Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous

    Lettre - Se faire discret

    2 août 2012 |Jean-Marc Lefebvre - Montréal, le 1er août 2012 | Québec

    Lettre à Gabriel Nadeau-Dubois


    Cher Gabriel,


    Je me permets cette familiarité pour souligner l’affection et la sympathie que je porte au mouvement étudiant dont vous êtes un des porte-parole, mouvement qui a ouvert la porte à la nécessité d’une vaste remise en question non seulement de notre système d’éducation, mais des valeurs que ce système peut et doit prôner afin de refléter les choix de la collectivité qu’il dessert.


    Pour avoir contribué à briser cette espèce de fatalité qui semblait régir tout notre rapport avec la classe politique et les décisions qui nous « tombaient » dessus et qui se résumaient bien souvent à des phrases usées et vides telles « Faut se serrer la ceinture », ou encore « C’est la loi du marché » et cette dernière « La juste part », je ne peux que remercier et saluer votre engagement, votre ténacité, votre courage et votre intelligence.


    Cela dit, je crois néanmoins que vous et tout le mouvement étudiant représentiez la clé de voûte des prochaines élections. Je crois que monsieur Charest et son équipe ne souhaitent rien de moins que votre présence dans toutes les petites, moyennes et grandes villes, qu’il veut vous y voir manifester afin de pouvoir centrer toute sa campagne sur le chaos et l’insécurité qu’engendre votre mouvement et, a contrario, sur son rôle de bon père de famille. Et tant mieux pour lui s’il y a des débordements. Et croyez-moi, ce n’est pas pour rien que les élections arrivent à ce moment et que le conflit étudiant n’a pas encore fait l’objet d’une entente. Cela le sert.


    Par conséquent, je suis convaincu que la seule façon de dire au revoir à ce gouvernement est de lui retirer sa plateforme, soit la crise étudiante. Je propose donc aux étudiants de porter leur carré, rouge ou vert, de rentrer étudier, d’aller voter, de contribuer ainsi concrètement à la défaite des libéraux et, une fois cet objectif atteint, de reprendre les négociations avec le nouveau gouvernement élu. Cela demande du courage, celui du silence, celui de la retenue, celui de l’intelligence et du sens de la collectivité. Et pour cela, il est impératif de suspendre toute manifestation qui pourrait être utilisée contre vous et qui nourrirait la propension des libéraux et de leur chef à vous démoniser aux yeux de la population et à se poser en bon père de famille.


    ***
     

    Jean-Marc Lefebvre - Montréal, le 1er août 2012













    Envoyer
    Fermer

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.