Aussant craint une élection sur la loi et l’ordre
Le chef d’Option nationale craint que Jean Charest veuille tirer profit de l’insécurité
« Ce ne m’étonnerait pas du tout que le gouvernement Charest fasse ce pari-là : la loi et l’ordre, de notre côté, et de l’autre côté, le chaos. C’est vraiment digne d’une politique dont on ne veut plus au Québec », a affirmé Jean-Martin au cours du point de presse.
Selon lui, les Québécois ne veulent plus « d’un gouvernement qui manipule tout événement social [pour] un profit électoral ». Que la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, ait affirmé devant les étudiants en mettant fin aux négociations que le gouvernement nuirait à son image s’il pliait illustre, à son avis, cette façon délétère de faire de la politique. « C’est quoi l’importance de l’image d’un parti par rapport à l’avenir d’un peuple ou d’une collectivité ? Ça paraît évident à tout démocrate que le deuxième devrait primer. Pour le Parti libéral, c’est le premier qui prime, c’est la survie du parti », a-t-il soutenu.
Le Parti québécois est coupable aussi de sombrer dans cette politique partisane, a souligné Jean-Martin Aussant. Mais son élection serait un moindre mal. « L’un est bien pire que l’autre ; vous ne m’entendrez jamais dire qu’un gouvernement péquiste est moins bon qu’un gouvernement libéral », a-t-il dit. La réélection d’un gouvernement libéral est un cauchemar pour le chef de l’ON. « Ils ne peuvent pas gagner un quatrième terme d’affilée. C’est, pour moi, impossible à imaginer. Je ne veux pas y penser. N’importe quoi d’autre sera mieux. »
L’ébullition actuelle devrait favoriser l’option de la souveraineté, estime le chef d’ON. « Ce qui se passe sur le plan social, donc individuel, au Québec, va aider à faire la pédagogie de la souveraineté. » Les gens éprouvent un « sentiment de liberté individuelle » qui se transpose sur le plan collectif, a-t-il avancé. Une personne n’accepterait jamais qu’une autre personne décide de la moitié de ce qu’elle fait dans sa journée, de la moitié de ce qu’elle mange, un raisonnement, selon le député de Nicolet-Yamaska, qui s’applique aux ensembles nationaux.
« Ce que je vois de très positif dans le mouvement actuel, c’est que la politique est remise à l’avant-plan, a-t-il fait observer. C’était peut-être dormant à certaines époques de notre histoire récente, mais on se rend compte que les gens, et les jeunes spécifiquement, sont très politisés. »
Jean-Martin Aussant sortait d’une interpellation à l’Assemblée nationale qui portait sur les coûts pour le Québec de rester une simple province. Le fait que l’évocation d’un passeport québécois ait fait rire ses interlocuteurs libéraux, dont le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Clément Gignac, a irrité le chef de l’ON. « Comme si on était trop petit pain pour nous autogérer comme 200 pays dans le monde ! Mais ça vient d’où cet instinct colonisé ? Est-ce à la naissance ou c’est acquis ? » s’est demandé Jean-Martin Aussant.








