«La politique n’est pas un long fleuve tranquille»

Jean Charest à son arrivée au Conseil général de son parti, hier, à Victoriaville. Dans son discours, le premier ministre a défendu la décision de son gouvernement de hausser les droits de scolarité.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean Charest à son arrivée au Conseil général de son parti, hier, à Victoriaville. Dans son discours, le premier ministre a défendu la décision de son gouvernement de hausser les droits de scolarité.

Victoriaville - « La politique n’est pas un long fleuve tranquille », a déclaré Jean Charest à l’ouverture du conseil général du Parti libéral du Québec, une ouverture marquée par une manifestation d’une rare violence.

Le chef libéral a prononcé son discours avec une heure de retard devant quelque 500 militants réunis dans une salle du Centre des congrès où flottait un relent de gaz lacrymogène, léger mais tout de même irritant. Députés et militants ont comblé une bonne partie l’attente en regardant, perplexes ou médusés, l’affrontement par les grandes fenêtres de l’hôtel.


Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a dit qu’il trouvait « triste, malheureuse, déplorable » cette violence. Les libéraux n’ont jamais pensé annuler leur conseil général. « Ce serait un recul pour la société que de céder parce que des individus nous menacent, a-t-il soutenu. Ce sont de petits manifestants, souvent masqués, des gens qui n’ont aucun respect pour la démocratie. »


Dans son discours, Jean Charest a défendu la décision de son gouvernement de hausser les droits de scolarité. « Les décisions que nous avons prises ont parfois été difficiles, parfois impopulaires. Mais, toujours, elles ont été prises dans le meilleur intérêt du Québec. »


« Notre position est juste et équitable, a-t-il répété. Dans ce dossier, il est temps que la raison prenne le dessus. Il est grand temps que les étudiants en boycott réintègrent leurs cours. » Jean Charest n’a fait aucune mention de la rencontre que la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, et le négociateur du gouvernement, Pierre Pilote, tenaient avec les leaders étudiants.


« Pendant les périodes de turbulence, il faut faire preuve de leadership », a affirmé Jean Charest. Et c’est sur ce thème qu’il a terminé son discours, en répétant « leadership, leadership, leadership ».


Le chef libéral est tombé à bras raccourcis sur la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qu’il accuse de changer continuellement d’idée au sujet de la hausse des droits de scolarité. « Dans la même phrase, elle propose d’annuler, de rembourser, d’indexer, de geler et de considérer la gratuité, a-t-il dit. J’ai choisi de défendre l’avenir de tous les Québécois, Mme Marois a choisi de porter le carré rouge. »


Jean Charest a aussi cherché à mettre Pauline Marois et François Legault dans le même sac. « Ils sont tous les deux souverainistes, a-t-il dit. Avec le Parti québécois, la machine référendaire redémarre. Et tout le reste, comme l’emploi, la santé et l’éducation, devient secondaire. Pour M. Legault, comme il l’a dit lui-même, “ la porte de la souveraineté sera toujours ouverte ”. Sur les questions de référendums, le parti de M. Legault n’est rien de moins que la salle d’attente des péquistes déçus. »


« Il y a un test pour M. Legault : attendons le jour où M. Legault se dira fier d’être Canadien. Nous, nous sommes fiers d’être Québécois et nous sommes également fiers d’être Canadiens », a-t-il avancé.


 

Pas de grandes décisions


Lors d’un conseil général, les militants libéraux n’ont pas de grandes décisions prendre, rien qui pourrait prendre beaucoup d’importance dans une campagne électorale. Ils poursuivront l’étude des 31 propositions dont ils n’ont pu disposer lors du congrès de la fin octobre. Ils se pencheront également sur 24 nouvelles propositions.


Aucune proposition ne porte sur les droits de scolarité et le conflit étudiant. En revanche, lors d’un dîner « thématique » aujourd’hui, la vice-première ministre et ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, exposeront le point de vue du gouvernement à ce sujet.


Parmi les nouvelles propositions, on note une résolution émanant de la Commission-Jeunesse qui demande au gouvernement de demander à la Cour d’appel du Québec, par renvoi, de se prononcer sur la constitutionnalité de la disposition qui exempte les juges de la Cour suprême du Canada de l’exigence du bilinguisme, alors que les magistrats des autres tribunaux fédéraux y sont soumis. On veut également que le Conseil de la fédération fasse pression sur Ottawa pour exiger le bilinguisme pour le poste de vérificateur général et les autres fonctions du Parlement canadien.


