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70 % d’argent sale pour faire des élections

Le DGE et la classe politique en état de choc après les révélations de Jacques Duchesneau

20 juin 2012 | Antoine Robitaille | Québec
L’affirmation de Jacques Duchesneau selon laquelle 70 % de l’argent consacré aux partis provinciaux ne serait pas issu de dons officiels enregistrés a mis la classe politique en état de choc hier.

« À l’oeil, ça a l’air extrêmement gros », a commenté Denis Dion, porte-parole du Directeur général des élections. Avec un mélange de scepticisme et d’agacement, M. Dion a ajouté : « Quand on entend des affaires de même, ça fait pas notre affaire. […] On trouve ça très étonnant. C’est inquiétant que ce genre de chiffre là circule. Il faudra que des faits nous démontrent que ce chiffre-là est exact. »


Selon le résumé des rapports financiers des partis politiques québécois et municipaux rendu public hier, ceux-ci ont reçu 7 515 482 $ en contributions en 2011. Le chiffre de 70 % signifie que 5,26 millions leur seraient remis en parallèle. Le DGE et M. Duchesneau échangent régulièrement depuis la comparution de ce dernier en commission parlementaire fin septembre. L’ancien policier avait confié au DGE Jacques Drouin qu’il continuerait à rencontrer des informateurs et leur demanderait de prendre contact avec les enquêteurs du DGE. Or, conclut-on au DGE, M. Duchesneau a préféré produire un deuxième tome de son rapport et ne l’a pas expédié au DGE, préférant le livrer « en primeur » à la commission Charbonneau.


Parti libéral


Au Parti libéral, on a refusé de commenter le témoignage de l’ancien patron de l’Unité anticollusion (UAC). « On respecte les règles et on fait tout pour les respecter », a toutefois protesté le directeur des communications Michel Rochette. Le DGE a selon lui « tous les pouvoirs » nécessaires pour « faire respecter la loi » ; même qu’il a « plus de pouvoirs qu’avant ». M. Rochette s’est dit persuadé qu’« à la lumière de tous les témoignages, la juge et son équipe vont pouvoir faire la part des choses ».


Du Brésil, Jean Charest a réagi en précisant qu’il n’avait pas pris connaissance des derniers témoignages. Sans mentionner M. Duchesneau, il a promis qu’il apporterait « avec beaucoup de détermination » les correctifs nécessaires au terme de la Commission.


Au Parti québécois, le directeur général Sylvain Tanguay a lancé un « je ne vois pas comment ça pourrait marcher comme cela ». Selon lui, le financement au PQ se fait à coups de 10 et de 20 dollars, principalement par les « réseaux d’amis et de famille ». En 2006, le rapport Moisan — sur les contributions illégales de Jean Brault au PQ et au PLQ — avait conclu que le PQ avait à son emploi une experte en financement comme Ginette Boivin, qui donnait des cours pour contourner la loi électorale. M. Tanguay a soutenu qu’il n’était pas là à l’époque et que le PQ avait payé son dû. « Aujourd’hui, le parti est totalement ailleurs », a-t-il soutenu.


Pour Québec solidaire, l’affirmation de M. Duchesneau « pose ultimement la question de la légalité ou, à tout le moins, de la légitimité de la dernière élection ». QS a analysé des données sur le financement sectoriel et soutient que « le financement illégal a représenté au moins le quart des dépenses électorales du PLQ pour 2008 ». Compte tenu des capacités de recherche de QS, « nous savions qu’il ne s’agissait que de la pointe de l’iceberg », a souligné l’attaché de presse M. Christian Dubois.


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Avec la Presse canadienne

 
 
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