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    Amir Khadir envisage de poursuivre Québecor

    Le groupe Mise en demeure se dit ravi de faire « trembler » les politiciens

    13 juin 2012 |Antoine Robitaille | Québec
    Amir Khadir menace de poursuivre Québecor pour le traitement que lui ont réservé en une les deux quotidiens de l’empire, hier matin.

    Les Journaux de Québec et de Montréal ont en effet publié un pastiche de la célèbre toile du peintre Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, au sujet des journées révolutionnaires de 1830 en France. Sur le Delacroix retouché, qui est en fait une affiche du groupe de musique Mise en demeure, le député de Québec solidaire prend la place d’un révolutionnaire portant un fusil. Jean Charest est devant lui, étendu à moitié nu. Un homme déguisé en banane arborant un signe anarchiste mène un groupe de militants franchissant une barricade. Les deux journaux de Québecor titraient: « Khadir armé. Charest mort » et parlaient d’une « troublante » image saisie par les policiers au domicile des Khadir lors des perquisitions qui ont accompagné l’arrestation de la fille de M. Khadir, Yalda Machouf-Khadir, ainsi que son conjoint, la semaine dernière.


    Amir Khadir a qualifié de « pure fabrication » et de « mensonge » le traitement de l’affaire par les journaux de Quebecor et a révélé que les avocats de QS se penchaient sur le cas. C’est sa « grande fille » qui avait acheté l’affiche il y a deux ans, a-t-il raconté, admettant qu’il trouvait l’image « drôle », tout comme nombre de caricatures publiées dans les journaux quotidiennement. Il a du reste écorché le chroniqueur et ex-ministre péquiste Joseph Facal, qui a publié dans les mêmes journaux lundi une chronique parodique où M. Khadir était décrit comme un dictateur sanguinaire. Les parodies de M. Facal et de Mise en demeure choquent des gens, mais « en démocratie, les artistes, les chroniqueurs ont leur droit à leur liberté d’expression », a opiné le député.


    Les élus libéraux se sont montrés prolixes dans leurs commentaires sur l’affaire, aux lendemains de la défaite surprise dans Argenteuil. « Je trouve ça de mauvais goût et c’est inquiétant de voir que les gens ont pu voir des peintures de ce type-là », a commenté le ministre de la Santé Yves Bolduc. Il a ajouté qu’il y avait des « messages subliminals [sic] qu’on passe dans des peintures comme celles-là, et pour certaines personnes qui […] sont vulnérables, ça pourrait représenter un risque ».


    Réagissant aux commentaires acérés des libéraux, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a eu ces mots : « C’est une peinture dans un lieu privé. Il ne faut pas tomber dans la démesure. »

     

    Un groupe «ravi»


    Le groupe de musique Mise en demeure ne cache pas prendre plaisir à cette controverse. « Ça fait plaisir que des ministres puissent trembler et avoir peur », a déclaré un homme interviewé par Radio-Canada et identifié comme le « saxophoniste et chanteur du groupe Mise en demeure ».


    Questionné par l’émission Bande à part de la société d’État au sujet de la controverse entourant l’affiche, l’homme a refusé de se nommer. Joint hier par Le Devoir, il a révélé son prénom, Jean-Sébastien, mais a préféré taire son patronyme. « On entend toutes sortes d’affaires sur les policiers », s’est-il justifié.


    À Radio-Canada, il a expliqué que les quatre membres de son groupe aiment à faire ces affiches autopromotionnelles où sont intégrés des personnages politiques québécois contemporains.


    Dans l’interview à Bande à part, le musicien Jean-Sébastien a répondu, mi-sérieux, qu’il se réjouissait « qu’on puisse faire de l’art avec des messages subliminaux qui font que le peuple se révolte ». Il a qualifié d’« un peu fou de voir qu’une affiche qu’on a produite il y a deux ans fasse aujourd’hui la une des médias ».













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