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Lettre - Une langue pervertie dans l’espace public

30 juillet 2012 | Pierre Lincourt - Montréal, le 27 juillet | Québec

Après avoir lu la lettre intitulée Langue pervertie et détournement de sens envoyée à Jean Charest par Élise Turcotte (reproduite dans la page Idées du Devoir du 27 juillet 2012), j’ai cru bon de proposer ces autres exemples de langue pervertie qui a cours dans l’espace public depuis quelques mois.


Dans cette novlangue, la désobéissance civile devient du terrorisme ; le droit à l’éducation, le droit individuel de contourner les décisions démocratiques des associations étudiantes ; les « étudiants », des ennemis de la nation ; le carré rouge, une arme dangereuse ; les huit étudiants sur dix opposés à la hausse, une minorité ; les 250 000 étudiants jetés dans la rue ce printemps par une juste colère, des enfants-rois à qui on n’a jamais dit non ; la grande braderie des ressources naturelles du Nord, du développement durable ; la création d’emplois à l’étranger dans la transformation de notre minerai, de la création de richesse chez nous.


Même la précampagne électorale en cours est désignée par toutes sortes de sous-entendus et d’euphémismes, ou son existence est carrément niée, et le gouvernement qui, au printemps, exigeait des étudiants qu’ils se serrent la ceinture, vu sa marge de manoeuvre restreinte, fait valser les millions par centaines depuis deux semaines.


***
 

Pierre Lincourt - Montréal, le 27 juillet

 
 
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