Portrait des entreprises dans la mire de l’UAC

L’empire de Tony Accurso est à la tête d’une multitude d’entreprises.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’empire de Tony Accurso est à la tête d’une multitude d’entreprises.

La commission Charbonneau a rendu publics hier les sept diagrammes concernant des entreprises qui ont été dans la mire de l’Unité anticollusion (UAC) du ministère des Transports (MTQ).

L’ancien directeur de l’UAC, Jacques Duchesneau, avait déposé ces organigrammes qui ont été utilisés par son équipe d’enquête. La juge France Charbonneau les avait alors mis sous scellé. Sept groupes d’entreprises ont fait l’objet d’une attention particulière de l’UAC.

  • Il s’agit de l’empire de Tony Accurso qui est à la tête d’une multitude d’entreprises. Le diagramme prend d’ailleurs l’allure d’une toile d’araignée aux proportions gigantesques. Cet entrepreneur controversé a fait plusieurs fois les manchettes notamment lorsque deux de ses entreprises, Louisbourg et Simard-Beaudry, ont été reconnues coupables de fraude fiscale en décembre 2010. Elles avaient éludé 4,1 millions d’impôt fédéral.


Consultez l'organigramme de Tony Accurso et ses compagnies en vigueur (2011)




  • Les entreprises Neilson et EBC sont présentées dans un seul et même diagramme à cause de certains liens commerciaux. Neilson a été sous les feux de la rampe lors de la commission d’enquête Bastarache alors que le collecteur de fonds libéral, Franco Fava (dont la famille dirige Neilson), a révélé son rôle d’influence dans la nomination des juges.



Consultez l'organigramme de NIELSON – EBC – Famille FAVA





  • Garnier Construction est dirigée par Joe Borsellino (à ne pas confondre avec son homonyme du Groupe Pétra). M. Borsellino est un ami intime de l’ancien député libéral accusé de fraude Tony Tomassi. M. Borsellino a été passé à tabac au cours de l’été 2009. Il n’a pas porté plainte contre ses agresseurs.

Consultez l'organigramme de Garnier Construction




  • Catania est sous les projecteurs depuis le scandale politico-immobilier du Faubourg Contrecoeur. Son président Paolo Catania et son vice-président André Fortin font face à des accusations de fraude dans ce dossier qui a été mené par la Société d’habitation et de développement de Montréal. Ils ont été arrêtés par l’escouade Marteau le mois dernier et comparaîtront en cour le 13 juillet prochain. Le père de Paolo, Frank Catania, a été filmé par la GRC dans le cadre de l’opération Colisée, aux côtés du chef mafieux Nick Rizzuto qui cachait des billets de banque dans ses chaussettes.


Consultez l'organigramme des entreprises Catania





  • Catcan n’est pas la même entreprise que Catania mais les dirigeants seraient des personnes apparentées. Catcan est un gros joueur dans l’industrie de la construction, notamment à Montréal.



Consultez l'organigramme des entreprises CATCAN





  • Doncar a été identifée par Jacques Duchesneau lors de son témoignage concernant un dossier troublant impliquant une municipalité du nord de Montréal. Doncar a été disqualifiée dans un appel d’offres mais a néanmoins exécuté les travaux à titre de sous-traitant.


Consultez l'organigramme du Groupe Doncar




  • Famille Bibeau. Marc Bibeau est l’une des têtes dirigeantes de l’entreprise Shockbéton qui est connue pour avoir participé à la construction du stade olympique. Le conseiller municipal de Laval et membre du comité exécutif aux côtés de Gilles Vaillancourt, Benoît Fradet, est vice-président de Shockbéton. M. Bibeau est également très actif au Parti libéral du Québec à titre d’organisateur politique et de responsable du financement. Il est un ami personnel de Jean Charest.

Consultez l'organigramme de la Famille Bibeau et cie associées






Pour consulter les autres documents déposés devant la Commission, cliquez ici.





