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Léo Bureau-Blouin explique son choix de se lancer en politique

25 juillet 2012 17h02 | La Presse canadienne | Québec
Léo Bureau-Blouin, avec à ses côtés, visiblement fière, la chef péquiste Pauline Marois.
Photo : François Pesant - Le Devoir Léo Bureau-Blouin, avec à ses côtés, visiblement fière, la chef péquiste Pauline Marois.
C'est dépouillé de son carré rouge que le nouveau candidat du Parti québécois (PQ) dans la circonscription de Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin, a expliqué sa décision de faire le saut en politique provinciale.

«Avec ou sans carré rouge, je suis capable de me battre, non seulement ici à Laval, mais aussi au sein d'un prochain gouvernement pour faire en sorte que les étudiants québécois soient ceux qui bénéficient des droits de scolarité parmi les plus abordables à travers le monde», a déclaré le jeune homme, debout aux côtés de sa chef, Pauline Marois.
 
L'ancien président de la Fédération étudiante collégiale du Québec a expliqué que «les plus belles idées et les plus belles convictions» n'étaient pas suffisantes, et que la politique était un véhicule adéquat pour passer de la parole aux actes et «faire une différence».
 
«Aujourd'hui, plus que jamais, notre génération peut montrer ce dont elle est capable pour l'ensemble de la population québécoise, pour permettre aux Québécois de redevenir fiers de ce qu'ils sont et de reprendre confiance dans nos institutions démocratiques», a-t-il lancé.
 
À ses côtés et visiblement fière, Mme Marois a évoqué l'aplomb, l'intelligence, le ton modéré et le bon sens de celui qu'elle appelle Léo, sur qui elle a dit compter «pour nous aider à mobiliser la jeunesse québécoise pour qu'elle participe à la prochaine élection, pour qu'elle aille voter».
 
Âgé de seulement 20 ans, M. Bureau-Blouin deviendrait le plus jeune député à siéger à l'Assemblée nationale et ce, avant même d'avoir terminé ses études. Il a fait part de son intention de les poursuivre à temps partiel s'il devait être élu.
 
«Je ne vous cacherai pas que cela n'a pas été un choix facile, a-t-il reconnu. C'est un choix que j'ai dû mûrir, qui s'est fait après maintes consultations, mais j'ai pris cette décision parce que j'ai vraiment l'impression que le Québec en est à la croisée des chemins. J'ai vraiment l'impression qu'avec des jeunes et des milliers de Québécois qui ont un goût de changement, on peut faire une différence. Et je suis vraiment inquiet aussi des impacts de la réélection d'un parti comme le parti libéral.»
 
À ce sujet, Mme Marois a placé l'enjeu principal de la prochaine élection sous le parapluie de l'intégrité: «La tâche la plus urgente que nous avons à accomplir au Québec c'est de changer ce gouvernement libéral usé et corrompu. Moi, ce que je veux offrir aux Québécois, c'est un gouvernement honnête, intègre, une équipe de députés et de ministres intègres.»
 
De son côté, le premier ministre Jean Charest n'a pas tardé à réagir à l'entrée en politique de l'ex-leader étudiant, alors qu'il participait à une annonce culturelle à Québec.
 
«Il y a une nouvelle candidature qui prend une signification particulière, celle de M. Bureau-Blouin, qui vient consommer le mariage entre le PQ et le mouvement étudiant du printemps dernier et tout ce qui s'est passé le printemps dernier.»
 
Pour le premier ministre, l'occasion était belle de chercher à associer le Parti québécois aux débordements du printemps, utilisant le carré rouge comme catalyseur pour définir un choix électoral entre le respect des droits individuels et de l'ordre représentés par le PLQ et le chaos soutenu par le PLQ.
 
«M. Bureau-Blouin, rappelez-vous, a répondu à la question à laquelle Mme Marois a toujours refusé de répondre: “est-ce qu'on peut empêcher un étudiant d'avoir accès à ses salles de classe?” La réponse de M. Bureau-Blouin c'est oui, sans équivoque, de manière absolue, alors que nous, nous croyons que c'est un droit fondamental celui de l'éducation.»
 
Mis de côté pour faire place au candidat «vedette» dans Laval-des-Rapides, Marc Demers, président de l'association locale et ancien policier de Laval, a indiqué avoir lui-même pris la décision de céder la circonscription qu'il devait d'abord représenter.
 
Abandonnant lui aussi le «monsieur» au profit de «Léo», M. Demers a évoqué un parcours «sans faille» de la part du jeune candidat, avant d'ajouter qu'il était «l'une des trois personnes» à qui il aurait bien voulu céder sa place.
 
M. Bureau-Blouin avait confirmé son intention de défendre les couleurs du PQ en publiant une lettre sur les réseaux sociaux en début de soirée mardi.
 
Il y explique s'être demandé, après avoir représenté des milliers de jeunes pour rendre le système d'éducation plus accessible, s'il était désormais temps d'en faire davantage pour que les convictions qu'il a défendues deviennent «de véritables politiques publiques».
 
«J'ai pris la décision de me présenter avec Pauline Marois et son équipe du PQ, car je crois qu'un Québec plus juste, plus vert et plus fort sur la scène internationale est à portée de main», a-t-il écrit hier et répété lors de la conférence de presse d'aujourd'hui.
 
M. Bureau-Blouin se mesurera au député libéral Alain Paquet dans Laval-des-Rapides. Ministre délégué aux Finances, M. Paquet était très présent lors des négociations entre le gouvernement québécois et les leaders étudiants ce printemps.
Léo Bureau-Blouin, avec à ses côtés, visiblement fière, la chef péquiste Pauline Marois. Pauline Marois et Léo Bureau-Blouin Le nouveau candidat du Parti québécois dans Laval-des-Rapides, Léo Bureau-Blouin (photo d'archives).
 
 
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