Politique - Pour l’union des forces progressistes
Or, les principaux dirigeants des formations politiques concernées semblent assez rétifs à cette idée d’union, du moins pour le moment. Pourtant, si les programmes partisans comportent des différences non négligeables, ils traduisent aussi de nombreuses orientations convergentes sur les questions économiques, sociales, culturelles et linguistiques, sans oublier la question nationale.
On pourrait d’ailleurs soutenir qu’aller au combat en ordre dispersé aurait des conséquences désastreuses, pour le Québec certes, mais aussi, dans une certaine mesure, pour chacun des partis concernés. Évoquons, sans nous y attarder, le scénario catastrophe d’une victoire majoritaire du PLQ sur le thème de la loi et l’ordre. Si cette hypothèse n’est pas à exclure totalement, celle d’un gouvernement libéral minoritaire l’est encore moins, et ce dernier pourrait sans doute bénéficier de l’appui circonstanciel de la CAQ.
Naguère, sur la scène fédérale, le Bloc québécois a pu envisager de soutenir un éventuel gouvernement formé par les libéraux (!) et le NPD, moyennant évidemment plusieurs concessions et engagements de la part de ceux-ci. On voit mal comment, sur la scène québécoise, l’idée d’une union ou d’une coalition ne pourrait se concrétiser entre les forces à la fois souverainistes et progressistes. Une union dont la forme, l’étendue et la durée seraient discutées et négociées dans un esprit d’ouverture.
Système modifié
Il est clair que ni la culture politique ni le système électoral actuels ne favorisent une telle approche qui pourtant correspondrait, selon nous, à l’intérêt national et à celui de chacun des partis concernés. Prenons les deux petits partis de cette éventuelle union : Québec solidaire et Option nationale. Ces deux formations sont condamnées à une certaine marginalité et à une impuissance relative dans le système électoral actuel, majoritaire à un tour.
Dans un système modifié, qui accorderait une place significative au vote proportionnel, ces deux partis verraient fort probablement leur poids parlementaire s’accroître, et ils seraient appelés tôt ou tard à participer plus activement à l’exercice du pouvoir, bref à des coalitions et aux compromis que cela implique. Pourquoi attendre davantage ?
En ce qui concerne le PQ, s’il remportait les élections, et même s’il formait un gouvernement majoritaire, ce serait selon toute probabilité par une courte marge. Cette victoire à la Pyrrhus résulterait pour une part non négligeable d’un vote stratégique, bien plus que d’une adhésion convaincue au Parti. Gouvernement fragile par conséquent, et peu porté aux réformes et remises en question, quel qu’en soit par ailleurs le programme. Or une union, sous quelque forme que ce soit, pourrait faire pencher la balance dans plusieurs circonscriptions, pour autant que l’accord soit conçu et exécuté de bonne foi, avec le souci de l’intérêt commun et général. Un engagement clair sur la réforme du système électoral serait probablement une condition préalable à toute union. Soit dit en passant, cela permettrait aussi à mon vote personnel d’avoir une certaine portée dans ma circonscription dite orpheline…
L’aversion que suscitent, chez beaucoup de concitoyens, les accointances, comportements et politiques de l’actuel gouvernement et de son chef pourrait, dans le contexte d’une union, faire place à un sentiment beaucoup plus positif et à un regain d’enthousiasme, lesquels font cruellement défaut dans le contexte actuel. Chers amis progressistes, c’est à vous de jouer.








