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    Violence et carrés rouges - Les artistes indignés par la ministre St-Pierre

    13 juin 2012 | Robert Dutrisac | Québec
    Consultez la liste de tous les signataires de cette lettre

    N.D.L.R. Le Jean-François Nadeau dont il est question dans la version papier de cet article n'est pas le directeur des pages culturelles du Devoir. Plusieurs personnes portent ce nom au Québec et sont susceptibles d'avoir signé la lettre adressée à la ministre de la Culture.
    En colère, quelque 2600 acteurs du milieu culturel, dans une fronde sans précédent, ont exigé des excuses publiques de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, pour ses propos associant tous ceux qui portent le carré rouge à la violence. La ministre a refusé de présenter ses excuses hier.

    Dans une lettre publiée sur le site Web du Devoir, ces milliers d’artistes, comédiens, metteurs en scène, cinéastes, écrivains, professeurs de cégeps et d’université, journalistes culturels et autres membres de la communauté artistique s’indignent des « propos démagogiques » tenus par Christine St-Pierre à la suite du refus de Fred Pellerin de recevoir, vendredi, le titre de chevalier de l’Ordre national du Québec. Dans une lettre envoyée à l’institution, le conteur avait invoqué la crise sociale actuelle pour justifier sa décision. La ministre a alors affirmé que le conteur avait le droit de porter le carré rouge, « mais nous, on sait ce que ça veut dire le carré rouge, ça veut dire l’intimidation, la violence ».


    Les signataires qualifient de « propagande » cette généralisation. « Vous n’êtes pas sans savoir que la grande majorité des acteurs du milieu culturel arborent fièrement le carré rouge », écrivent-ils, ajoutant qu’une « ministre de la Culture ne peut se permettre de mépriser les artistes ».


    « Si votre objectif, en stigmatisant la violence associée au mouvement étudiant, est de vous faire du capital politique, nous tenons à vous rappeler que ce genre de stratagème éveille ce qu’il y a de plus boueux dans les consciences », poursuivent-ils. Accusant la ministre de vouloir rabaisser le débat, les signataires soulignent que les voix qui s’opposent à la vision gouvernementale « constituent le terrain fertile de la culture humaniste et viennent précisément de ce pan de la société qui oppose une culture humaniste à cette culture d’entreprise qui violente la libre pensée ».


    « Si le seul argument que vous décidez d’opposer à ce schisme idéologique profond est le recours à la peur pour justifier la nécessité du maintien de l’ordre, nous tenons à vous rappeler que ce flirt est extrêmement dangereux, et que dresser les vieux épouvantails de la peur au service de l’ordre rappelle de très mauvais souvenirs d’une histoire pas trop lointaine », dénoncent-ils.


    La violence, elle s’incarne dans « un corps policier qui multiplie les gestes de brutalité envers des manifestants pacifiques », elle est « celle de vos mots menteurs et méprisants », lancent les artistes.


    Parmi les signataires, on retrouve des comédiens comme Céline Bonnier, Sylvie Drapeau et Normand Chouinard, des metteurs en scène comme Brigitte Haentjens, Martin Faucher, Olivier Reichenbach et Dominic Champagne, des cinéastes comme Léa Pool et Hugo Latulippe, des chanteurs comme Pierre Lapointe et Martin Léon, des écrivains comme Marie-Claire Blais, Michel Tremblay et Élise Turcotte ainsi que des critiques et journalistes culturels, entre autres Odile Tremblay, du Devoir.

     

    La ministre précise sa pensée


    Lors de la période de questions à l’Assemblée nationale, Christine St-Pierre, pressée par l’opposition officielle, a refusé de s’excuser ; elle a plutôt choisi d’en rajouter dans le but de préciser sa pensée. « Nous avons tous vu qu’il y a eu des manifestations d’étudiants qui, parfois, ont conduit à des scènes tout à fait disgracieuses, des scènes d’intimidation, des scènes dont les médias ont été témoins et des images qui ont été rapportées sur tous les écrans de télévision. Ces façons de faire sont inadmissibles et c’est ce que j’ai voulu exprimer lorsque j’ai parlé du carré rouge. »


    « Dans une société libre et démocratique, nous devons nous dissocier de la violence, nous devons nous dissocier des scènes que nous avons vues dans le métro de Montréal », a réitéré la ministre. Pour ne pas être en reste, le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, a parlé de « bidons d’essence sur les perrons des domiciles » et d’« enveloppes » contenant une poudre blanche.


    « Comment peut-on associer Fred Pellerin à des bidons d’essence », s’est insurgé son homologue péquiste, Stéphane Bédard. « Donc, tous ceux qui portent le carré rouge appuient la violence et l’intimidation. C’est gros, c’est énorme, c’est stupide, c’est trop. C’est comme dire que tous les membres du PLQ se promènent avec la carte de crédit corporative d’un donateur du parti. »


    À la toute fin de la période de questions, Jean-Marc Fournier a semblé vouloir s’excuser à la place de sa collègue. « Si les artistes sont lésés, nous devons nous excuser », a-t-il dit. Renseignements pris à son cabinet, ce n’était aucunement son intention.


    Ce texte a été modifié après publication.

     
     
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