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Bulletin de l’opposition

21 juin 2012 | Michel David | Québec
Véronique Hivon (Joliette) paraissait fragile au départ, mais elle est devenue une redoutable parlementaire. Le contraste entre son ingénuité et la mauvaise foi du ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, est parfois saisissant. Elle a été l’initiatrice de la commission « Mourir dans la dignité ». A

La députée de Vachon, Martine Ouellet, critique intraitable du Plan Nord, est devenue la bête noire des ministres libéraux en commission parlementaire. Raymond Bachand et Clément Gignac, dont elle a bloqué les projets de loi, ont goûté à sa médecine. A


Même muté aux Transports, Nicolas Girard (Gouin) a réactivé le « scandale des garderies ». Il était choquant d’apprendre que des permis ont été accordés à des entrepreneurs spécialisés dans l’abattage de bovins qui ont contribué de 174 000 $ à la caisse libérale. B


Bertrand St-Arnaud a fait vivre un enfer à Michelle Courchesne après la publication du rapport du vérificateur général sur le Fonds de développement du sport, mais son indignation perpétuelle est trop prévisible. B


La sortie de Bernard Drainville (Marie-Victorin) sur l’éventuelle disparition du PQ a été mal accueillie, mais il a réussi à imposer le référendum d’initiative populaire à Pauline Marois. Il n’a fait qu’une bouchée du ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes, Yvon Vallières. Il a tendance à trop en mettre, mais la nomenclature des avantages de la souveraineté dont il a mitraillé le ministre Alain Paquet était une pièce d’anthologie. B


***


Stéphane Bédard (Chicoutimi) a bien embarrassé le gouvernement en exhibant un extrait du PowerPoint présenté à huis clos par le premier ministre Charest, qui expliquait comment il comptait exploiter la « rue » lors de la prochaine campagne électorale. B-


Les « purs et durs » de l’ADQ ont reproché à Gérard Deltell (Chauveau) d’avoir vendu l’âme de leur parti, mais l’ADN de l’ADQ demeure bien présente dans la CAQ. Sans doute trop au goût de François Legault, qui a renoncé à utiliser la disposition de dérogation pour éliminer les écoles passerelles. M. Deltell a fini par obtenir un bout de son « autoroute de la Bravoure ». B-


Marie Malavoy (Taillon) a tenté inlassablement de ramener le gouvernement aux véritables enjeux du conflit étudiant, mais elle n’a pu contrer l’impression d’un certain flou dans les positions péquistes. B-


Même si la CAQ a pâti de son appui au gouvernement, les amendements négociés par Éric Caire (La Peltrie) ont rendu la loi 78 un peu moins indigeste. B-


Le congrès de fondation d’Option nationale a été une réussite. Au-delà d’un succès d’estime, les élections partielles dans Argenteuil et Lafontaine ont cependant permis à Jean-Martin Aussant (Nicolet-Yamaska) de mesurer l’ampleur du défi. B-


***


Amir Khadir (Mercier) est le député le plus médiatisé, mais son parti ne semble pas en profiter. Adulé de la gauche et d’une partie de la jeunesse, son radicalisme a déplu à l’électorat plus modéré, comme l’indique le baromètre de Léger Marketing. Son rapport sur le « financement sectoriel » des partis politiques était une contribution utile, mais c’est surtout son arrestation et celle de sa fille qui ont retenu l’attention. C


S’il voulait retourner au PQ, Pierre Curzi (Borduas) aurait dû avoir l’humilité de se plier aux conditions de Pauline Marois. Au moins, Louise Beaudoin n’a rien demandé. Mme Marois a rejeté catégoriquement son appel à l’unité des souverainistes. C-


Pour se faire pardonner sa tiédeur envers sa chef, Stéphane Bergeron (Verchères) lui a adressé une lettre d’une flagornerie gênante. Sa mutation de la Sécurité publique aux Affaires municipales avait des allures de rétrogradation. C-


Les bons économistes ne font pas nécessairement de bons politiciens. Nicolas Marceau (Rousseau) est au PQ ce que Clément Gignac est au PLQ. Tout ce qu’il dit est aussitôt oublié. Raymond Bachand doit se féliciter tous les jours que François Legault ait quitté le PQ. D


Le nom de François Rebello (La Prairie) est devenu synonyme d’opportunisme en politique. Il a gravement nui à la CAQ en la présentant comme l’antichambre de la souveraineté. Sa carrière risque de connaître une fin abrupte. E


 

P.-S. : Cette chronique fera relâche au cours des prochaines semaines. Bon été à tous.

 
 
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