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Charest veut que la «majorité silencieuse» s'exprime

1 août 2012 17h27 | Robert Dutrisac | Québec
Québec — Jean Charest croit qu’après la rue et les étudiants, c’est à la «majorité silencieuse» de s’exprimer lors des présentes élections générales et de lui donner un quatrième mandat de gouvernement.

«La majorité silencieuse, [...] elle aura l’occasion de s’exprimer, c’est son moment», a déclaré Jean Charest lors de la conférence de presse qui lançait la campagne électorale. «La rue a fait beaucoup de bruit, c’est maintenant aux Québécois de parler.»

En matinée, après une dernière réunion du conseil des ministres et le passage obligé chez le lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne pour dissoudre la 39e législature de l’Assemblée nationale, Jean Charest, accompagné de ses ministres et des candidats libéraux de la région de Québec, s’est retrouvé sur le tarmac de l’Aéroport de Québec, un lieu hautement sécurisé où aucun manifestant n’aurait pu jouer les trouble-fête.

L’agenda du chef libéral est dévoilé aux journalistes au compte-goutte de façon à éviter les manifestants. «Nous avons entendu le message de ceux qui veulent perturber notre campagne électorale», a dit Jean Charest.

Le chef libéral a insisté sur le fait que l’élection du 4 septembre «n’est pas comme les autres». C’est un choix qui porte sur le «type de société dans laquelle nous voulons vivre.»

«Le choix est clair entre la stabilité et l’instabilité», a renchéri Jean Charest, stigmatisant Pauline Marois parce qu’elle s’est associée, selon lui, à des gens qui, au-delà de l’enjeu de la hausse des droits de scolarité, visent à «contester l’ordre établi et ses institutions démocratiques, incluant l’Assemblée nationale et aussi nos tribunaux.» Il a accusé la chef péquiste d’avoir «fait le choix d’embrasser le mouvement de contestation» et de proposer «un gouvernement qui abdique ses responsabilités face à la rue».

Sa décision de déclencher les élections en plein été n’est aucunement liée à la reprise des audiences de la Commission Charbonneau à la mi-septembre, a soutenu le chef libéral. Il s’est aussi défendu de tirer partie de la crise étudiante à de fins électorales. «C’est un enjeu qui s’impose de lui-même. Il est impossible de contourner. Les Québécois veulent parler, ils veulent s’exprimer.»

Jean Charest a aussi répliqué Pauline Marois qui a réitéré que «le Canada est devenu un risque pour le Québec». En réponse à une question d’un journaliste du Canada anglais, il a vanté la performance économique du Canada sous le gouvernement Harper. «Je ne connais pas une période où le Canada a eu une réputation économique comme nous avons aujourd’hui. Sortant de la crise économique, le Canada est vu comme une des lumières scintillantes de l’économie mondiale.»

Un peu comme aux dernières élections générales de décembre 2008, Jean Charest a brandi le spectre des turbulences économiques d’une économie mondiale fragile en présentant le Parti libéral comme celui de l’économie. Il a avancé que la PQ n’a rien à proposer en matière économique.
 
 
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