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Conflit étudiant - Un règlement sans la CLASSE est possible, selon Legault

30 juillet 2012 16h46 | Kathleen Lévesque | Québec
Le chef de la CAQ, François Legault propose de hausser les droits de scolarité de 200 $ par année plutot que 254 $.
Photo : Annik MH De Carufel Le Devoir Le chef de la CAQ, François Legault propose de hausser les droits de scolarité de 200 $ par année plutot que 254 $.
François Legault contournerait la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) pour régler le conflit étudiant s’il forme le gouvernement lors des prochaines élections générales.

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), qui tenait ce matin une conférence de presse afin de proposer un compromis pour assurer un retour à l’école paisible, estime qu’il est possible d’en arriver à une entente avec les représentants de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), mais que le mouvement plus radical, la CLASSE, ne semble pas ouvert à la discussion.

«Est-il possible de faire sans la CLASSE?», a-t-on demandé à M. Legault. «Je pense que oui», a tranché le chef caquiste.

La présidente de la FECQ, Éliane Laberge, se demande s’il est opportun d’exclure ainsi d’emblée la CLASSE puisque, selon elle, elle a déjà présenté une forme d’ouverture lors des dernières négociations avec le gouvernement. «Est-ce que les évincer complètement du débat serait une bonne solution? Je ne le pense pas», affirme-t-elle.

François Legault a aussi lancé un appel au compromis à toutes les parties, afin d’assurer, dit-il, une rentrée scolaire paisible, même si celle-ci sera sérieusement comprimée dans le temps et bousculera tant les étudiants qui passent du secondaire au cégep, que ceux du collégial et de l’université.

Plus généralement, il accuse Jean Charest d’avoir volontairement laissé pourrir le conflit étudiant pour se faire du capital politique et faire diversion. «De toute évidence, M. Charest voulait garder cette crise sociale en vie pour des raisons politiques, pour cacher son bilan des neuf dernières années et cacher la corruption», a tonné M. Legault.

Une solution à la hausse
 
Par ailleurs, la CAQ propose de dénouer l’impasse en reportant la hausse des droits de scolarité à janvier prochain. François Legault suggère de ramener la hausse à 200 $ par année pendant 5 ans, au lieu des 254 $ proposés par le gouvernement Charest. Les universités bénéficieraient alors d’une aide financière provenant des crédits d'impôt, qui faisaient justement l’objet des dernières négociations entre le gouvernement Charest et les associations étudiantes.

«La population nous dit "oui à la hausse des frais de scolarité, mais pas de 75 %". On pense que de demander une hausse de 200 $ par année — ça, ça veut dire 100 $ d’augmentation par session — c’est raisonnable. Avec l’abolition des crédits d’impôt, ça nous permet de donner le même financement aux universités; ça nous permet d’offrir une porte de sortie aux deux parties», a résumé M. Legault.

Sa proposition n’a toutefois pas enchanté la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, qui la trouve «insuffisante». «Pour nous, ce n’est pas beaucoup mieux que les propositions qu’a faites le gouvernement libéral. Il joue avec les mêmes paramètres que le gouvernement de Jean Charest», critique la dirigeante étudiante.
 
«En un sens, 200 $ de hausse, ça reste une hausse des frais de scolarité qui va non seulement nuire à l’accessibilité aux études, mais qui va augmenter l’endettement étudiant. Mais, surtout, on ne vient toujours pas toucher au coeur du problème: l’accessibilité aux études et l’avenir de nos universités québécoises», a indiqué Mme Laberge.
 
François Legault souhaite également que les mesures déjà annoncées pour améliorer le Régime d’aide financière aux études soient maintenues. Quant à la Loi 78, M. Legault demande au gouvernement de Jean Charest d’en suspendre les articles controversés touchant l’encadrement des manifestations afin d’apaiser les tensions. 

Pas de souveraineté

Le chef caquiste s’est une fois de plus défendu d’être souverainiste, après qu’une ex-députée de l’Action démocratique en 2007 et 2008 devenue hier candidate du Parti libéral eut affirmé ne plus reconnaître l’ADQ et être persuadée que la CAQ était souverainiste, tout comme M. Legault.
 
«J’ai été adéquiste, mais il n’y a plus d’ADQ. Legault et son équipe sont toujours souverainistes et moi, fédéraliste», avait affirmé hier Linda Lapointe, maintenant candidate du PLQ dans Groulx.
 
M. Legault a vite évacué la question. «Je ne peux pas être plus clair encore que je l’ai été. La souveraineté n’est plus sur la table. La Coalition avenir Québec ne fera jamais la promotion de la souveraineté du Québec. Est-ce que c’est assez clair?» a-t-il commenté en anglais.

***

Avec La Presse canadienne
 
 
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