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    Québec quitte la table des négos

    1 juin 2012 |Antoine Robitaille | Québec
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	Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Montréal hier soir pour appuyer les étudiants.</div>
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
    Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Montréal hier soir pour appuyer les étudiants.
    Les négociations qualifiées de «la dernière chance» ont échoué. La ministre de l’Éducation Michelle Courchesne a choisi de quitter la table de négociations en début d’après-midi hier, soulevant l’ire des représentants des associations étudiantes.

    «Force est de constater que nous sommes dans une impasse», a déclaré la ministre vers 16 h hier. En conférence de presse plus tard, Jean Charest soutenait qu’il y avait «un important fossé qui sépare le gouvernement et les associations étudiantes». Il a dit toujours souhaiter une entente, mais a explicitement évoqué la possibilité de régler cette question lors d’élections générales, qui doivent être tenues dans les 18 prochains mois.


    Après quatre jours d’intenses échanges, la ministre Courchesne dit avoir compris que pour les associations, «c’était le gel, le moratoire ou rien».


    Plus tard en entrevue au Devoir, elle s’est dite «triste» et «sincèrement, vraiment, très déçue. Le Québec mérite qu’on sorte de ça», a-t-elle commenté. Aussi, même si c’est elle-même qui a fermé la porte hier, elle soutient que celle-ci était «toujours ouverte».


    Mme Courchesne a insisté sur le caractère «courtois» des échanges, mais elle a du reste dénoncé un des quatre négociateurs de la CLASSE qui a réagi à la première offre du gouvernement - réduire de 35 $ annuellement la hausse de 1778 $ sur sept ans - en lançant: «Avec cette offre-là, on va vous l’organiser, le Grand Prix.»


    Après la rupture des négociations dans une crise qui dure depuis quelque 16 semaines, M. Charest a soutenu qu’il n’allait pas «céder» aux «menaces» qu’ont selon lui proférées les représentants étudiants. Pour éviter des incidents malheureux, le premier ministre a déclaré qu’il allait «travailler avec les gens responsables», se demandant au passage en quoi de telles perturbations éventuelles allaient «aider leur cause». Pour le reste, il a dit espérer que «dans les prochaines semaines, ce sera une période d’accalmie. Ça permettra à chacun de réfléchir sur ces enjeux-là d’une part». Mais le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ), Paul-Émile Auger, a soutenu hier peu après la rupture des négocations que le gouvernement venait de «s’acheter une crise sociale d’une ampleur inégalée». Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a pour sa part plaidé de nouveau pour la désobéissance civile pacifique et convié les Québécois -avec leurs casseroles - à un grand rassemblement familial à Montréal demain.


    La présidente de la Fédération étudiante universitaire québécoise (FEUQ), Martine Desjardins, a rappelé qu'au début de la première ronde, la ministre Courchesne s’était donné une «obligation de résultat». Hier, la ministre a donc jugé «que les résultats, ce n’est plus une priorité pour le gouvernement», a opiné Mme Desjardins qui reproche à la ministre de faire de la «petite politique sur le dos des jeunes».


    Pour Gabriel Nadeau-Dubois, la hausse était devenue non plus un moyen mais une fin en soi. Il a reproché à la ministre d'avoir rompu les ponts seulement pour des «raisons politiques» et de communications. Selon les associations, la ministre, à table, a rapidement été à court d’arguments lorsque les négociateurs étudiants ont réussi à proposer des solutions qui respectaient les paramètres gouvernementaux, soit le plan de financement des universités et le cadre fiscal du gouvernement. Il s’agissait d’arriver à une solution qui serait «à coût nul» pour le gouvernement, lequel refusait de mettre de «l’argent neuf».


    Les titres des journaux interprétant la première offre de Québec - le 35 $ - comme celle d’un gouvernement «qui plie», qui «recule» ou qui «fait des compromis» ont eu un effet «refroidissant chez la ministre», mercredi.


    Questionnée à ce sujet par Le Devoir hier, Mme Courchesne a expliqué que constamment, les étudiants lui rappelaient qu’eux, « sur le Plateau », se faisaient aborder par les manifestants qui leur disaient de ne pas «lâcher». «Je leur ai simplement répondu que nous, là, à travers le Québec, nous aussi, des gens, quand on va à l’épicerie, font le tour du stationnement et nous disent : “ Lâchez pas sur la hausse des droits. ” » Le premier ministre a désigné ces gens hier comme étant la «majorité silencieuse». Notons que les étudiants ont déploré que la loi 78 ait été ignorée pendant les quatre jours de discussions.

     

    Nombreux gestes


    Du reste, Mme Courchesne et M. Charest ont souligné au crayon gras hier tous les gestes que le gouvernement a posés depuis le début du conflit pour améliorer l’accessibilité aux études : mise en place d’un programme de remboursement proportionnel au revenu ; bonification des bourses et étalement de la hausse sur sept ans. M. Charest a soutenu qu’il y a désormais 67 000 personnes «pour qui la hausse des droits est comblée et même supérieure».


    À table cette semaine, les représentants étudiants, a déploré Mme Courchesne, ont refusé de discuter de ces mesures. Au fond, ils ne «reconnaissent» pas cela «comme étant des gestes concrets, importants, positifs».


    Lors de sa rencontre avec les étudiants, M. Charest dit que ces derniers ont reconnu que le problème qu’ils cherchaient à éviter en luttant contre la hausse en était un d’accessibilité. Or, c’est une meilleure accessibilité que permettent ces mesures, a-t-il plaidé.

     
     
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