Lettre - Journalistes robots?
Le brouhaha derrière le départ de Pierre Duchesne, un journaliste de Radio-Canada, vers le PQ, laisse entendre que la population préférerait des journalistes robots. Un être humain a le désavantage de pouvoir observer, réfléchir et constater des situations problématiques. Un robot pourrait simplement résumer la cassette de chaque parti politique et la diffuser à tour de rôle. Pas de danger qu’il ait sa propre opinion sur les débats de l’heure. Pas de danger qu’il ait un sentiment de fierté pour sa contrée, qu’il méprise le système fédéral et qu’il souhaite vivre dans un Québec autonome.
Le second désavantage de l’être humain est qu’une fois ces éléments assimilés, il est en mesure de prendre une décision. C’est ce qu’on reproche à Pierre Duchesne. On voudrait qu’il passe un purgatoire d’une année avant de se lancer en politique. Mais qui va lui donner un salaire pendant ce temps? Et on va sans doute lui mettre un bâillon sur la bouche en plus? Quelle loi oblige à tabletter un journaliste? Ça pourrait être son contrat de travail, mais il ne semble pas que ce soit le cas. On parle d’éthique, mais l’éthique s’adresse à une personne en fonction, pas à un démissionnaire. Et si on veut des règles transitoires, il s’agit de les réglementer et surtout d’y attacher des compensations financières.
On se plaint qu’on manque de personnes compétentes en politique. Il ne faut surtout pas décourager des observateurs privilégiés de la scène politique de sauter eux-mêmes dans l’arène lorsqu’ils sont mûrs.








