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    «La politique n’est pas un long fleuve tranquille»

    Le discours d’ouverture de Jean Charest au conseil général du PLQ est retardé par une violente manifestation à Victoriaville

    5 mai 2012 |Robert Dutrisac | Québec
    Jean Charest à son arrivée au Conseil général de son parti, hier, à Victoriaville. Dans son discours, le premier ministre a défendu la décision de son gouvernement de hausser les droits de scolarité.
    Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jean Charest à son arrivée au Conseil général de son parti, hier, à Victoriaville. Dans son discours, le premier ministre a défendu la décision de son gouvernement de hausser les droits de scolarité.
    Victoriaville - « La politique n’est pas un long fleuve tranquille », a déclaré Jean Charest à l’ouverture du conseil général du Parti libéral du Québec, une ouverture marquée par une manifestation d’une rare violence.

    Le chef libéral a prononcé son discours avec une heure de retard devant quelque 500 militants réunis dans une salle du Centre des congrès où flottait un relent de gaz lacrymogène, léger mais tout de même irritant. Députés et militants ont comblé une bonne partie l’attente en regardant, perplexes ou médusés, l’affrontement par les grandes fenêtres de l’hôtel.


    Le ministre des Transports, Pierre Moreau, a dit qu’il trouvait « triste, malheureuse, déplorable » cette violence. Les libéraux n’ont jamais pensé annuler leur conseil général. « Ce serait un recul pour la société que de céder parce que des individus nous menacent, a-t-il soutenu. Ce sont de petits manifestants, souvent masqués, des gens qui n’ont aucun respect pour la démocratie. »


    Dans son discours, Jean Charest a défendu la décision de son gouvernement de hausser les droits de scolarité. « Les décisions que nous avons prises ont parfois été difficiles, parfois impopulaires. Mais, toujours, elles ont été prises dans le meilleur intérêt du Québec. »


    « Notre position est juste et équitable, a-t-il répété. Dans ce dossier, il est temps que la raison prenne le dessus. Il est grand temps que les étudiants en boycott réintègrent leurs cours. » Jean Charest n’a fait aucune mention de la rencontre que la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, et le négociateur du gouvernement, Pierre Pilote, tenaient avec les leaders étudiants.


    « Pendant les périodes de turbulence, il faut faire preuve de leadership », a affirmé Jean Charest. Et c’est sur ce thème qu’il a terminé son discours, en répétant « leadership, leadership, leadership ».


    Le chef libéral est tombé à bras raccourcis sur la chef du Parti québécois, Pauline Marois, qu’il accuse de changer continuellement d’idée au sujet de la hausse des droits de scolarité. « Dans la même phrase, elle propose d’annuler, de rembourser, d’indexer, de geler et de considérer la gratuité, a-t-il dit. J’ai choisi de défendre l’avenir de tous les Québécois, Mme Marois a choisi de porter le carré rouge. »


    Jean Charest a aussi cherché à mettre Pauline Marois et François Legault dans le même sac. « Ils sont tous les deux souverainistes, a-t-il dit. Avec le Parti québécois, la machine référendaire redémarre. Et tout le reste, comme l’emploi, la santé et l’éducation, devient secondaire. Pour M. Legault, comme il l’a dit lui-même, “ la porte de la souveraineté sera toujours ouverte ”. Sur les questions de référendums, le parti de M. Legault n’est rien de moins que la salle d’attente des péquistes déçus. »


    « Il y a un test pour M. Legault : attendons le jour où M. Legault se dira fier d’être Canadien. Nous, nous sommes fiers d’être Québécois et nous sommes également fiers d’être Canadiens », a-t-il avancé.


     

    Pas de grandes décisions


    Lors d’un conseil général, les militants libéraux n’ont pas de grandes décisions prendre, rien qui pourrait prendre beaucoup d’importance dans une campagne électorale. Ils poursuivront l’étude des 31 propositions dont ils n’ont pu disposer lors du congrès de la fin octobre. Ils se pencheront également sur 24 nouvelles propositions.


    Aucune proposition ne porte sur les droits de scolarité et le conflit étudiant. En revanche, lors d’un dîner « thématique » aujourd’hui, la vice-première ministre et ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, Line Beauchamp, et le ministre des Finances, Raymond Bachand, exposeront le point de vue du gouvernement à ce sujet.


    Parmi les nouvelles propositions, on note une résolution émanant de la Commission-Jeunesse qui demande au gouvernement de demander à la Cour d’appel du Québec, par renvoi, de se prononcer sur la constitutionnalité de la disposition qui exempte les juges de la Cour suprême du Canada de l’exigence du bilinguisme, alors que les magistrats des autres tribunaux fédéraux y sont soumis. On veut également que le Conseil de la fédération fasse pression sur Ottawa pour exiger le bilinguisme pour le poste de vérificateur général et les autres fonctions du Parlement canadien.


    La Commission-Jeunesse souhaite également l’instauration d’une révision périodique du Code du travail afin de l’adapter à l’évolution technologique. Cet examen « global » se ferait par un comité d’experts indépendants.


    À l’autre bout du spectre, la Commission des aînés propose d’augmenter à 1000 $ par mois le soutien financier accordé aux conjoints qui agissent comme proches aidants.


    La Commission politique croit qu’une plus grande proportion des surplus à venir soit versée au Fonds des générations afin de réduire la « grande iniquité intergénérationnelle » liée au remboursement de la dette contractée pour payer les dépenses courantes. Elle souhaite également que les efforts de rigueur budgétaire, comme la réduction des dépenses de publicité, de formation et de déplacement imposée par le ministre des Finances, soient prolongés d’un an.


    Parmi les propositions qui n’ont pu être étudiées lors du dernier congrès, on relève la transformation du Sénat en une Chambre des provinces, ainsi que la participation formelle des provinces aux négociations de traités internationaux. On veut aussi continuer à militer pour l’abolition, sinon la limitation du pouvoir fédéral de dépenser.


     
     
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