Pierre Duchesne exige des excuses du PLQ
L’ombudsman de la SRC estime que le candidat péquiste ne s’est pas placé en conflit d’intérêts
« Je n’ai jamais fait l’objet de blâmes. Je trouve qu’il s’agit d’une démarche d’intimidation de la part du Parti libéral qui est très condamnable et j’attends leurs excuses de façon rapide », a affirmé le nouveau politicien, qui déplore la manoeuvre de ses adversaires.
C’est en réponse à une plainte du PLQ que l’ombudsman de Radio-Canada a dit estimer que les éléments qui lui ont été présentés ne sont pas probants. Rien ne démontrerait que Pierre Duchesne ait favorisé le PQ lors de ses reportages et ses analyses politiques parce qu’il aurait prétendument déjà eu, à ce moment, des contacts avec le parti de Pauline Marois pour faire de la politique active.
Le PLQ s’appuyait sur deux articles citant des sources anonymes au sein du PQ. Dans l’un d’eux, on prétendait que des discussions avaient été entamées « en début d’année » entre M. Duchesne et le PQ, et dans l’autre, que le comté de Borduas avait été réservé dès mars dernier à « un candidat vedette de Radio-Canada ». Pierre Duchesne a nié avoir négocié son passage au PQ alors qu’il était journaliste. La direction du Parti québécois soutient avoir entrepris des discussions après la démission de M. Duchesne le 15 juin dernier.
« Je ne vois donc pas comment, sur la foi de ces seuls éléments, je pourrais conclure que le journaliste Pierre Duchesne s’était placé en situation de conflit d’intérêts alors qu’il travaillait encore pour Radio-Canada », écrit l’ombudsman Pierre Tourangeau.
Ce dernier rappelle que « des rumeurs ne sont pas des faits ». « S’il fallait conclure au conflit d’intérêts chaque fois qu’une rumeur circule sur un politicien ou sur un journaliste politique, il n’y aurait plus beaucoup de politiciens dans les parlements ni beaucoup de journalistes pour couvrir la politique », affirme Pierre Tourangeau.
Il souligne toutefois que la situation soulevée est du domaine de la perception et qu’à cet égard, sachant que M. Duchesne a fait le saut en politique avec le PQ, « on peut logiquement conclure qu’il était au moins sympathique aux idées de ce parti lorsqu’il était journaliste ». Mais il ajoute : « Cela n’implique pas qu’il ait exercé ses fonctions avec partialité. »
Le directeur des communications du PLQ, Michel Rochette, s’est borné à faire un bref commentaire : « C’est particulier que l’ombudsman ait choisi de faire des vérifications seulement auprès de Pierre Duchesne et du Parti québécois. On ne pouvait donc pas s’attendre à une autre conclusion », a-t-il constaté.
Pierre Duchesne était correspondant parlementaire depuis 2005. Au fil des ans, l’ombudsman de Radio-Canada a reçu 17 plaintes le concernant, dont la moitié portaient sur des questions d’impartialité. Selon l’ombudsman, c’est relativement peu. « Les journalistes ne sont pas désincarnés. Ils ont des valeurs et des opinions personnelles, comme chaque citoyen. Ils doivent cependant en faire abstraction dans l’exercice de leurs fonctions », écrit M. Tourangeau.
L’ex-journaliste a annoncé officiellement sa candidature le 6 juillet dernier. Il briguera les suffrages dans Borduas, en Montérégie. Aux libéraux qui cherchaient à égratigner son intégrité et son sens de l’éthique, M. Duchesne avait alors répliqué qu’il serait heureux de débattre de la question avec un parti aux prises avec de nombreux scandales.
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Avec La Presse canadienne








