens entre l’industrie de la construction et la mafia.


« C’est historique d’avoir la commission Charbonneau. C’est le produit de la vitalité du journalisme d’enquête au Québec et j’ai le goût, maintenant, de poursuivre la job que moi et d’autres avons commencée », a-t-il dit au Devoir.


La commission Charbonneau reprendra ses audiences publiques le 17 septembre prochain.

 
 
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