La Commission-Jeunesse souhaite également l’instauration d’une révision périodique du Code du travail afin de l’adapter à l’évolution technologique. Cet examen « global » se ferait par un comité d’experts indépendants.


À l’autre bout du spectre, la Commission des aînés propose d’augmenter à 1000 $ par mois le soutien financier accordé aux conjoints qui agissent comme proches aidants.


La Commission politique croit qu’une plus grande proportion des surplus à venir soit versée au Fonds des générations afin de réduire la « grande iniquité intergénérationnelle » liée au remboursement de la dette contractée pour payer les dépenses courantes. Elle souhaite également que les efforts de rigueur budgétaire, comme la réduction des dépenses de publicité, de formation et de déplacement imposée par le ministre des Finances, soient prolongés d’un an.


Parmi les propositions qui n’ont pu être étudiées lors du dernier congrès, on relève la transformation du Sénat en une Chambre des provinces, ainsi que la participation formelle des provinces aux négociations de traités internationaux. On veut aussi continuer à militer pour l’abolition, sinon la limitation du pouvoir fédéral de dépenser.


  • Yves Côté - Abonné 5 mai 2012 02 h 09

    Pôvre de petit Charest...

    Pôvre de petit Charest... comme aurait pu le dire notre très regretté Sol.
    Il est temps qu'il arrive en (Victoria)ville le Monsieur !
    Quand on veut un long fleuve tranquile, on prend un autre chemin que celui de la politique . Ou si on se laisse convaincre que ce chemin est pour soi, on ne joue pas au pompier pyromane.
    Il serait temps qu'il s'en rende compte ?
    Maintenant que ses délires électoraux et ses lubies de notre assimilation forcée en arrivent à la limite de la tolérance du peuple québécois, il nous joue la scène de la victimisation gratuite et innocente.
    L'ennui, c'est que bon nombre de nous maintenant ont vu tellement souvent neigé qu'une petite bordée de flocons ne peut plus nous impressionner en rien...
    Au Québec, rarement aura-t-on vu d'un PM un tel cynisme et un tel mépris envers le peuple tout entier.
    Faudrait vraiment avoir une dose massive d'autodestruction sociale en nous pour lui permettre à lui et sa bande de repasser aux prochaines élections !
    A l'image de ce qui sera tout probablement pour Sarkoky demain dimanche, vivement qu'ils prennent la porte...

    Vive le Québec libre !

    • denis pare - Inscrit 5 mai 2012 09 h 30

      Avouez que notre premier ministre est un grand politicien.......ont dort au gaz !!!

    • Jean Tremble - Inscrit 5 mai 2012 13 h 23

      En politique, il n'y a pas de problème dont l’absence de solutions ne résout pas…

    • Robert Dufresne - Inscrit 7 mai 2012 13 h 56

      Il vient de nous prouver qu'en plus de n'etre n'est plus capable de tenir les 2 mains sur le volant,il a echappe la barre du bateau qu'il pilotait sur le fleuve.Pas beaucoup mieux comme pilote.J'aime mieux qu'il ne pilote un avion,va falloir se promener avc des casques de securite 24 heures par jour.

      Rober Dufresne.

  • Stephan Justin - Inscrit 5 mai 2012 02 h 21

    En effet

    «La politique n’est pas un long fleuve tranquille»

    En effet, avec Charest la politique d'est pas un long fleuve tranquille... (...)

    Quoi dire d'autre?

  • Jean Lapointe - Abonné 5 mai 2012 07 h 57

    Oui il est temps que la raison prenne le dessus


    Oui il est temps que la raison prenne le dessus.

    Et c'est d'abord et avant tout Jean Charest et sa gang de suiveux qui doivent entendre raison.

    Ils ont le culot de dire qu'ils défendent la démocratie alors qu'ils sont les premiers à ne pas savoir en quoi ça consiste la démocratie.

    En démocratie messiers et mesdames les libéraux, on ne cherche pas à imposer d'autorité une mesure qui n'est pas dutout populaire quand il existe des alternatives.

    En démocratie, on ne fait pas exprès pour inciter des gens à se révolter parce qu'on pense qu'on a absolument raison.

    En démocratie on écoute sérieusement ce que les gens ont à dire et on recherche des compromis pour éviter les conflits.

    En démocratie on explique les raisons pour lesquelles on pense que ses idées sont de bonnes idées et on dit tout. On ne cache pas ce qu'on ne veut pas que la population sache.

    En démocratie on ne cherche pas à étouffer les débats. Au contraire on les encourage et on les facilite.

