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    Conflit étudiant - Quatre en quatre

    Les 22 se suivent et ont des airs de famille. La rue s’est remplie de quelques dizaines de milliers de manifestants hier à Montréal et à Québec, premier rendez-vous estival destiné à rappeler aux autorités endormies qu’une grève étudiante leur pèse toujours sur les bras et que l’insatisfaction d’un peuple gronde.


    Quatrième mise en scène du 22, après celles de mars, d’avril et de mai, celle de juin aura réuni moins d’adeptes, mais cet essoufflement était attendu, début d’été oblige. Malgré le nombre réduit, les ingrédients habituels étaient réunis : ambiance festive, marche pacifique, discours enflammés dirigés contre la politique marchande liée à l’éducation et à l’aberration de la loi 78, chant des casseroles.
     
    Pendant que de la rue on faisait ce bénéfique rappel d’un conflit toujours gangrené, le ministre des Finances, Raymond Bachand, avait lui aussi un refrain à reprendre : celui de l’incapacité pour son gouvernement de reprendre les pourparlers abruptement interrompus à la veille du 1er juin, tant et aussi longtemps que les étudiants n’auront pas adouci leurs positions. Sur un air connu, M. Bachand s’est plu à diaboliser la CLASSE, en faisant l’empêcheur de tourner en rond.
     
    Hélas ! Cette (exaspérante !) stratégie de diabolisation du groupe étudiant représentant désormais le plus grand nombre de grévistes n’est pas digne du gouvernement, qui devrait retrouver à la faveur de l’été la hauteur qui s’impose pour au moins traiter ses interlocuteurs avec le respect qui s’impose. Cela a cruellement manqué au cours du printemps.
     
    Quels seront les effets de l’été sur le spectaculaire crescendo printanier ? Les troupes étudiantes peaufineront un agenda de fin d’été destiné à occuper une éventuelle scène électorale de rentrée. Pour contrer l’exaspération ambiante autour d’un conflit non réglé, ils devront trouver des manières originales de ne pas se faire oublier sans sombrer dans ces excès qui pourraient parfaitement nourrir les messages antiviolence et proresponsabilité des libéraux, au grand plaisir des électeurs.
     
    Le ralliement des troupes dispersées constituera un défi de taille pour les étudiants, dont les premiers votes de « grève » doivent se tenir début août, en pleines vacances !

    Mais l’écueil le plus grand demeure l’atterrissage raté d’un envol aussi spectaculaire, dans lequel des centaines de milliers de citoyens ont misé leurs espoirs. Le réveil social dont plusieurs se félicitent, à la veille d’une Fête nationale, pourrait être brutal si d’aventure la ferveur s’éteignait, laissant en plan des citoyens et leur rêve d’un nouveau départ.












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