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    Line Beauchamp démissionne, Michelle Courchesne prend la relève

    14 mai 2012 18h28 |Le Devoir | Québec
    Line Beauchamp<br />
    Photo: Clément Allard - Le Devoir Line Beauchamp
    En août 2010, Line Beauchamp remplaçait Michelle Courchesne au ministère de l'Éducation.

    En 2007, Michelle Courchesne avait décidé de hausser les droits de scolarité.
    Confrontée à un mouvement de grève des étudiants qui ne s'estompe pas, la ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, annonce sa démission. Elle en a fait l'annonce en conférence de presse cet après-midi aux côtés du premier ministre Jean Charest.

    Line Beauchamp, qui est aussi vice-première ministre, affirme en être arrivée à cette décision après avoir compris qu'elle ne pouvait plus faire avancer le dossier de la grève étudiante. «Je démissionne parce que j'estime que je ne fais plus partie de la solution», a-t-elle déclaré. Elle quitte non seulement son poste, mais ne sera plus députée de Bourrassa-Sauvé, dans Montréal-Nord.

    «Les associations étudiantes ne font pas confiance aux élus du peuple, a-t-elle dit. Je n'aurai jamais réussi à leur faire faire un compromis [aux associations étudiantes]. Alors je fais l'ultime compromis, je cède ma place.»

    Michelle Courchesne la remplace à l'Éducation. Michelle Courchesne avait participé il y a une dizaine de jours aux négociations intenses qui avaient mené les représentants des quatre associations étudiantes et le gouvernement à une fragile entente sur la hausse des droits de scolarité.

    Line Beauchamp a pris soin de souligner qu'elle ne démissionnait pas à cause de la violence, ni de l'intimidation, ni du vandalisme, ni de la désobéissance civile auxquels on a parfois assisté durant les manifestations étudiantes. Elle a dit continuer de croire à la nécessité de mieux financer les universités, ajoutant que les étudiants doivent faire leur juste part à ce chapitre.

    «S'il y a des perdants aujourd'hui, ce sont tous les étudiants qui ne peuvent pas rentrer en classe.»

    Le premier ministre Charest, qui a pris la parole après Mme Beauchamp a dit: «j'ai tenté de te retenir, de te garder avec nous».

    Les leaders étudiants surpris

    En entrevue à RDI immédiatement après l'annonce de la démission, deux des actuels leaders du mouvement étudiants ont semblé surpris.

    «On est assez surpris», de dire Martine Desjardins, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), qui ajoute que les discussions se poursuivaient très récemment avec la ministre démissionnaire, et que «plusieurs pistes de solutions étaient sur la table (...) Nous sommes toujours à la recherche d'une sortie de crise», ajoute-t-elle.

    Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE, ajoute que «le problème (dans la crise actuelle) n'a jamais été Mme Beauchamp, ça toujours été la question des droits de scolarité. Ce n'est pas une démission en soi qui va régler la crise».

    «Un changement de ministre peut peut-être amener un changement d'attitude», ajoute-t-il.

    «Rien ne laissait présager après les discussions de lundi un tel coup d'éclat», a exprimé le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, tenant à saluer l'«engagement politique» durant une quinzaine d'années de Mme Beauchamp.

    Il n'a toutefois pas apprécié que la ministre démissionnaire impute la faute de l'impasse actuelle aux leaders étudiants. «Une part importante revient à la rigidité du gouvernement sur le problème principal des droits de scolarité. Je crois que Mme Beauchamp n'avait pas une marge de manoeuvre suffisante du cabinet du premier ministre», a-t-il fait valoir.

    M. Bureau-Blouin a accueilli «positivement» la nomination à l'Éducation de l'actuelle présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne. Il a dit espérer que la «ministre d'expérience» puisse avoir, contrairement à sa prédécesseure, toutes les «cartes en mains» pour agir en «pompier plutôt qu'en pyromane».

    Le président de la Fédération des cégeps, Jean Beauchesne, a dit espérer qu'un tel changement d'acteur puisse être un «catalyseur» pour une sortie de crise. «La situation est critique, déjà 11 sessions d'été ont été annulées. Tout ce qui peut amener un renouveau est bienvenu«, a-t-il exprimé.

    M. Beauchesne a ajouté que la voie d'un moratoire sur la hausse des droits de scolarité «mérite d'être explorée».

    Départ d'une autre vice-première ministre

    Avec la démission surprise de Line Beauchamp, le premier ministre Jean Charest perd pour la troisième fois la ministre au sein de son équipe désignée pour être son bras droit.

    Ministre des Finances et présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget aura été la première femme forte, "la dame de fer" du gouvernement Charest, pendant plusieurs années, avant de démissionner en 2009.

    Par la suite, Nathalie Normandeau a hérité du rôle de numéro deux du gouvernement en devenant vice-première ministre et ministre des Ressources naturelles, jusqu'à sa démission en septembre dernier.

    Avant même sa nomination de septembre dernier, Mme Beauchamp faisait déjà partie du cercle restreint des ministres associés de près aux processus de réflexion et aux décisions prises par le premier ministre.

    Avant d'occuper le siège explosif de ministre de l'Éducation, la députée libérale de Bourassa-Sauvé depuis 1998 aura été ministre du Développement durable et ministre de la Culture.

    Au ministère de l'Éducation, Mme Beauchamp laisse en plan un projet de loi contre l'intimidation à l'école, qu'elle avait déposé il y a quelques mois, avant que la crise avec les étudiants autour de la hausse des droits de scolarité ne dégénère, jusqu'à entraîner son départ.

    Un autre dossier qui lui aura donné du fil à retordre est celui du décrochage scolaire, éternelle bête noire des ministres de l'Éducation.

    Mais surtout toute la question de l'accessibilité aux études, de la "juste part" payée par les étudiants et, dans une perspective plus large, du financement des universités, demeure non résolue.

    Psychologue de formation, Line Beauchamp est diplômée de l'Université de Montréal. Elle est née à Valleyfield en 1963.

    Avant d'entrer en politique, en 1998, elle s'était signalée durant les années 90 dans des organismes de développement de l'est et du nord de Montréal, mais surtout en prenant la direction de la station de radio CIBL-FM.

    Pendant plusieurs années, son conjoint était un des principaux organisateurs électoraux du PLQ, Pierre Bibeau.


    Line Beauchamp<br />
Line Beauchamp a annoncé sa démission cet après-midi en compagnie du premier ministre Charest. <br />
     
     
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