    En démocratie on ne joue pas au matamore comme le fait notre actuel premier ministre. On ne joue pas au «petit boss» en mal de pouvoir.

    Le gouvernement doit déclarer un moratoire sur la questions des droits de scolarité et convoquer un sommet ou des Etats généraux sur l'enseignement supérieure et la recherche.

    En démocratie c'est le peuple qui est le patron et le gouvernement doit être à son service et non pas contre lui.

  • Claude Kamps - Inscrit 5 mai 2012 08 h 04

    On est plus en 1950

    On est plus au 19e siècle
    Dans ce nouveau siècle qui change à tout les 20 ans, la communication internet entre citoyen est plus forte que la presse et la radio ensemble. Diriger un pays c'est dialoguer, ce n'est plus imposer, même si par réflexe ancestral bien connu cela rapporte des gains électoraux qui sont très momentanés.
    Le pouvoir dictatoriale peut bien s’imposer, mais un jour cela explose et personne ne sait quand cela vas s'arrêter et quand en plus on y mêle de la magouille officialisée c’est pire qu’une bombe atomique intellectuelle qui devient vite des émeutes...

    • Malartic - Inscrit 5 mai 2012 12 h 07

      Le gouvernement est élu pour DIRIGER. Diriger n'est pas un concours de popularité. Il y a la responsabilité de décider pour le mieux de l'ensemble de l 'organisme, de la compagnie, de l'entreprise et dans le cas de M. Charest pour la population québecoise. Nous sommes "en démocracie" et si "la majorité" estime que le gouvernement actuel ne répond plus à nos aspiration, "elle" pourra dicter un changement à la prochaine élection. Entre temps si on a fait une mauvais choix, on peut se plaindre, protester, argumenter, mais la décision finale appartient aux élus.

  • Raymond CHALIFOUX - Abonné 5 mai 2012 08 h 39

    "... nous sommes également fiers d’être Canadiens »,

    C'est ça: Les Libéraux sont fiers d'être Canadiens alors que les Québécois sont morts de honte d'être Canadiens par les temps qui courent!

    Autre tite "anecdote", le Québec est à feu et à sang mais ce n'est pas la faute des Libéraux. Un échec? Quel échec? Une erreur? Quelle erreur? La ministre de l'éducation déjeune avec la mafia? Et puis après? Voyons donc, ça n'a rien à voir dans le ras-le-bol des étudiants ce détail-là!

    Non, non, ce ne sont que de jeunes voyous qui ne respectent pas l'autorité, point final. D'ailleurs, le Printemps Arabe, le Printemps de Prague, la Révolution Française, le ministre des Transports est d'avis que ... "Ce sont de petits manifestants, souvent masqués, des gens qui n’ont aucun respect pour la démocratie. » Allez chers amis Libéraux, applaudissons notre chef: "Jean! Jean! Jean!"

    Hier matin, sur les ondes de la Première Chaîne, au cours des trois minutes que j'ai pu supporter avant de zapper big time, un certain papi nommé Christian Dufour pontifiait que "..les Vieux ("sages" selon papi Dufour) manquaient à leur devoir de "coach", de "conseiller" face aux jeunes qui présentement contestent...

    Ah oui? Rien catché le monsieur: l'actuel devoir des "Vieux Sages", papi, est plutôt d'écouter et de supporter les jeunes because tout comme ceux qui ont fait la Révolution Tranquille il y a 50 ans, la jeunesse québécoise actuelle a saisi quêque chose que les papis à la Dufour saisissent mal, dirait-on. Et c'est que la source du malaise vrai et profond n'est pas seulement la hausse de frais... Monsieur Dufour devrait peut-être taper "Occupy" ou encore "Indignés" dans Google... Et tenter de se souvenir des qualaificatifs qu'employaient les vieux sages à l'endroit des jeunes qui poussaient pour le changement en 1962... Les millions qui manquent pour l'Éducation, ils ont été perdus dans l'asphalte payée trop chère, entre autres!

    • philippe ouimet - Inscrit 5 mai 2012 14 h 06

      Je suis un Pappi et je suis d'accord avec vos propos. Mon petit fils est parmi les groupes de manifestants...i et j'en suis très fier. J'ai de la difficulter à comprendre l'insistance de ce Gouvernement d'augmenter les frais scolaires lorsque dans ma région des Laurentides nous dépassons les 35% de nos jeunes décrochent d'un système juger comme........ Il me semble que la ministre devrait mettre un peu d'ordre dans ce système....... disons pour etre polie un peu dysfonctionel avant de demander des augmentations.Merci de me lire