Plan nord - Le Noël de l’électeur
Bien sûr, ce saupoudrage agace quand on sait qu’une de ses vertus est d’engranger des votes, ce que les troupes libérales tentent de faire en séduisant l’électorat des régions, qui ne lui est absolument pas acquis. Fermont mardi, Paspébiac aujourd’hui, le premier ministre profite des beaux jours de juillet pour sillonner le Québec en distribuant sourires et poignées de main. C’est un Noël de l’électeur, le camping en moins.
Mais il faut y voir plus que ça. Si la mairesse de Fermont, Lise Pelletier, soupire d’aise après ce passage du chef du Parti libéral chez elle, c’est d’abord et avant tout parce que les deniers réclamés pour l’ajout d’infrastructures destinées à soutenir une croissance fulgurante de la population devraient réduire le risque que Fermont devienne une ville-dortoir, une perspective que les maires ont en sainte horreur.
Quand Arcelor-Mittal, le principal employeur de la ville de Fermont, a annoncé en mai 2011 l’apport de 2,1 milliards de dollars d’ici 2015 pour augmenter sa production annuelle de concentré de fer, les applaudissements fusèrent. Mais le dévoilement de ce premier projet lié au Plan Nord fut immédiatement suivi de mises en garde venues des municipalités touchées : doubler la population d’une ville à travers un boom minier sans améliorer les routes, les logements, les garderies, le système d’assainissement des eaux, cela risquait d’encourager le phénomène du « fly-in fly-out », en vertu duquel les travailleurs entrent pour mieux repartit sitôt leur quart de travail effectué.
Ces promesses - gouvernementales, malgré leurs allures électorales - vont de pair avec la croissance annoncée par le Plan Nord. Le danger est grand toutefois qu’elles forcent un développement express, dénué de vision stratégique, qui déce- vra au bout de quelques décennies. Voilà un défi de plus pour le Nord…








