Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?
Abonnez-vous!
Publicité

Mouvement étudiant: le défi électoral

6 juillet 2012 | Jean Baillargeon - Ex-leader étudiant | Québec
Après sa défaite face à l’opinion publique, le mouvement étudiant perdra-t-il la guerre électorale ? La question se pose. Le dernier sondage Léger Marketing du 16 juin dernier est impitoyable quant à la perception du mouvement étudiant. On ne peut contester le fait qu’il s’agisse là d’une grande déconvenue, malgré la bonne prestation de ses leaders, littéralement devenus des rock-stars des médias.

En effet, comme le révèle le coup de sonde, 56 % des répondants sont favorables à la position du gouvernement, contre 35 % qui sont plutôt favorables à la position des étudiants. Avec un écart de 21 % en faveur de la volonté gouvernementale d’augmenter les droits de scolarité de 254 $ par année pendant les sept prochaines années, pour une augmentation totale de 1780 $, le mouvement étudiant a sombré dans le piège de l’anarcho-spontanéisme (la maladie infantile du mouvement étudiant), de l’éternelle victoire d’estime, ce qui, pour les étudiants, représente un net recul économique et social.


Faut-il s’étonner alors, dans un contexte préélectoral, que le mouvement étudiant devienne, sans s’en rendre compte et contre toute attente, le principal allié du gouvernement en place afin que ce dernier se fasse réélire lors de la prochaine élection? Qui l’eût cru ? Les astres semblent s’aligner, comme par hasard, pour que le déclenchement de l’élection coïncide avec le début de la prochaine session de rattrapage au collégial prévue le 11 août prochain dans les 14 cégeps encore en grève.


La loi 78 étant encore en vigueur, et interdisant toute manifestation ou piquet de grève empêchant le bon déroulement de la rentrée de la session de rattrapage, le gouvernement du Québec ne peut qu’espérer que le mouvement étudiant dresse des piquets étanches devant les entrées de collèges, ce qui ravivera le climat de confrontation et de désordre. Dans un tel scénario, avec des élections déclenchées vers la mi-août ou peut-être même plus tôt, les libéraux de Jean Charest peuvent espérer remporter un quatrième mandat sur le thème de la loi et du bon ordre.


Les leaders étudiants auront-ils la lucidité de ne pas tomber dans le piège de la confrontation et du radicalisme au mois d’août prochain ? Sachant qu’une telle stratégie, hautement perdante, ne réussirait finalement qu’à faire réélire un gouvernement qui a déjà gagné la bataille de l’opinion publique concernant la hausse des droits de scolarité ?


Les positions soutenues du mouvement étudiant et un certain radicalisme ont permis aux autorités de gagner une certaine sympathie aux yeux d’une majorité de citoyens, et ce, malgré l’usure du pouvoir et le climat de corruption ambiant. Les stratèges étudiants échoueront-ils aussi dans la joute électorale qui se profile cet été ? Si le scénario du «printemps érable» se répète, le parti au pouvoir n’a pas fini de se frotter les mains par rapport à ce qui pourrait rester, dans les annales, la plus grande défaite du mouvement étudiant québécois.

***

Jean Baillargeon - Ex-leader étudiant

 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer
Publicité
Articles les plus : Commentés|Aimés
Blogues
Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel