Le sommet Rio + 20 - Pas de place pour le PQ, tranchent les libéraux
Selon les informations obtenues par Le Devoir, le Parti québécois (PQ) avait reçu l’assurance qu’une place lui serait réservée au sein de la délégation à la mi-mai. C’est Scott McKay, porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable, d’environnement et de parcs, qui devait se rendre au sommet Rio + 20. Son nom figurait d’ailleurs dans une version préliminaire du décret gouvernemental qui doit notamment permettre de confirmer la composition de la délégation québécoise.
Or, jeudi dernier, le cabinet du ministre Pierre Arcand a fait savoir au PQ qu’il n’aurait finalement pas de place pour cette rencontre qui se tiendra les 20, 21 et 22 juin au Brésil. Les libéraux n’ont donné « aucune » raison pour justifier leur décision, selon ce qu’a précisé hier Marc-André Beaulieu, conseiller spécial au cabinet de Pauline Marois. À quelques jours d’un événement international d’une telle envergure, il est pour ainsi dire impossible pour les péquistes de trouver une autre façon de participer à la conférence.
M. McKay s’est dit d’autant plus surpris de la décision du gouvernement que la situation a été bien différente lors de précédentes conférences des Nations unies sur les changements climatiques. En 2009, M. McKay s’est rendu à Copenhague en compagnie de la ministre du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs de l’époque, Line Beauchamp. Et en 2010, la députée Martine Ouellet a pris part à la conférence de Cancún en compagnie du ministre actuel, Pierre Arcand. En 2011, aucun élu n’a cependant fait le voyage jusqu’à Durban, en Afrique du Sud. « C’est un peu une tradition, dans les dossiers environnementaux, mais aussi dans d’autres dossiers à caractère international, d’avoir des représentants de l’opposition », a fait valoir M. McKay.
« Je ne sais pas à quel endroit, dans le processus décisionnel, cette décision a été prise, a-t-il ajouté. On avait l’appui du cabinet du ministre Arcand, même chose au ministère des Relations internationales. Tout porte à croire que les choses ont bloqué au niveau du premier ministre. »
Un plan conçu « un peu vite »
Selon lui, le gouvernement Charest redoute que les critiques formulées ici à l’endroit du Plan d’action 2013-2020 du Québec sur les changements climatiques soient étalées à la face du monde. Les seuls élus qui prendront part à la conférence sont Jean Charest et Pierre Arcand.
Le plan, présenté dimanche, ne prévoit pas de cibles détaillées à atteindre en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Malgré un objectif global de réduction de 17,3 millions de tonnes de GES, les réductions inscrites dans le plan totalisent seulement 6 millions de tonnes. Qui plus est, les groupes qui se préoccupent d’environnement estiment qu’il est tout simplement impossible d’atteindre les cibles de réduction des GES en lançant le Québec dans l’exploitation du gaz de schiste et du pétrole.
« Leur plan d’action sur les changements climatiques, s’il était si bon que ça, ils n’auraient pas peur d’amener le porte-parole de l’opposition officielle avec eux », a souligné M. McKay. Il estime en fait que le plan d’action a été conçu « un peu vite », et ce, « afin de ne pas se présenter les mains vides à Rio. C’est un peu gênant, et ils ne veulent pas être obligés de subir l’opposition, qui ne manquera pas de relever les faiblesses ».
Mais surtout, a-t-il poursuivi, « il est important, dans ce genre d’événement, de démontrer qu’il existe un consensus dans la société québécoise quant à la nécessité de lutter contre les changements climatiques. Et, oui, il y a des points de désaccord au Québec, parce que nous ne sommes pas une société monolithique. Mais quand on fait preuve de maturité, on peut débattre. En fait, c’est un peu comme si MM. Charest et Arcand allaient utiliser l’argent des contribuables québécois à des fins partisanes, parce qu’ils auront le beau jeu de vendre leur plan d’action ».
L’attachée de presse de Pierre Arcand, Sarah Shirley, n’a pas voulu « confirmer ou infirmer » la nouvelle hier. « Le décret de la mission officielle n’a pas encore été adopté, a-t-elle souligné. Tant que le décret n’est pas adopté, le contenu n’est pas public. La délégation officielle sera annoncée lorsque le décret sera adopté. » Elle n’a pas été en mesure de dire à quel moment ce décret serait adopté.
Le gouvernement conservateur de Stephen Harper - qui a renié le protocole de Kyoto - a écarté les partis d’opposition fédéraux lors de la Conférence de l’ONU sur les changements climatiques à Durban. Les libéraux, les néodémocrates, le Parti vert et le Bloc québécois n’ont pas eu leur place, contrairement à la situation qui prévalait auparavant.








