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Commission Charbonneau - L’ACQ veut redorer l’image de l’industrie

6 juillet 2012 | Kathleen Lévesque | Québec
L’Association de la construction du Québec (ACQ) se désole qu’une majorité d’entrepreneurs en construction soit traînée dans la boue à cause d’une poignée d’hommes d’affaires peu scrupuleux. Son président, Jean Pouliot, fonde donc beaucoup d’espoir en la commission Charbonneau pour redresser la situation.

« Nous représentons 55 % de l’industrie. C’est assez que l’ensemble de nos membres passe pour des bandits quand il y a une infime partie des entrepreneurs qui salissent la réputation de tout le monde », a lancé M. Pouliot au Devoir à la fin des audiences publiques de la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction.


L’ACQ, qui est une association patronale du secteur de la construction institutionnelle, commerciale et industrielle, a obtenu le statut de participant à la commission. Elle entend bien se montrer vigilante quant à l’image de l’industrie de la construction. « On est en mode solution », assure M. Pouliot.


Selon lui, l’ancien directeur de l’Unité anticollusion du ministère des Transports (MTQ), Jacques Duchesneau, a fort bien décrit la problématique en soulignant que peu de monde tire les ficelles d’un système de corruption et de collusion. « J’espère que la commission Charbonneau amènera à la barre les gens [identifiés par M. Duchesneau] pour qu’on n’en reste pas à des suppositions. Il faut qu’on aille au fond du problème », croit Jean Pouliot.


À l’ACQ, on estime que la précipitation des projets, trop souvent mal ficelés, contribue grandement à donner une impression laxisme dans l’industrie. Des plans et devis qui manquent de finition et des documents de soumission qui ne sont pas uniformes. « C’est certain qu’il y a raison de s’inquiéter », affirme M. Pouliot. « On met vite les projets en marche. Les clients n’ont pas évalué leurs besoins comme il le faut. […] Les professionnels n’ont pas le temps non plus. Il faut que cela aille vite pour préparer les documents », explique le président de l’ACQ.

 

Condamner l’extra


Dans ce contexte, il n’est pas rare, selon ce dernier, qu’il y ait des extras, c’est-à-dire des coûts supplémentaires pour les contrats publics. « Il ne faut pas condamner l’entrepreneur qui commande un extra. Les projets sont lancés avec des documents de soumission incomplets. Quand on n’a pas prévu une toilette et que c’est nécessaire, ce n’est pas un extra superflu », souligne-t-il.


M. Pouliot rappelle que la commission Charbonneau aura à faire des recommandations à la fin de ses travaux. L’ACQ plaide déjà pour que les documents contractuels soient semblables d’un ministère à l’autre. De plus, Jean Pouliot considère que le volume d’investissements du gouvernement dans les infrastructures est beaucoup trop grand pour la capacité des donneurs d’ouvrage publics de gérer les projets. « Il faut ramener l’expertise chez les donneurs d’ouvrage », croit M. Pouliot.


À cet égard, le MTQ a déjà amorcé un virage. Il prévoit l’embauche de 1000 nouveaux ingénieurs et techniciens au cours des cinq prochaines années.

 
 
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