Les conservateurs multiplient les manœuvres pour «bulldozer» le Québec, dit le PQ

Québec — Après le plan B et la loi sur la clarté référendaire, le gouvernement fédéral a ourdi le «plan C» afin d’affaiblir le Québec, a soutenu aujourd'hui le Parti québécois.

Fort de sa majorité depuis un an, le gouvernement conservateur a multiplié les manœuvres qui révèlent «une stratégie délibérée» pour «bulldozer» le Québec «sur tous les fronts», a affirmé le député Bernard Drainville, au terme d’un débat à l’Assemblée nationale.

«Le plan B, dans le fond, c’était la carte de la peur. Et ce plan B s’est soldé par un échec retentissant illustré notamment par le scandale des commandites, la commission Gomery et la déroute du Parti libéral du Canada, en particulier au Québec. Le plan B est mort, vive le plan C, le plan des conservateurs. Et l’objectif, il est simple, c’est de faire entrer le Québec dans le rang», a-t-il déclaré.

Sur les plans économique, politique, financier, juridique et identitaire, le Québec fait face à une attaque tous azimuts de la part du gouvernement fédéral, a fait valoir M. Drainville.

Une liste de différents

À l’appui de sa thèse, le porte-parole du Parti québécois en matière d’affaires intergouvernementales canadiennes a énuméré la longue liste des différends qui opposent Québec au gouvernement de Stephen Harper.

L’abolition du registre des armes d’épaule, le renforcement des peines imposées aux jeunes contrevenants, la nomination de hauts fonctionnaires unilingues, le nouveau calcul des transferts fédéraux et l’aide fédérale apportée au projet hydroélectrique du Bas-Churchill au profit de Terre-Neuve mettent en lumière la volonté d’Ottawa de marginaliser le Québec, d’après le député péquiste.

À cela s’ajoutent l’effritement du poids politique du Québec à la Chambre des communes et «l’entêtement des conservateurs à lutter contre l’environnement», a poursuivi l’élu souverainiste.

«Une stratégie délibérée»

«Et dites-moi pas que c’est des coïncidences, ça ne peut pas être des coïncidences. Ça ne peut qu’émaner d’une stratégie délibérée. Il y a à Ottawa une volonté politique claire de nier l’existence nationale du Québec. On est loin de la reconnaissance du Québec comme nation, on est exactement dans le contraire», a dit M. Drainville.

À l’évidence, les relations entre le gouvernement Charest et son vis-à-vis fédéral conservateur ne sont pas au beau fixe. Dans nombre de cas, le fédéralisme d’ouverture a fait place au fédéralisme des tribunaux. Faute de dialogue, des contentieux comme le registre des armes d’épaule, la réforme du Sénat et la responsabilité des valeurs mobilières ont pris la voie juridique.

Mais pour le ministre délégué aux Finances, Alain Paquet, il n’y a pas là matière à pousser des hauts cris.

«Il y a plusieurs instruments dans le fonctionnement d’un régime fédéral, et, lorsque c’est nécessaire, on utilise l’instrument judiciaire», a dit le ministre Paquet, qui assurait la réplique en Chambre en l’absence de son collègue responsable des Affaires intergouvernementales, Yvon Vallières.

Il ne faut pas, a-t-il ajouté, confondre le régime fédéral avec le gouvernement en fonction.

Pas de séparation pour autant, dit Paquet

Quoi qu’il en soit, les mésententes sur des dossiers ponctuels ne justifient pas la séparation du pays, a soulevé M. Paquet.

«Parfois, il y a des points sur lesquels on ne s’entend pas. Dans tout régime, même à l’intérieur du Québec, il arrive qu’on n’est pas d’accord avec un gouvernement, et on ne fait pas la séparation pour autant», a-t-il argué.

Le ministre a cité les «réussites» du fédéralisme, notamment les ententes sur l’exploitation du gisement d’hydrocarbure Old Harry, l’harmonisation de la TPS et de la TVQ ainsi que la représentation du Québec à l’UNESCO.

Il a reproché au député Drainville de monter en épingle les désaccords qui émaillent les relations Québec-Ottawa dans l’espoir de mousser l’option souverainiste.

«Le député de Marie-Victorin faisait un peu un procès, disant que tout va mal au Québec, et tout va mal dans la fédération canadienne, c’est presque l’Apocalypse, la fin du monde, etc. Je l’ai dit d’emblée, je ne m’attendais pas à le convaincre de devenir fédéraliste», a-t-il noté.
5 commentaires
  • Robert Dufresne - Inscrit 11 mai 2012 17 h 28

    Excellente reflexion.

    Excellente reflexion de B.Drainville.Quand S.Harper a declare lorsqu'il etait minoritaire,qu'il reconnaissait le Quebec comme une nation, et qu'il donnait une chaise au Quebec au sein de l'onescu,c'etait tout simplement pour s'assurer le vote des quebecois.Mais le truc n'a pas convaincu personne,sauf un tres faible pourcentage d'irreductibles qui lui ont donne leur vote.

    Lorsque il a ete elu majoritaire,tout ce qu'il disait avant,etait pour lui devenu caduque a ses yeux.Il pense peut etre que en voulant se venger,il va nous faire plier,que nous allons encore nous laisser faire.

    J'espere que le peuple Quebecois va enfin se reveiller et que nous allons nous donner un vrai pays.Et ce pays sera le Quebec libre et independant.Mais il va falloir se lever tous et ca presse.C'est ce que je nous souhaite a tous les Quebecois.Vive le Quebec libre.

    Robert Dufresne.

    • André Desgagnes - Inscrit 11 mai 2012 19 h 52

      Vous souhaitez un autre référendum,ça fait 2 fois que le peuple québécois vous dit non,ça va vous en prendre combien pour comprendre

  • Dominic Lamontagne - Inscrit 11 mai 2012 17 h 39

    Encore!

    Il ne faudrait surtout pas êtres comme les autres...

    • Djosef Bouteu - Inscrit 11 mai 2012 21 h 14

      Il ne faut surtout pas copier les erreurs des autres.*

      Mais je peux facilement concevoir que quelqu'un qui nie le réchauffement climatique ait de la difficulté avec ces concepts.

  • Serge Savoie - Inscrit 11 mai 2012 21 h 02

    Les pleureuses chouverainistes

    Toujours la même vieille tactique de la part de ces péquistes un peu, beaucoup pleutres qui tentent de soulever l'indignation dans l'espoir de créer un momentum en faveur de la souveraineté qui, bien évidamment, ne viendra jamais. Le rapport de force, nous l'avons déjà. Il suffit de s'en servir. C'est par le respect de soi-même et la confiance en nous et non pas en pleurnichant que nous aurons notre pays.