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Gagnon-Tremblay pense que l'ONU s'intéresse à des futilités

31 mai 2012 21h22 | La Presse canadienne | Québec
Québec – L'Organisation des nations unies (ONU) devrait s'occuper de sujets plus graves que la crise sociale québécoise provoquée par la hausse des frais de scolarité, a déclaré aujourd'hui la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay.

Deux experts indépendants de l'ONU ont exprimé hier leur préoccupation face au déroulement des manifestations au Québec, après l'adoption d'une loi spéciale et certaines vagues d'arrestations massives.
 

Lors d'un point de presse, aujourd'hui, Mme Gagnon-Tremblay a exprimé son insatisfaction face aux conclusions des deux experts et elle a servi une remontrance à l'organisation internationale. «Au lieu bien sûr de regarder le Québec, l'ONU pourrait peut-être regarder les crises majeures qui se passent actuellement en Syrie et au Mali, a-t-elle dit. Ils ont décidé de regarder le Québec et la Ville de Montréal mais je pense qu'il y a des crises majeures qui méritent une attention particulière.»
 

La ministre a rappelé que le gouvernement québécois a toujours l'intention de faire valoir son point de vue auprès des experts de l'ONU et elle a jugé que leur analyse était incomplète.
 

Dans un communiqué diffusé hier, les deux experts de l'ONU s'inquiètent du fait que 700 personnes aient été arrêtées à Montréal et Québec le 24 mai dernier, alors qu'elles manifestaient contre la hausse des droits de scolarité et l'adoption de la loi spéciale 78.
 

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques, Maina Kiai, a aussi dénoncé les dispositions «indûment» restrictives de la loi 78, qui limite les manifestations.
 

Selon Mme Gagnon-Tremblay, les experts ont contacté le gouvernement pour l'informer que des plaintes avaient été formulées. Elle les a accusés de ne pas avoir respecté un délai de 60 jours dont le gouvernement disposait pour fournir plus d'explications. «Je suis un petit peu insatisfaite dans le sens que l'information qu'ils ont c'est une information qui m'apparaît incomplète, qui mérite de mieux les informer au sujet de la loi 78», a-t-elle dit avant la période des questions.
 

En Chambre, les libéraux ont voté contre une motion du Parti québécois exigeant le retrait de la loi 78.
 

Le chef d'Option nationale Jean-Martin Aussant a pour sa part déposé un projet de loi visant à abroger certaines dispositions de la loi 78 qui limitent le droit de manifester et qui confèrent des pouvoirs au ministre de l'Éducation. Selon M. Aussant, la population en général a été pénalisée par cette loi, puisque la majorité des manifestants sont pacifiques. «Une loi spéciale pour venir régler cette situation-là, c'était un peu fort aussi comme geste, a-t-il dit. C'est comme si un pyromane mettait le feu et suggérait que, la seule solution pour éteindre l'incendie, c'est de causer une inondation immense.»
 

Une contestation de la légalité de la loi 78 a été amorcée devant les tribunaux la semaine dernière.

 

Par Alexandre Robillard

 
 
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