Conflit étudiant - La reprise des négociations passe par la suspension de la loi 78, dit la FEUQ

Pour accepter de retourner à la table de négociation, Martine Desjardins réclame que le gouvernement Charest suspende l’application de la loi 78.

C’est là la condition qu’a posée la présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), hier, lorsqu’on l’a jointe au téléphone, alors qu’elle participait à la manifestation à Montréal. En matinée, Jean Charest avait soutenu que sa ministre avait toujours le mandat « de rester en contact avec les étudiants ». La ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, a renchéri : « Je réitère aux associations étudiantes que oui, nous souhaitons que les discussions se poursuivent. Il peut y avoir une entente après l’adoption de la loi. »


Au sujet de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante, la ministre a d’abord eu ces mots : « Si la CLASSE veut être là, je n’ai pas d’objection. » Puis, elle a précisé qu’une association qui prône la désobéissance civile n’aura pas envie de « venir autour de la table ». La CLASSE a répliqué en disant que « le lien de confiance n’est pas au mieux avec le gouvernement ». Le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a toutefois fait savoir qu’il se présenterait à une éventuelle rencontre avec la ministre, mais qu’il n’irait « pas le sourire aux lèvres ».


Quant à Léo Bureau-Blouin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), il a dit que s’il y avait une « prochaine fois », ce devait être un « véritable dialogue ».


Alors que la loi 78 sera contestée devant les tribunaux cette semaine, le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil s’en est presque réjoui. Il a dit souhaiter « que la cour se prononce le plus rapidement possible » sur sa validité. À ses yeux, la loi ne risque rien puisqu’elle est conforme à la Charte des droits fédérale. M. Dutil soutient que l’encadrement des manifestations que contient la loi 78 est similaire à celui que se sont donné plusieurs villes situées dans des démocraties. En France, par exemple, les organisateurs d’une manifestation doivent obtenir un permis 20 jours à l’avance et dévoiler leur itinéraire. Los Angeles exige la même chose, mais 40 jours à l’avance.


Du reste, M. Dutil n’a pas caché son inquiétude à l’égard de la situation actuelle marquée par une « polarisation très mauvaise ». « Le débat est devenu extrêmement émotif. Alors, il faut faire appel au calme de ceux qui croient […] que le calme doit revenir et qu’on peut manifester, on peut être en désaccord, mais on le fait pacifiquement », a-t-il déclaré.


Au sujet de la fatigue possible des policiers du SPVM et de la SQ, sur la ligne de front, M. Dutil n’a pas exclu la possibilité, si ces deux corps policiers en font la demande, de réclamer des renforts à la GRC. Cette dernière a participé à l’opération de protection des chefs d’État lors du sommet des Amériques en 2001.


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Avec Isabelle Porter

35 commentaires
  • Pierre Sabourin - Inscrit 23 mai 2012 01 h 42

    @ Robert Dutil

    Le fait de devoir prévenir 8 heures à l'avance est la moindre de mes préocupations par rapport à la loi 78. Je m'inquiète profondément par contre de l'article 9 qui donne des pouvoirs démesurés à la Ministre de l'éducation, soit de pouvoir faire et annuler n'importe quelle loi qui lui plait. Si vous n'avez pas encore entendu le plaidoyer d'Alexandre Cloutier à l'Assemblée Nationale la dessus, je vous sugère de vous assoir et de l'écouter. La culpabilité par ommision, les amendes démesurées et revenchardes sont aussi d'autres problématiques inconstitutionelles à résoudres que contiennent la loi 78.

    http://www.youtube.com/watch?v=t3NM5PHpf-I&fea

    La dictature, c'est comme ça que ça commence.

    Pierre Sabourin

    • Réjean Grenier - Inscrit 23 mai 2012 12 h 42

      Absolument, c'est comme cela que les dictatures
      s'installent...danger.
      Surtout que le pseudo-dictateur, lui, est déjà en place.

      Il s'agit d'une loi inique qui rendra difficile toutes
      négociations. À moins que cette loi sous suspendue durant les négociations.

      Et, le seul point à discuter, est l'abolition des
      frais exorbitants forcés par ce gouvernement.

      C'est simple hein?

      Réjean Grenier.

    • Carole Dionne - Inscrite 23 mai 2012 13 h 32

      D'accord

      Analysons article par article. Je suis d'accord avec vous et d'autres personnes sur certains paragraphes qui n'ont aucun sens: rendre responsable le chef organisateur d'une manif si on lance des objet. La police n'aurait qu'à y installer un aganet provocateur et le tour est joué.


      Mais il y a des paragraphes de cette loi qui ont quand même du bon sens ?

    • Gilles Théberge - Abonné 23 mai 2012 22 h 52

      je suis à l'aise avec le commentaire de monsieur Sabourin. Mais je ne voudrais pas le décevoir.

      D'aprèsmoi ce n'est pas à la dictature que se prépare ce gouvernement, c'est tout simplement à l'insignifiance.

