Les historiens québécois dénoncent la loi

«Dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 limite clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets», affirment les historiens.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir «Dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 limite clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets», affirment les historiens.

Un important groupe d’historiens du Québec dénonce la loi d’exception du gouvernement Charest qui vise à écraser par la force le mouvement étudiant. Ceux qui ont «documenté, avec d’autres, l’histoire politique du Québec» affiment «que rarement a-t-on vu une agression aussi flagrante être commise contre les droits fondamentaux qui ont sous-tendu l’action sociale et politique depuis des décennies au Québec.»

Au nombre des signataires de cette lettre ouverte, on trouve notamment des historiens comme Jean-Marie Fecteau (UQUAM.), Martin Pâquet (Laval, Michel De Waele, Louise Bienvenue (Sherbrooke), Ollivier Hubert (Université de Montréal), Andrée Lévesque (McGill), Johanne Daigle (Laval), Brigitte Caulier (Laval), Florence Piron (Laval), Benoît Grenier (Sherbrooke), Donald Fyson (Laval), Thierry Nootens (UQTR), Josette Brun (Laval), Guylaine Martel (Laval), Karine Hébert (UQAR), Julien Goyette (UQAR). D’autres signatures, nombreuses, de la part d’historiens continuent d’affluer en appui à cette lettre ouverte. Rarement voit-on des spécialistes de l’histoire dénoncer en bloc aussi catégoriquement l’action politique d’un gouvernement.


La primauté du droit


Le projet de loi 78, explique les historiens, «remet en cause le principe de la primauté du droit dans la résolution des conflits, comme le souligne le Bâtonnier du Québec dans son communiqué du 18 mai. En effet, dans sa forme actuelle, le projet de loi 78 limite clairement le droit de manifester pacifiquement de tous les citoyens et sur tous les sujets. Il entrave de manière importante la liberté académique dans un milieu universitaire. Il suspend des recours juridiques légitimes et renverse le fardeau de la preuve qui rend les associations d’étudiants et les syndicats responsables d’actes commis par autrui. Enfin, il sanctionne lourdement les citoyens ainsi que les associations étudiantes et syndicales qui ne se conformeraient pas aux dispositions de cette loi d’exception.»


Pour eux, il ne fait pas de doute que le projet de loi du gouvernement est «une infamie». «Nous en appelons à tous ceux et celles qui, dans ce pays, ont à coeur les libertés politiques fondamentales de se mobiliser contre cette agression contre nos droits et nos libertés.»

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Mise à jour

Selon de nouvelles informations, il faut ajouter les signataires suivants à la lettre des historiens:

Julien Prud’homme (UQÀM), Maurice Demers (Sherbrooke), Yves Gingras (UQÀM), Léon Robichaud (Sherbrooke), Sonya Roy (McGill), Masry Ann Poutanen (Concordia). Patrick Baker (Laval), André Poulin (Sherbrooke), Catherine Ferland (Sherbrooke).
 


  • Anne Pochat - Inscrite 18 mai 2012 12 h 21

    Bravo

    Je n'arrive pas encore à croire que je me suis bien reveillée au Quebec ce matin. En vous lisant je reprend un peu espoir. Je suis une mere, j'apuie les etudiants mais auourd'hui ce sont les droits de tous qui sont bafoués.
    La loi du plus fort, c'est horrible de voir à quel point on regresse!

    • alain tessier - Inscrit 19 mai 2012 11 h 06

      C'est qu'on s'en va vers le nouvelle ordre mondial vous trouver pas ça étrange que les même loi soit voter quasiment en même temps dans le monde, en Russie il vote mardi pour interdire toute manifestation des amende de 32000$ seront donner... on pense avoir au Québec un certain contrôle en choisissant notre gouvernement et bien ce son que des acteurs qui font semblant de travailler et de régler des problèmes, avez vous déjà regarder les débat en chambre il ne font que s'accuser les un les autre sans rien régler.

  • Xavier Trudel - Inscrit 18 mai 2012 12 h 25

    L'Histoire, cette science objective

    Merci à ces professeurs émérites de nous rappeler à quel point l'Histoire est une science rigoureuse et objective.

  • Louis Desjardins - Abonné 18 mai 2012 12 h 39

    Que faire?

    La question qu’on peut se poser comme citoyen est : que faire? Peut-on contester cette loi à l’intérieur d’un délai raisonnable? L’appel des historiens du Québec n’est quand même pas chose courante et encore moins chose banale. Le bâtonnier lui-même s’inquiète. Sans parler de nombreux juristes et de très nombreux citoyens, étudiants, syndicats, députés, etc. Une telle loi peut-elle vraiment être annulée ou son application suspendue?

    • Paul Racicot - Inscrit 18 mai 2012 13 h 59

      Pour vous inscrire au recours collectif en annulation de la loi 78 : http://www.loi78.com

      Déjà plus de 40,000 signatures...

  • Rodrigue Guimont - Inscrit 18 mai 2012 12 h 39

    L’article 16 du projet de loi 78 vise spécifiquement les groupes d’étudiants qui ont l’intention de protester lors des prochaines élections

    C'est clair. Les étudiants ont clairement démontré dernièrement qu’ils avaient l’intention de se faire entendre.

    Manifestement, avec ce projet de loi, Jean Charest cherche à évacuer les manifestations des associations étudiantes lors des prochaines élections.

    • Christian Ouellet - Inscrit 18 mai 2012 16 h 59

      la pire des situations est de réélire le parti libéral au pouvoir lors des prochaines élections.

    • Claude Lachance - Inscrite 18 mai 2012 20 h 01

      Je suis à 100% pour l'imagination. sans elle pas d'Einstein, pas de musiciens, .. et nos jeunes n'en manquent pas!