Le centre droit, la voie des jeunes Québécois ?
Cette hausse, aussi bien le préciser tout de suite, je ne l’accepte pas de gaieté de coeur, car je considère que le gouvernement actuel ne possède pas l’autorité morale requise, dans le climat de suspicion ambiant, pour effectuer une telle mesure, aussi juste soit-elle. Nécessaire serait un terme plus exact en fait.
Les syndicalistes scolaires posent un diagnostic exact en disant que le malaise ambiant tient à plus que le nouveau tarif et que le Québec doit changer, mais actuellement, leur lecture du Québec, mon allégeance première, comporte quelques failles à gauche du spectre politique, failles qui pourraient, en excluant toute démagogie, précipiter notre nation dans un gouffre que seul un nouveau type de gestion pourrait éviter, le centre droit…
Rationnel
Bien entendu, certains crieront que Jean Charest gouverne déjà bien trop à droite en s’appuyant sur une frange nantie comme électorat et en promouvant des hausses de tarifs. Mais rappelons-nous que la dette québécoise (payable par, entre autres, les nouveaux occupants de la rue) totalisait selon les dernières données 250 millions $, soit environ deux fois plus que cinq ans plus tôt. Gestionnaire de droite équilibré, Charest ? Pas vraiment, c’est plutôt le symbole d’une croissance bureaucratique considérable et d’investissements logiques mais mal dirigés, ce qui exigerait une vraie restructuration de notre État.
Sur le plan financier, il va sans dire que toute autre solution qu’une hausse (même l’indexation vaudrait mieux qu’un gel contre-productif) ne tiendrait pas la route avec, en plus, des infrastructures en lambeaux, des demandes de financement de programmes sociaux et une rentrée de capital déficiente. En effet, malgré les bonnes intentions sous-tendant le Plan Nord, l’État québécois ne semble pas maximiser ses retombées en laissant le gros bout du bâton aux entreprises étrangères et en ne maximisant pas le potentiel de ses ressources. De plus, petit paradoxe, les tenants de la gratuité scolaire vivent souvent une double vie, eux qui s’opposent à l’exploitation des sources de revenus potentielles au Québec. Cherchez l’erreur…
L’option d’une droite rationnelle permettrait d’envisager l’ajout de capitaux significatifs pour le Québec tout en se demandant par la suite, comme dans tout budget familial, quelle dépense paraît essentielle. Cela mène alors au noeud du problème national, qui me convainc d’accepter une hausse.
Le travail
Indiscutablement, le modèle québécois postduplessiste a donné beaucoup à notre peuple, mais il lui a enlevé une valeur essentielle à l’accomplissement : le travail. Aujourd’hui, au nom de la social-démocratie et de l’égalité des chances, nous sommes collectivement tombés dans l’extrême peu enviable du nivellement par le bas où, par souci de donner des services publics à tous, l’excellence apparaît comme une lubie inimaginable.
Comme nationaliste descendant de Patriotes, je ne peux tolérer une telle dérive pour le Québec. En effet, et ce n’est pas faire preuve de mauvaise foi que de le dire, les universités québécoises baissent constamment dans les classements des institutions les plus performantes de la planète, et le financement semble la cause de ce problème. Puiser dans les poches des contribuables représente le plan le plus simple et, oui, le plus responsable.
Un jeune qui paierait ses études quelque 4000 $ par année serait plus motivé à obtenir un diplôme en raison des sacrifices requis et comprendrait que l’éducation est dans une société une chance qu’il faut utiliser à bon escient et qui représente un investissement personnel. Évidemment, les prêts et bourses sont des valeurs sûres pour aider les moins nantis à accéder à l’éducation supérieure, mais à la base, la responsabilité individuelle doit primer celle de l’État et chaque personne doit devenir responsable de sa rose en se disant que s’il en a les moyens, il doit s’investir dans tous les sens du terme dans ses études qui seront, souvent, des investissements gagnants. Les Québécois ont prouvé qu’ils formaient un peuple fier et qualifié qui ne doit pas se laisser désarçonner par des arguments prônant trop souvent une égalité vers le bas et exigeant des investissements coûteux et souvent moins forts que la volonté de chaque personne de réussir, qui, elle, existe toujours…
Responsabilité, équilibre et compréhension des enjeux budgétaires, des thèmes de droite ringards ? Je dirais des outils essentiels pour le développement d’une nation libre qui, une fois bien développée, pourra faire ses propres choix.