      Comme l'écrivait Brassens :

      « soit dit entre nous, braves gens, pour econnaître, que l'on est pas intelligent, il faudrait l'être.

  • Yves Claudé - Inscrit 23 mai 2012 03 h 13

    Entre immense patience et arrogance démesurée, une véritable médiation est-elle encore possible ?


    Malgré l’immense patience, la diplomatie et l’ouverture, manifestées par les représentants des associations étudiantes depuis trois très longs mois, attitude qu’il faut reconnaître et saluer, on reste ébahi devant le comportement de cette curieuse entité qu’une étrange habitude nous fait, contre toute réalité, qualifier de “gouvernement”. En passant, le regretté Sol le Magnifique nous aurait trouvé, pour ce “garnement”, des qualificatifs tout aussi pertinents … qu’impertinents !

    S’il restait quelque chose à dénouer dans cette crise étudiante devenue sociale avec des prolongements internationaux …, ce ne pourrait être qu’avec de véritables médiateurs. Car de qui pourrait-on exiger de dialoguer avec ses bourreaux ?

    Sans commenter ici l’aptitude des policiers à obéir à des ordres dont la finalité objective est plutôt du côté du désordre…, j’ai pu remarquer que les agents médiateurs du SPVM semblent être des humains passablement normaux, avec qui il est possible de parler, y compris de la violence policière. Pourquoi ne pas prêter quelques uns de ces médiateurs au ministère de l’éducation, avant que celui-ci ne soit entièrement confondu avec celui de l’Injustice et celui de l’Insécurité publique ?

    Yves Claudé

  • Michel Lebel - Abonné 23 mai 2012 06 h 40

    De la rigolade!

    Suspendre l'application d'une loi? Sur quelle planète vit Martine Desjardins! Un Parlement n'est pas une cour de récréation ou une assemblée étudiante! Et il faudrait prendre les porte-parole étudiants au sérieux! Vraiment!


    Michel Lebel

    • Simon L. St-Onge - Inscrit 23 mai 2012 07 h 53

      Pourtant lors de Lock-Out j'ai déjà vu des syndicats exigés la levé de celui-ci pour reprendre les négociations.
      De toute façon, cette loi est anticonstitutionnelle, je ne compte pas la respecter. Une loi n'est pas nécessairement juste.
      Je ne vois pas ce qu'il y a d'irréalisable dans celle-ci. Dois-je aussi te rappeler que porte-paroles veut dire transmettre la parole de ceux que l'on représente, bref j'ai demandé que pour qu'il y ait reprise des négociations il fallait suspendre la loi.
      300 000 personnes dans la rue ce n'est pas rien (surtout suite à la sortie de Diablo 3 :P)

    • Jean-Yves Arès - Abonné 23 mai 2012 10 h 27

      @ M-A-B, donc les associations étudiantes et les médecins spécialiste, qui eux donnent un service plutôt que d"en reçevoir un, c'est la même chose et doit avoir le même poids dans la balance de l'équilibre social?

    • André J. Chrétien - Inscrit 23 mai 2012 13 h 12

      bravo monsieur Lebel! Si on n'est pas d'accord avec notre gouvernement, à la prochaine élection le peuple parlera. On ne peut pas se faire justice à sois-même! nous vivons dans une société de droit, heureusement. La désobéissance mène à l'anarchie, ce n'est pas ce que je veux pour mes enfants.

  • Jacques Dumont - Inscrit 23 mai 2012 06 h 49

    amis imaginaires

    La ministre Courchesnes et Charest disait hier a l'assemblée national que les canaux était ouvert et que le dialogue se poursuivait avec les étudiants??? je ne sais pas si c'est son passage dans les garderies mais je pense que la ministre a des amis imaginaires ou ils confondent amis qui a contribuer a la caisse électoral et si je comprend bien ce canal est toujours ouvert!

  • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 23 mai 2012 06 h 54

    Comme en 70?

    Les policiers du SPVM et de la SQ étant épuisés, le ministre envisage de faire appel à la GRC.

    Et après?

    L'armée, peut-être? Après tout, 200 000 personnes dans la rue, ce pourrait être une «insurrection appréhendée» ...

    Desrosiers
    Val David

    • Sylvain Auclair - Abonné 23 mai 2012 08 h 58

      Plus besoin d'insurrection, réelle, ou non; il suffit de constater la menace suivante (entre autres):

      «les activités qui touchent le Canada ou s’y déroulent et visent à favoriser l’usage de la violence grave ou de menaces de violence contre des personnes ou des biens dans le but d’atteindre un objectif politique, religieux ou idéologique au Canada ou dans un État étranger»

      La loi s'appelle maintenant Loi des mesures d'urgence, et la définition ci-contre provient de la Loi sur le Service canadien du renseignement de sécurité, qui définit les menaces envers la sécurité du Canada.