Relance de la mine Jeffrey: Jean Charest se défend d’agir par électoralisme
Ce dossier traînait en longueur depuis plus de deux ans, les investisseurs privés peinant à compléter le montage financier de 25 millions conditionnel à l’aide gouvernementale.
Mais vendredi, le député libéral de Richmond, Yvon Vallières, a annoncé que le gouvernement du Québec accordait finalement un prêt pour la relance de Mine Jeffrey, située à Asbestos, une ville de sa circonscription.
Cette décision a été critiquée, notamment parce que l’amiante, un produit cancérigène, sera exporté dans des pays en développement comme l’Inde, où les conditions d’utilisation ne sont pas toujours optimales pour la santé des travailleurs.
Lors d’un point de presse hier, M. Charest a affirmé que la décision d’accorder un prêt à l’entreprise n’avait rien à voir avec la possibilité d’élections générales à la fin de l’été. Le premier ministre a répété que le Québec est convaincu de la possibilité d’utiliser l’amiante chrysotile de manière sécuritaire. « La position du gouvernement du Québec, c’est une position qui a transcendé les partis politiques et les gouvernements [sur] l’utilisation sécuritaire du chrysotile, a-t-il dit. Donc, c’est une position qui reflète nos convictions sur l’utilisation sécuritaire du chrysotile. »
M. Charest a notamment fait référence aux conditions de l’octroi de ce prêt, dont à celle qui prévoit une vérification par une firme indépendante de l’utilisation sécuritaire de l’amiante chez les clients de Mine Jeffrey.
Le député de Québec solidaire, Amir Khadir, avait déploré la semaine dernière la décision du gouvernement, qu’il avait qualifiée « d’opportunisme électoral ».
M. Khadir proposait plutôt que le gouvernement finance une diversification économique de la région. La question de l’utilisation de l’amiante est un dossier délicat pour les partis politiques dans la région d’Asbestos et de Thetford Mines, où se trouvent les derniers gisements d’amiante au Québec.
En avril dernier, durant la dernière campagne électorale fédérale, l’ex-chef bloquiste Gilles Duceppe avait été la cible de critiques de la part des conservateurs après avoir déclaré qu’il fallait un débat sur l’utilisation de l’amiante.
M. Duceppe avait par la suite dû rectifier le tir en réaffirmant qu’il croyait à l’utilisation sécuritaire de l’amiante.
Aux dernières élections, le Bloc québécois a réussi à préserver la circonscription fédérale de Richmond-Arthabaska, où se trouve Mine Jeffrey.
Au provincial, la circonscription de Richmond est libérale.
Plus tôt cette année, le Parti québécois avait exprimé des doutes quant à la possibilité d’utiliser l’amiante de façon sécuritaire, même au Québec.
M. Charest a soutenu hier que le PQ avait une position contradictoire dans ce dossier, soulignant que le député péquiste Étienne-Alexis Boucher, qui représente Johnson, une circonscription voisine de celle de Richmond, avait exprimé son appui à la relance. « Encore une fois, au PQ, on essaie d’avoir le beurre et l’argent du beurre en même temps », a-t-il dit.
Malgré une demande de La Presse canadienne, le PQ n’a pas été en mesure de commenter les affirmations de M. Charest.
Le député fédéral Christian Paradis n’a pas voulu commenter le prêt consenti par Québec pour la relance de Mine Jeffrey. Précisant d’emblée que la mine « n’est pas dans [son] comté », l’élu représentant la circonscription de Mégantic-L’Érable a « souhaité bon succès à la communauté concernée ».
Devant les critiques formulées à l’égard de l’exploitation de l’amiante, M. Paradis a souligné que « la compagnie s’est engagée à signer une convention avec ses clients pour s’assurer qu’il y a une utilisation sécuritaire ». « Notre position est toujours la même. Nous croyons que la substance peut être utilisée de manière sécuritaire », a spécifié le ministre conservateur.
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Avec Le Devoir








