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    Courchesne rassure les étudiants

    La question d’un moratoire d’un an sur les droits de scolarité sera examinée

    16 mai 2012 |Antoine Robitaille | Québec
    Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, de la CLASSE, s’adressant aux journalistes avant de rencontrer la ministre Michelle Courchesne, hier, à Québec.
    Photo: Clément Allard - Le Devoir Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, de la CLASSE, s’adressant aux journalistes avant de rencontrer la ministre Michelle Courchesne, hier, à Québec.
    Une trêve ou un moratoire d’un an sur la hausse des droits de scolarité mettrait fin à la grève, ont assuré hier soir les associations étudiantes à la nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, lors d’une rencontre de moins de deux heures.

    Cette dernière avait convoqué les représentants étudiants à Québec dès après son assermentation, lundi, afin de dresser un « état de la situation » pour le Conseil des ministres d’aujourd’hui. Celui-ci devra prendre une décision à cet égard à partir de ce rapport, avait promis le premier ministre Charest lundi. Mme Courchesne a aussi rencontré les dirigeants universitaires et collégiaux plus tôt hier.


    À leur sortie de la rencontre, les quatre représentants étudiants - FECQ, FEUQ, CLASSE et TaCEQ - se sont tous dits rassurés par les propos de la ministre. D’abord, elle leur a garanti qu’il n’y aurait pas d’« annulation de session assortie d’échec automatique ».


    Malgré cette assurance, Mme Courchesne - qui n’a pas fait de commentaires hier soir - se serait montrée « vague », au sujet du scénario d’une loi spéciale, selon Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). Ce dernier a toutefois conclu qu’il ne s’agissait pas d’un scénario envisagé par le gouvernement. D’autres sources racontent cependant que Mme Courchesne ne s’est aucunement engagée à ce qu’il n’y ait pas de loi spéciale forçant le retour en classe. Lundi midi, le premier ministre Charest avait semblé écarter cette possibilité, mais les rumeurs au parlement faisaient état hier de préparatifs de loi spéciale. Des membres du caucus libéral semblaient toutefois peu enclins à appuyer une telle solution. « Il me semble qu’une injonction ça parle par soi-même. On ne met pas une loi par-dessus une injonction », a déclaré l’ancien recteur de l’Université Laval Michel Pigeon, député libéral de Charlesbourg depuis 2008.


    Injonctions : pas une solution


    Les porte-parole de la CLASSE se sont aussi dits rassurés par les propos de Mme Courchesne sur les injonctions : « Évidemment ça va rassurer les étudiants et les étudiantes. Évidemment, nous, on était très contents de ça », a opiné la co-porte-parole de la CLASSE Jeanne Reynolds. Selon des sources, Mme Courchesne a indiqué que le gouvernement n’était pas « à l’aise » avec les scènes d’affrontements comme celle qui est survenue au collège Lionel-Groulx hier entre étudiants et policiers ; et entre les étudiants portant carrés rouges contre ceux qui en portent un vert.


    Présent sur place, l’étudiant Laurent Proulx, qui avait déposé la première injonction à l’Université Laval le mois dernier, s’est dit amèrement déçu de ces échos des discussions : « Si les injonctions ne sont pas la solution, qu’on nous en donne une solution. Il n’y en a pas de solution en ce moment », a dit celui qui se présente comme le porte-parole du Mouvement des étudiants socialement responsables du Québec.

     

    Courchesne ne fait aucune offre


    Pendant la rencontre, la ministre n’a fait aucune offre aux étudiants. Elle s’est contentée d’écouter les associations étudiantes qui ont réitéré leurs demandes. Gabriel Nadeau-Dubois a soutenu que la rencontre avait permis de « déboucher certains canaux de communication qui avaient peut-être été bouchés par certaines mésententes avec Mme [Line] Beauchamp », qui a démissionné lundi. « On a défait certains flous, certaines incompréhensions […] Mme Courchesne nous a assuré qu’elle allait faire rapport à son Conseil des ministres demain [aujourd’hui] et qu’elle allait nous recontacter par la suite pour nous faire état des réflexions et des décisions du Conseil des ministres », a rapporté le co-porte-parole de la CLASSE. « On va rester à Québec pour suivre le tout », a indiqué la présidente de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), Martine Desjardins. Léo Bureau-Blouin, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), a dit espérer une « nouvelle ronde de négociations ». « On est bon espoir qu’il y a encore des pistes de solution […] on croit toujours à un règlement politique », a soutenu Paul-Émile Auger, le secrétaire général de la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ).


    Pour Gabriel Nadeau-Dubois, même si les représentants étudiants ont été rassurés, il était trop tôt pour conclure que le conflit tirait à sa fin. « On verra demain après le Conseil des ministres si on sort de l’impasse. Il n’y a pas eu d’offre formelle. Mme Courchesne nous a posé des questions pour clarifier nos positions », a-t-il commenté.


    À leur arrivée, les associations étudiantes s’étaient montrées revendicatrices. Jeanne Reynolds, de la CLASSE, avait dit ne pas craindre un ultimatum de la part du gouvernement : « S’il y a un ultimatum à lancer, c’est davantage de la part des étudiants et des étudiantes au gouvernement. C’est nous actuellement qui sommes en grève et c’est au gouvernement à prendre ses responsabilités. » Son collègue Nadeau-Dubois avait ajouté : « Tous les yeux sont rivés sur Mme Courchesne au Québec. Tout le monde s’attend à ce qu’elle formule une nouvelle offre. Nous aussi. J’espère que ça va être beaucoup plus intéressant que ce qu’on nous a offert jusqu’à maintenant », avait-il dit. Martine Desjardins, de la Fédération étudiante universitaire du Québec, avait dit espérer retrouver chez Mme Courchesne la « même ouverture d’esprit dont elle a fait preuve lors de la dernière négociation », soit la nuit du 4 au 5 mai.


    Toutefois, Léo Bureau-Blouin s’était dit en « mode compromis » : « L’objectif d’aujourd’hui, c’est de démontrer que les étudiants sont ouverts, sont prêts à des compromis, sont là pour régler le conflit », avait-il déclaré à son arrivée à la rencontre. Il avait toutefois soutenu que les étudiants avaient déjà fait leur « bout de chemin ». Lundi, Mme Courchesne avait soutenu l’inverse, accusant les associations étudiantes de ne pas avoir fait de compromis.

    Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, de la CLASSE, s’adressant aux journalistes avant de rencontrer la ministre Michelle Courchesne, hier, à Québec. Martine Desjardins, de la FEUQ, et Léo Bureau-Blouin, de la FECQ, commentant leur rencontre tenue hier soir à Québec avec la nouvelle ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne.
     
     
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