Québec solidaire appelle à un ménage du financement des partis
C’est devant les bureaux de la permanence du Parti libéral du Québec que Françoise David et le député Amir Khadir ont présenté hier leur proposition pour de nouvelles mesures, notamment l’abaissement du plafond des dons individuels, l’augmentation des contributions publiques ainsi que la limitation des dépenses en période d’élections. Québec solidaire souhaite également que plus d’informations concernant les donateurs soient exigées (l’identification de l’employeur, par exemple) et que le Directeur général des élections bénéficie de plus de ressources pour imposer des sanctions aux contrevenants.
« Depuis deux ans, de nombreux scandales au Québec ont démontré qu’il y a une pression indue sur les partis et les entrepreneurs. Il s’agit d’une mécanique de surenchère qui fait en sorte que la démocratie et la Loi sur le financement des partis sont contournées et dévoyées », a affirmé M. Khadir.
Devant la commission d’enquête Charbonneau le mois dernier, l’ex-dirigeant de l’Unité anticollusion du ministère des Transports, Jacques Duchesneau, a dressé un portrait sombre du financement politique. Selon M. Duchesneau qui s’appuie sur des témoignages d’organisateurs et de collecteurs de fonds, 70 % du financement des partis politiques est occulte.
Un soulagement
Selon M. Khadir, la proposition de Québec solidaire pourrait soulager certaines personnes qui font du financement au sein du PQ. « C’est une tâche ardue de ramasser de l’argent, surtout quand ça se fait de manière illégale. Ça doit peser lourd sur les épaules de beaucoup de gens », a mentionné le député solidaire. M. Khadir est toutefois allé plus loin dans le cas du Parti libéral en affirmant que le PLQ est financé par la mafia, en référence à un événement de financement organisé par le PLQ pour l’ancienne ministre Line Beauchamp et auquel a participé Dominico Arcuri, identifié dans l’opération Colisée comme un membre de la mafia. « Quand je me mets à la place de Mme Beauchamp, qui a été surprise elle-même de devoir rencontrer des gens de la mafia pour ramasser de l’argent pour le Parti libéral, je comprends ce qu’elle doit vivre comme sentiment de trahison. Elle n’est pas venue en politique pour ça ! Mais la mécanique fait en sorte qu’aujourd’hui, le Parti libéral est financé par la mafia », a lancé le député de Mercier.
Selon ce dernier et Mme David, le coeur du problème est le financement sectoriel, c’est-à-dire les contributions illicites provenant des firmes de génie-conseil, des cabinets d’avocats ou des entrepreneurs.
Les deux coporte-parole ont déposé leur demande écrite au PLQ, au Parti québécois ainsi qu’à la Coalition avenir Québec (CAQ).








