Parizeau dénonce la «supercherie» entourant les dettes du Québec et de la Grèce

Jacques Parizeau a accusé certains politiques de se prêter à la comparaison entre la situation financière du Québec à celle de la Grèce.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Parizeau a accusé certains politiques de se prêter à la comparaison entre la situation financière du Québec à celle de la Grèce.

Jacques Parizeau voit dans les comparaisons entre la dette du Québec et celle de la Grèce une «immense supercherie» qui risque de nuire à l’option souverainiste.

Lors du colloque organisé samedi par les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) sous le thème «Mobilisations et convergences». L’indépendance maintenant», Jacques Parizeau, qui était l’un des conférenciers, s’en est pris à ceux qui font des «manipulations de chiffres» pour affirmer que le Québec est trop endetté pour devenir un pays indépendant. «Quand ça rentre dans la mentalité, ça risque de nous faire un tort effrayant.»

Le gouvernement libéral manipule les chiffres quand il présente la dette du Québec sous forme de dette brute alors qu’aucune autre province du Canada ne fait de même, a soutenu l’ancien premier ministre.  Cette notion de dette brute, «ça fait de gros montants», a-t-il souligné, mais elle ne tient pas compte de l’actif du Québec. Ainsi, Hydro-Québec supporte une dette de 30 milliards — en fait 37,7 milliards en 2011 —, mais si on calcule son actif, la société d’État contribue plutôt à réduire de 38 milliards la dette de l’État québécois, a fait valoir Jacques Parizeau.

«Je suis désolé qu’on ait développé dans cette société-là cette espèce de mentalité qui est une mentalité de pauvre, qu’on va chercher dans nos racines les plus anciennes. C’est la peur de manquer d’argent et on joue là-dessus», a-t-il affirmé.

En ce sens, Jacques Parizeau accuse certains politiques de se prêter à ce jeu en comparant la situation financière du Québec à celle de la Grèce. «Un jeune journaliste de Radio-Canada a demandé à M. Bachand : “Si le Québec, c’est comme la Grèce, comment ça se fait que le Québec emprunte à 3 % et la Grèce à 17 % ?”. Le ministre des Finances a patiné avec un art admirable.»

«Je voudrais juste qu’on n’oublie pas les blocages que nous-mêmes, on s’impose et que nous-mêmes pouvons lever», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, Jacques Parizeau s’est dit «très, très inquiet de l’affaiblissement» de la fonction publique québécoise ces dernières années, ce qui a conduit au phénomène de collusion décrit dans le rapport Duchesneau. «Pour casser ce système d’attribution de contrats, le ministère des Transports n’a plus ce qu’il faut pour ça», a-t-il déploré.


De notre correspondant parlementaire à Québec
4 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 12 juin 2012 18 h 44

    Le phare

    Monsieur Pariseau est toujpurs le phare qui nous éclaire dans les ténèbres libéraux et à-plat-ventristes.

    Il y a trop d'avocats en politique et pas assez d'économistes du genre de MM pariseau et Aussant.

  • Jocelyn Cloutier - Inscrit 12 juin 2012 19 h 11

    Belle complémentarité entre le financier et l'engagé politique !

    Le Québec étant une province alors que la Grèce forme un pays, si je comprends bien l'exposé de ces intellectuels, le Québec devenant un pays souverain demain, il pourrait continuer à financer sa dette de $250 milliards à 3% plutôt qu'à 17% comme c'est le cas pour la Grèce tellement la santé financière du Québec leur apparaît solide ? La Grèce, inlassablement supportée par la Zone Euro et devant supporter tout de même un intérêt de 17%, on peut se demander si des gens sains d'esprit peuvent se permettre de comparer le Québec à la Grèce à moins qu'il manque certains éléments au puzzle.
    Aussi, pour M. Parizeau, ce qui lui apparaît le plus inquiétant et préoccupant présentement au niveau des finances publiques québécoises, ça se résumerait aux pratiques décrites par M. Duchesneau relativement à l'attribution des contrats au MTQ et à la faiblesse de ses fonctionnaires qui ne lui permet pas de corriger le tir.
    Les lunettes de M. parizeau ne seraient-elles pas un peu trop teintées de rose ?
    Ne préférerait-il pas son habit d'indépendantiste à celui de financier ?

  • Seyl Sird - Inscrit 12 juin 2012 23 h 38

    Il faut sauver le Soldat Charest

    Pour bien persister sur les avancées du gvt, le jeu est bien rodé chez quelques uns. L’immensité de la supercherie est typique. Sauf un éclairé peut comprendre que le gouvernement traumatise la situation pour en être le protecteur. Attention, le Québec est comme la Grèce, tant qu'on y OUI, dans un pays comme le Canada, la province ou y a plus de bureaucratie, de duperie, de corruption, et la loi inconstitutionnelle, plus d'argent pour les riches et moins pour les pauvres, la preuve J'ai passé 14 heures à l'hôpital Jean-Talon pour un mal d'estomac je n'ai pas de médecin traitant, et je suis sur la liste je dois attendre 3 ans et j'ai passé 30 minutes en Ontario et on m'a proposé un médecin de famille si je le voulais. Oui on serait probablement comme la Grèce quand on prend aux contribuables et en le donne aux nantis. On n’est pas contre ceux qui veulent faire fortune honnêtement, on est contre ceux qui profitent des privilèges de leurs RÉSEAUTAGE.

  • Frédéric Jeanbart - Abonné 18 juin 2012 02 h 41

    Une autre loi tien...

    La loi de l'argent, c'est bien pratique pour compter et jouer à Monopoly. Mais dans la vraie vie, ne s'en remettre qu'à elle et seulement elle pour juger de tout et de rien, ça devient la loi du paresseux, la loi de la pauvreté (culturelle - intellectuelle), la loi de la stagnation à défaut de crises... Un pays qui vit sous cette loi n'est pas un pays, mais un état pécunier au service d'un seul Dieu : celui qui imprime son leït motiv pour des siècles et des siècles en se prétendant de ses propres "tables de loi", amen.