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    Libre opinion - L’arrêt des manifestations demandé

    1 juin 2012 |Yves-Thomas Dorval - Président du Conseil du patronat du Québec | Québec
    Plusieurs intervenants du milieu des affaires qui s’intéressent en particulier à l’économie de Montréal, au tourisme, aux grands événements et aux arts de la scène se disent préoccupés par les impacts des manifestations publiques à l’aube de la saison estivale.

    Il ne fait pas de doute que, même si les manifestations se sont transformées de manière plus festive, des répercussions significatives se font sentir de plus en plus négativement : que ce soit une baisse d’achalandage marquée dans les restaurants et les boutiques du centre-ville de Montréal, les coûts additionnels de sécurité pour de nombreux établissements, le ralentissement dans les réservations de chambres et de billets de spectacles et d’événements, voire d’annulations ou, encore, les retards dans le transport des personnes et des biens sur l’île de Montréal, sans compter, bien sûr, les coûts inhérents pour les services publics touchés sur les plans municipal et provincial. En plus du court terme, ces impacts risquent de s’aggraver à moyen et plus long terme si on ne cesse tout de suite les manifestations publiques, festives ou autres, qui se déroulent inlassablement et qui essaiment de plus en plus dans d’autres régions du Québec.


    Car, en plus du manque de revenus pour des organisations commerciales ou autres, il est aussi question de pertes d’emploi, de non-embauche et de réduction d’heures de travail pour des concitoyens (y compris des étudiants) qui en ont bien besoin. Il est aussi question de l’image de marque de Montréal et potentiellement du Québec en entier, qui est touchée de plus en plus et qui pourrait prendre des années à être rebâtie.


    Au-delà des questions du financement nécessaire des universités, nous désirons plaider ici la cause de Montréal et de sa réputation, de sa qualité de vie et de sa qualité d’hôte. Et ceci s’applique aussi au reste du Québec.


    Le Conseil du patronat du Québec prend donc acte de la volonté du gouvernement du Québec et des représentants d’associations étudiantes de tenter de dénouer l’impasse au regard, en particulier, des droits de scolarité. Dans le contexte actuel, nous désirons donc faire part des messages suivants.


    Aux représentants d’associations étudiantes : vos positions et vos recommandations ont des impacts sociaux et économiques qui débordent la question du financement des universités. Nous savons que vous en avez conscience et nous vous demandons de faire la promotion efficace d’une sortie de crise auprès des étudiants et de toute la population, pour que cessent rapidement les manifestations publiques.


    Au gouvernement du Québec : vos décisions dans le contexte actuel ont un impact majeur sur la société, car elles touchent non seulement la question du financement nécessaire pour les universités et les équilibres financiers, mais aussi la perception qu’aura la population de nos institutions démocratiques. Nous savons que vous en avez conscience et nous vous demandons d’en arriver à un dénouement à court terme, tout en respectant le principe de responsabilité qui, nous le croyons, vous a animé jusqu’ici et que nous appuyons.


    Aux étudiants du Québec : si vous devez approuver une proposition ou une entente, nous vous demandons d’exiger un processus d’approbation à l’abri d’intimidation de part et d’autre, de participer massivement à ce processus et d’analyser les gains que vous aurez obtenus, à leur juste valeur, depuis la première décision du gouvernement du Québec sur la hausse des droits de scolarité.


    Aux personnes d’influence québécoises : que vous soyez des milieux politique, associatif, médiatique, artistique, environnemental ou autre, nous vous demandons d’encourager un arrêt rapide des protestations dans les espaces publics, même si elles sont festives, afin de permettre des discussions sereines à la table de négociation et, surtout, de permettre aux villes touchées, notamment Montréal, d’offrir un milieu propice au déroulement des activités estivales.


    Enfin, à la population du Québec : que vous soyez rouge, blanc ou vert, que vous soyez de la gauche, du centre ou de la droite, que vous soyez jeunes, moins jeunes ou âgés, que vous soyez résidants de Montréal ou de toute autre région du Québec, nous vous demandons de transformer toute cette énergie effervescente ainsi que votre désir de mobilisation dans une participation massive et positive à toutes les activités qui vous seront offertes durant l’été à Montréal et dans toutes les autres régions du Québec. Bref, de montrer à la face du monde que, peu importent les différences de point de vue que l’on puisse avoir ici, le Québec est une nation accueillante où il fait bon vivre et où il est agréable de venir pour les affaires et pour le plaisir. […]

    ***

    Yves-Thomas Dorval - Président du Conseil du patronat du Québec













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