6 commentaires
  • Pierre Schneider - Abonné 21 juin 2012 06 h 45

    Que du vent ?

    Et on apprenait justement hier qu'Hydro Québec venait d'accorder plus de 50 millions de dollars de travaux à Louisbourg, de Tony Accurso, pour des travaux à être exécutés à la Romaine et ce, malgré les récentes condamnations de ladite entreprise.
    Hydro, d'Accurso: même combat ??? Je somme notre société d'État de répondre de ces actes aux odeurs fétides.

  • Richard Nault - Inscrit 21 juin 2012 08 h 17

    Il faut que ça change!

    Qui peut encore croire au libre jeu de la concurrence? IL faut être bien naïf de croire que le libre échange, la privatisation, la déréglementation et l'Etat minimal produireront une société plus juste et un environnement plus sain. Vivre en société, c'est assumer certaintes contraintes à notre liberté par des normes, des règles, des lois pour le bénéfice de tous sans exception. IL y en aura toujours qui profiteront de la confiance généralisée dans nos interactions pour tricher, voler, mentir en ne respectant qu'une seule loi, celle de l'omerta. Le Québec est à la croisée des chemins sur le plan historique. Avec tout ce qui s'en vient avec le libre échange mondiale et plus particulièrement européen, la loi mammouth des Conservateurs et le Plan Nord des Libéraux, on a vraiment intérêt à faire un gros ménage dans nos institutions démocratiques et protéger adéquatement la bergerie contre les loups déguisés. Sans quoi, la distinction entre la gauche et la droite, entre souverainiste et fédéraliste n'a aucun sens. Ce faire voler par un souverainiste de gauche ou un néolibéraliste de droite ou vice versa, c'est quand même se faire voler! Je crois que le carré rouge, les casseroles, le mouvement Occupyet environnemental et autres, manifestent ce cri du coeur d'un changement profond avant qu'il ne soit trop tard! Si vous croyez en la fatalité, alors oublier mon commentaire...

  • Marjolaine Gaudreault - Abonnée 21 juin 2012 09 h 01

    Difficile de sortir de ces toiles d'araignées

    À la vue de toutes ces toiles d'araignées gigantesques, je me demande bien comment nous allons faire pour sortir de ce marasme. Cela signifie que notre province est complètement gangrenée et cela depuis plusieurs décennies. La revue McClean avait bien raison de dire que notre province était complètement corrompue.
    Je félicicite m. Duchesneau et ses accolites pour leur courageuse démonstration et graphiques explicatifs; je crois sincèrement que c'est une mine d'or pour la commission, mais comment fera-t-elle pour amener les policiers à faire cesser tout ce cirque indescent? Nous n'avons pas suffisamment de policiers et de prisons pour s'occuper de tous ces dirigeants d'entreprises. Il ne faut pas être naïf, tous ceux qui ont marché dans le système en ont bien profité.

  • Raynald Adams - Inscrit 21 juin 2012 09 h 55

    Un nom qui revient

    Il y a un dénommé François Houle dans l'organigramme des entreprises de Tony Accurso et un autre dans celui des entreprises de Marc Bibeau. Est-ce le même? Et y a-t-il un lien à faire entre ce François Houle et celui qui a été congédié de son poste de directeur des communications de la CSST?

  • Frédéric Jeanbart - Abonné 21 juin 2012 10 h 20

    Viva la democrazia..

    Très impressionnant. J'adore les organigrammes et graphes en tous genre, c'est de l'art et de telles arborescences méritent des parcours k-aires...

    Sans blague, il n'est pas étonnant que les milliers de travailleurs greffés autour de ces branches viennent aussi fausser la démocratie de leur vote, par corruption interposée. Nous savons combien ces entreprises exercent leur influence auprès de leurs employés, de haut en bas, le "suivi" politique (le vote) étant vital pour les magouilles.