Québec tend la main aux Atikamekws

Québec — Le gouvernement du Québec mène la politique de la main tendue à l’endroit des représentants des Atikamekws.

Depuis le 25 juin, les Atikamekws d’Opitciwan et de Wemotaci, en Haute-Mauricie, bloquent les activités forestières de la compagnie Kruger. Ils empêchent les camions transportant du bois de sortir de leur territoire.


Les Atikamekws exigent entre autres l’établissement d’une formule de cogestion du territoire et la mise en place de mécanismes de redevances sur l’exploitation des ressources naturelles.


Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, a rencontré hier, à Québec, les représentants autochtones. L’offre présentée par le gouvernement libéral est de créer une table Québec-Atikamekws sur des enjeux complexes et à long terme, selon le premier ministre.


Jean Charest espère négocier de « nation à nation », et cette volonté correspond à ce que demandaient les chefs autochtones, qui réclamaient des engagements du gouvernement québécois en ce sens. « C’est une main tendue que nous leur offrons, afin de travailler ensemble », a mentionné hier le premier ministre, à Québec.


Le tout est cependant un dossier « complexe », qui se réglera « à long terme », a précisé M. Charest.


L’émissaire Jimmy Neashit, nommé vendredi par les chefs atikamekws dans le but de trouver des voies de solution à la crise actuelle en Haute-Mauricie, a participé aux échanges, accompagné de deux représentants atikamekws qui l’appuient dans son mandat d’explorer la mise en place d’un cadre de négociation.


Ces autochtones déplorent cependant l’absence du premier ministre Charest aux pourparlers.


La semaine dernière, les Atikamekws ont accepté de lever le blocus sur la voie ferrée du CN en échange d’une reconnaissance par la compagnie ferroviaire de la légitimité de leurs demandes à l’égard du gouvernement et des entreprises oeuvrant en foresterie.

  • Gaston Carmichael - Inscrit 4 juillet 2012 08 h 46

    Comment décoder la parlure de notre PM

    "Le tout est cependant un dossier « complexe », qui se réglera « à long terme », a précisé M. Charest."

    Voilà la phrase clé qui résume bien la stratégie de négociation du gouvernement Charest.

    Lorsque le dernier arbre aura été récolté, je vois très bien M. Charest se pointer à la table de négociation, et de dire "De quoi parlions-nous, déjà?"

  • - Inscrit 4 juillet 2012 12 h 05

    Long terme...

    Il est bien tard pour tendre la main mais mieux vaut tard que jamais dit le dicton. Ça fait au moins 30 ans que les Atikamekws essaient de négocier avec les gouvernements mais ça tourne en rond et pendant ce temps là, les gouvernements désobéissent au droit national et international en ne consultant pas les Atikamekws quand il s'agit d'exploiter les forêts du territoire qu'ils revendiquent. Si on n'a pas déjà dépassé le « long terme »...

    Ça fait au moins une décennie que la cour suprême du Canada a reconnu le droit des peuples autochtones du Canada d'être consultés et « accommodés » quand il s'agit d'exploiter leur territoire si cette exploitation peut avoir un impact sur leurs droits. Mais les gouvernements ont choisi de l'ignorer et pour eux c'est « business as usual ». Or, plus le temps passe, plus ces territoires sont exploités et les ressources extraites sans que les populations autochtones en bénéficient comme peuples.

    Donc, malheureusement, cette main tendue est probablement une main hypocrite, manipulatrice, qui ne cherche qu'à noyer le poisson. C'est triste mais si le passé est garant de l'avenir, c'est la réalité et les Atikamekws le savent. C'est rendu au point où certains peuples autochtones du Canada doivent aller devant les instances internationales (la Commission inter-américaine des droits de l'Homme) pour faire valoir leurs droits vu que cela semble extrêmement difficile, voire impossible, au Canada, selon ce que cette commission a dit récemment dans l'affaire HTG c. Canada.

    Mais espérons tout de même et je salue nos frères et soeurs atikamekws et leur souhaite tout le succès possible dans leurs négociations pour faire respecter leurs droits fondamentaux.