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Plan Nord : Charest sévèrement critiqué à Rio

Le développement économique prime sur la consultation populaire et la protection des territoires, dénonce l’Initiative boréale canadienne

18 juin 2012 | La Presse canadienne | Québec
Le premier ministre Jean Charest
Photo : La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot, Archives Le premier ministre Jean Charest
Rio de Janeiro - Le premier ministre du Québec, Jean Charest, a été sévèrement critiqué, hier soir, sur la scène internationale, pour son Plan Nord.

Invité à présenter son projet de développement nordique à Rio de Janeiro en marge de la Conférence des Nations unies sur le développement durable, il a été interpellé par la présidente de l’Initiative boréale canadienne.


Suzann Méthot a pris la parole à la suite du premier ministre devant un parterre d’une bonne centaine de personnes, dont plusieurs arboraient le carré rouge de la contestation étudiante. Elle a affirmé qu’il y a un « rattrapage à faire », car le travail de protection des territoires et de consultation des populations ne va pas aussi rapidement que le développement économique.


Dans une période de questions qui a suivi les échanges, M. Charest a reconnu qu’il y aura toujours « un inventaire de défis et de difficultés, mais qu’il ne faut pas interpréter ces défis comme la seule partie de l’équation ».


Un peu plus tôt en journée, M. Charest avait laissé entendre que le gouvernement Harper devrait prendre exemple sur l’un de ses prédécesseurs conservateurs, Brian Mulroney, dans le domaine de l’environnement. Jean Charest était ministre de l’Environnement sous Brian Mulroney et chef de la délégation canadienne en 1992 au moment de la première Conférence de Rio, où le Canada avait joué un « rôle de leader », selon lui.


En point de presse, hier après-midi, sur le toit d’un chic hôtel de Rio face à la mer, Jean Charest a rappelé que le Canada avait alors choisi de ne pas s’aligner sur les États-Unis, mais de donner l’exemple. Or, M. Charest reproche aujourd’hui au gouvernement Harper de s’aligner sur le gouvernement américain en matière de réduction des gaz à effet de serre.


« Nous [le fédéral et le Québec] ne sommes pas du tout du même avis [sur la question des GES], a répété M. Charest. Le fédéral a pris une position selon laquelle il devait suivre le lead américain. J’étais ici il y a 20 ans et c’était exactement le contraire. Le gouvernement Mulroney avait une position selon laquelle le Canada devait être leader si on voulait que l’Europe et les Américains bougent. Il fallait que nous, nous fassions la démonstration, que nous étions prêts à poser des gestes. »


Il a rappelé qu’à l’époque, le Canada avait appris de la crise des pluies acides, où il avait mené une « bataille en règle contre Washington », pour la réduction des émissions de dioxyde de soufre et c’est ce qui avait incité Ottawa à poursuivre sur sa lancée.


M. Charest s’est dit fier d’avoir été le ministre de l’Environnement d’« un des premiers ministres les plus verts que le Canada a eus ».


Selon lui, le Canada « n’est pas au bon endroit » actuellement sur la question de la réduction des GES. Il souhaite que le Canada fasse davantage le lien entre l’économie et l’environnement.


Le premier ministre québécois est à Rio en vue de la Conférence des Nations unies sur le développement durable et la biodiversité, le Rio + 20, qui aura lieu de mercredi à vendredi.

 
 
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