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Norman MacMillan tire sa révérence

Le ministre délégué aux Transports confirme son retrait de la vie politique

12 juillet 2012 | La Presse canadienne | Québec
Norman MacMillan a passé 23 ans à l’Assemblée nationale.
Photo : Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Norman MacMillan a passé 23 ans à l’Assemblée nationale.

Après une carrière de politicien d’une longueur exceptionnelle, le ministre délégué aux Transports du Québec, Norman MacMillan, a annoncé hier son retrait de la vie politique.


Élu député lors de l’élection partielle du 29 mai 1989, Norman MacMillan n’a jamais été défait sans son comté.


Le vétéran politicien a confirmé son départ lors d’une conférence de presse tenue à Gatineau, dans sa circonscription de Papineau, en Outaouais. Il est aussi le ministre responsable de cette région.


Âgé de 64 ans, il a déclaré vouloir passer du temps avec sa famille, dans « ses terres », avec notamment ses quatre petits-enfants, faisant taire les rumeurs qu’un problème de santé soit à l’origine de sa décision. En 2007, M. MacMillan a combattu un cancer de la prostate, mais affirme que cela va « très très bien ».


Né à Buckingham, le député libéral bien connu pour son franc-parler dit avoir amorcé sa réflexion il y a déjà quelque temps. Une décision difficile, mais longuement mûrie, a-t-il dit, la voix cassée par l’émotion lorsqu’il remerciait son équipe. « J’ai senti que j’avais besoin de ne pas faire autre chose, d’aller chez nous. » En politique, « il faut savoir quand s’embarquer, et aussi quand quitter », a-t-il lancé en anglais.


Ses 23 ans passés à l’Assemblée nationale ont été précédés de sept années comme conseiller municipal à la Ville de Buckingham (aujourd’hui un district de Gatineau).


Au sein du Parti libéral du Québec, il a aussi été whip en chef, en quelque sorte préfet de discipline du caucus libéral, de 2005 à 2008, ainsi que whip adjoint de 1989 à 2003.


Hier, M. MacMillan a précisé qu’il faisait un trait sur la vie politique active, démentant du même coup des rumeurs qui en faisaient un candidat à la mairie de Gatineau. « La politique, c’est fini », a-t-il affirmé, catégorique.


Il a admis avoir devancé la date de cette annonce, à la demande du parti, vu le déclenchement imminent des élections.


Le politicien a tenu à remercier Jean Charest, un ami, dit-il, et un « homme qui aime le Québec, et les gens qui y habitent ». « Si tous les Québécois pouvaient passer cinq minutes avec Jean Charest, la prochaine élection serait encore plus facile », a-t-il insisté, réitérant un soutien solide à son chef.


« Je pense qu’à la prochaine campagne électorale, on va avoir des surprises », a-t-il poursuivi, un peu énigmatique.


Jean Charest est selon lui « l’homme de la situation », car il est l’homme de l’économie et du Plan Nord.


M. MacMillan espère que les gens se souviendront de lui comme un député qui était présent pour les citoyens et qui leur « donnait du service », mais aussi, comme un homme franc. Une franchise qui a mis à l’occasion le gouvernement dans l’embarras. En Chambre, il avait notamment traité la députée adéquiste Sylvie Roy de « grosse crisse » et avait dû s’excuser. Il avait aussi admis en 2009 qu’il devait amasser, à titre de ministre libéral, 100 000 $ pour la caisse du parti.


Parmi ses réalisations, il souligne le parachèvement de l’autoroute 50, longtemps promis aux gens de la région de l’Outaouais. Il en cite d’autres, notamment les travaux d’agrandissement ou de réaménagement dans les urgences des différents centres de santé, le centre d’oncologie de Gatineau et l’aréna Guertin.


Avant de tirer sa révérence, le ministre a esquissé un portrait de la dynamique à l’Assemblée nationale. Il a qualifié ses adversaires politiques d’opportunistes, qui manquent de respect envers leurs collègues. « C’était très très difficile, parce qu’on disait n’importe quoi à l’Assemblée nationale. […] Puis c’est juste des ouï-dire. On dit n’importe quoi. Après ça, t’es obligé de te défendre, mais une fois que la perception est partie dans le monde, ça te joue un maudit tour », a-t-il commenté avec une certaine amertume.


Le prochain candidat libéral dans Papineau serait déjà choisi. Le nom d’Alexandre Iraca, le président de la Commission scolaire au Coeur-des-Vallées, circule, mais le ministre a refusé de le confirmer hier.


 
 
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