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    Libre opinion - Le PLQ ne veut pas faciliter le vote des jeunes

    8 juin 2012 |Léo Bureau-Blouin et Pier-André Bouchard St-Amant - Respectivement anciens présidents de la Fédération étudiante collégiale du Québec et de la Fédération étudiante universitaire du Québec | Québec
    Lettre à Monsieur Jean Charest, chef du Parti libéral, ministre de la Jeunesse et premier ministre du Québec

    Dans le cadre du conflit étudiant, vous avez invité les étudiants à se présenter aux urnes plutôt qu’à prendre la rue en guise de solution au conflit. Le 1er juin, vous avez déclaré : « Si on peut en venir à une entente, c’est tant mieux, mais ultimement, il y aura une élection générale d’ici 18 mois. C’est dans un cadre démocratique que s’offre pour nous l’occasion de s’exprimer sur ces enjeux. » Dans le cadre du conflit étudiant, nous sommes d’avis qu’il appartient aux organisations étudiantes et à votre gouvernement de régler ce conflit.

    Comme citoyens, nous souhaitons que les jeunes participent massivement au prochain rendez-vous électoral. Nous sommes attristés de constater qu’au dernier scrutin, moins d’un jeune sur deux âgé de 18 à 34 ans s’est prévalu de son droit de vote.


    Cependant, force est de constater le contraste entre les actions de votre gouvernement et les propos que vous tenez publiquement pour « résoudre la crise ». Dernièrement, comme Le Devoir le révélait hier, les représentants du Parti libéral du Québec n’ont pas accepté la proposition du Directeur général des élections du Québec (DGEQ) de mettre en place les infrastructures destinées à permettre aux étudiants de voter là où ils passent la majeure partie de leur vie active, soit dans les campus.


    Devant constat de faible participation des jeunes, le DGEQ a suggéré de permettre aux étudiants de s’inscrire sur la liste électorale et de voter à partir de leur établissement d’enseignement. Il assure même avoir l’infrastructure et les moyens nécessaires pour y parvenir.


    Cette proposition recueille l’appui de l’ensemble des organisations jeunesse du Québec, dont la Commission-Jeunesse de votre parti. Et pourtant, votre formation politique a refusé d’y accéder.


    Des incitatifs similaires existent déjà pour faciliter le vote des Snowbirds, des militaires et des détenus. Sous votre gouvernement, des modifications ont également été apportées à la loi pour assurer la présence de boîtes de scrutin dans 700 résidences et CHSLD, ainsi que l’organisation de bureaux de vote itinérants pour les personnes en perte d’autonomie.


    La question se pose, alors : pour quelles raisons refusez-vous un traitement similaire pour les jeunes ? Il est difficile de ne pas voir une analyse électoraliste, ou pour reprendre une expression bien de chez nous, de voir quelqu’un qui « parle des deux côtés de la bouche ».


    C’est dans un cadre démocratique que s’offre aux Québécois l’occasion de s’exprimer sur nombre d’enjeux, cela ne fait aucun doute ; mais c’est aussi à travers le débat, la délibération et la richesse du débat public qui sépare les élections que les gens vivent et adhèrent à la démocratie. Force est de constater que votre gouvernement semble plutôt résolu, notamment avec l’adoption d’une loi qui vise à réduire ce débat public, à faire le contraire.


    Peut-être devriez-vous songer à vos gestes en cette matière ? Vous avez refusé les changements à la carte électorale, votre directeur des élections a démissionné, vous adoptez une loi qui restreint les capacités à manifester pacifiquement et maintenant, vous refusez au DGEQ les moyens destinés à favoriser le vote des jeunes.


    L’histoire occidentale juge sévèrement les atteintes à la démocratie. Il vous reste 18 mois. Il est encore temps de changer.













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